Le faux-monnayeur : L’affaire Bojarski

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 10 avril 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés, jusqu’au jour…

 

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★ ½

 

Faux et trafic de faux

 

Encore un film grand public, comme l’avait été, du même réalisateur, La syndicaliste (2022), mais en ceci de particulier que Le faux monnayeur : L’affaire Bojarski jouit d’une plus grande réputation grâce surtout aux jeux des comédiens, notamment celui de Reda Kateb, imbattable, jouant divers registres à mesure que son métier inusité le force à la marginalité.

Le nouveau film de Jean-Paul Salomé peut profiter d’une réalisation méticuleusement construite, marquant les différences entre les scènes familiales, les rendez-vous avec les personnes impliquées dans ce trafic de faux billets de banque, et bien entendu les instances policières (et indirectement, politiques).

Un trafic qui a duré pendant plusieurs décennies, d’où ce côté biographique bien équilibré. Sur ce point, un journaliste d’un média influent n’hésite pas à le comparer à un peintre de l’impressionnisme, l’appelant ainsi : Le Cézanne de la fausse monnaie. Un véritable hommage qui en même temps, réveille l’inconscient populaire sur les questions économiques de l’époque.

Un travail de véritable orfèvre.

Et dans le même temps, pour d’autres raisons valables, mais bien cachées, soulevant la sympathie du directeur de l’Office de répression de la fausse monnaie, jusqu’à une limite néanmoins.

Le film est convaincant dans sa stratégie à gérer les rapports de force entre les groupes criminels, notamment en ce qui a trait à Bojarski, qui se cache sous de faux emplois qu’il ne nomme d’ailleurs pas, et les forces de l’ordre, qui gère le dossier avec un altruisme extraordinaire, ce qui ne les exclut pas d’erreurs possibles.

Le faux-monnayeur, c’est loin de rivaliser avec l’illustre Jean-Pierre Melville, à qui le cinéaste voue une admiration, mais demeure toutefois l’une des réussites du cinéma de samedi soir bien au-delà du satisfaisant. À voir sans hésitation.

Dans ce décorum de bon cinéma commercial où la France d’une certaine époque est également présentée dans son côté discriminatoire à l’immigration de ceux venus d’ailleurs, dont le Polonais Bojarski, autrefois ingénieur dans son pays, le message éthique que soulève Salomé dénote cette volonté de conscientiser le grand public. Car pour ces gens-là qui ne trouvent pas de travail propre à leurs connaissances, c’est le système de la débrouille qui compte, avec tous les inconvénients que cela suppose.

Le faux-monnayeur, c’est loin de rivaliser avec l’illustre Jean-Pierre Melville, à qui le cinéaste voue une admiration, mais demeure toutefois l’une des réussites du cinéma de samedi soir bien au-delà du satisfaisant. À voir sans hésitation.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jean-Paul Salomé

Scénario : Jean-Paul Salomé, Bastien Daret, Delphine Gleize; d’après une idée de Marie-Pierre Huster. Direction photo : Pépin Struye. Montage : Valérie Desseine, Clémence Samson. Musique : Mathieu Lamboley.

Genre(s)
Drame biographique
Origine(s)
France
Année : 2026 – Durée : 2 h 09 min
Langue(s)
V.o. : français
L’affaire Bojarski

Jean-Paul Salomé

Dist.
TVA Films
Contact/Prod.
[ Le Bureau ]

Diffusion

Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]