La voix de Hind Rajab

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 23 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
29 janvier 2024. Les bénévoles du Croissant-Rouge reçoivent un appel d’urgence. Une fillette de six ans est piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza et implore qu’on vienne la secourir. Tout en essayant de la garder en ligne, ils font tout leur possible pour lui envoyer une ambulance. Elle s’appelait Hind Rajab.

 

La petite

sacrifiée

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★★

 

Son précédent long métrage, Les filles d’Olfa (Banāt ‘Ulfa), nous avait vite convaincu qu’il fallait suivre son cheminement cinématographique, tant par la rigueur de la mise en scène, la mixité aguerrie des genres fiction et documentaire, sans oublier un extraordinaire regard féminin sur la proposition. Kaouther Ben Hania devenait ainsi un nom à retenir.

Autre discours avec le poignant La voix de Hind Rajab, même si on est en droit de se demander si la longue et percutante ovation au dernier festival de Venise ne relevait pas tant d’un soutien à la cause politique plus qu’à tout autre chose, ou sans doute un mélange des deux.

Cela n’empêche pas que le film en question demeure une œuvre accomplie, réfléchie, vouée, bien entendu, à cette voix déchirante et pourtant teintée de résilience et d’espoir de la jeune enfant. Cette voix est portée par le travail au son , dû à une équipe remarquable et qui s’inscrit entre le réel insoutenable et la fiction dont le film dispose, interprètes à l’appui. Il n’est pas question pour nous de poser un regard politique sur la question, pour la simple raison que les enjeux de cette tragédie entre deux peuples cousins – sémites tous les deux – coupables tous les deux (n’en déplaisent à certains, d’un côté ou de l’autre) de ce qui se passe encore dans la région. Le Hamas et les groupes islamistes et non pas les Palestiniens ; le gouvernement actuel israélien et non pas les Israéliens, ou les Juifs un peu partout (si l’on suit les nouvelles de près).

Lorsque l’image est captée, elle ne sort jamais de la mémoire.

Il faut louer l’approche, quasi-apolitique de Ben Hania, qui évite le parti pris, même si on peut le deviner, optant pour le cinéma, rien que le cinéma, non seulement pour faire passer son message, mais ultimement, comme moyen visuellement intellectuel d’entrer dans le réel. Un réel qu’elle apprivoise, même si prise par l’émotion de « la voix » et les agissements déchirants des bénévoles du Croissant Rouge (acteurs et actrices à l’appui) devant l’appel de la petite, prise face aux tanks israéliens ; de ce côté, on peut se poser des questions sur le déroulement des faits concernant le lieu où se trouve la petite. À chacun de faire ses propres conclusions.

Une chose est certaine, les soldats israéliens sont coupables d’avoir tiré sur la voiture où se trouvait la future victime. Les ordres ou excès de zèle ? Personne ne peut changer cette action condamnable tant, sur le terrain, la guerre se passe de toute analyse ou commentaire, comme si, par esprit de combat, la détermination s’inscrit dans une folie de tous les possibles. Inacceptable.

Néanmoins, quelque chose de remarquablement humain chez la réalisatrice. Moi-même, issu d’Afrique du Nord (Maroc), connaît très bien la psychologie des femmes de cette région du monde – malgré les apparences, souvent trompeuses, elles sont battantes, résolues à changer les choses, non-indifférentes à la souffrance, manifestant avec enthousiasme un humanisme irréprochable. Ben Hania est tunisienne, mais cela s’inscrit, comme en Algérie, aussi, dans cette vision féminine des choses.

Une chose est certaine, les soldats israéliens sont coupables d’avoir tiré sur la voiture où se trouvait la future victime. Les ordres ou excès de zèle ? Personne ne peut changer cette action condamnable tant, sur le terrain, la guerre se passe de toute analyse ou commentaire, comme si, par esprit de combat, la détermination s’inscrit dans une folie de tous les possibles. Inacceptable.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Kaouther Ben-Hania

Scénario : Kaouther Ben-Hania. Direction photo : Juan Sarmiento G. Montage : Qutaiba Barhamji, Kaouther Ben-Hania, Maxime Mathis. Musique : Amine Bouhafa.

Genre(s)
Docudrame
Origine(s)
Arabie saoudite / Chypre
États-Unis / France / Tunisie
Grande-Bretagne / Italie
Année : 2025 – Durée : 1 h 29 min
Langue(s)
V.o. : arabe, anglais; s.-t.f. / s.-t.a.
The Voice of Hind Rajab
Sawt Rajab

Kaouther Ben-Hania

Dist.
Métropole Films
Contact & Prod.
[ Mongrel Media ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cinémathèque québécoise
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]