Le Point |.| 15
du Ven 10 au Jeu 16 avril 2026

 

Les effets aujourd’hui du

cinéma d’un autre temps

 

Je parle d’une époque bien particulière, la fin de années 1950 et du début des années 60. Une quinzaine d’années après la Deuxième Guerre mondiale ; pour les cinéastes accomplis, soit ceux qui ont commencé avant ou débutent à ce moment, l’occasion de reconstruire le monde, la société et le politique par le biais des images en mouvement, mais aussi, non pas un déni du conflit armé, mais lui tenant une certaine distance pour voir les nouvelles générations montantes sous un jour nouveau.

Les lunettes 3D font partie du
nouvel arsenal cinéphile.

La Nouvelle Vague est indubitablement l’exemple parfait de cet engouement récent : oublier le passé, se bâtir de nouveaux héros, mais ceux-ci, ordinaires, de toutes les classes sociales, construire un cinéma du réalisme social, oublier comme on l’avait déjà dit fréquemment, le « cinéma de papa », qui continuait pourtant à produire jusqu’à un certain temps, soit la disparition de leurs représentants.

Et quelques cinéaste d’autrefois, les Fellini, les Antonioni, les Scola, lui, qui débute au milieu des années 50. Comment défendre ces cinémas dans le temps présent ? Comment convaincre la nouvelle cinéphilie – impossible à définir malgré tous les efforts que nous mettons pour y arriver. Parce qu’imprévisible, changeant constamment de cap, submergée par les changements technologiques et formels auxquels s’emploient les nouveaux cinéastes, la grande majorité sortant des écoles de cinéma alors que les anciens pratiquaient souvent, dans la vie civile, d’autres emplois, avant de consacrer tout leur temps au cinéma.

Jean-Luc Godard, pour d’aucuns, la brebis galeuse du cinéma, pour d’autres, l’une des figures marquantes du cinéma international. S’il débute dans le court en 1951, il signe en 1960, un de ses fims les plus réussis, À bout de souffle, œuvre imbattable. Chose curieuse, à mesure que les années passent, il voue une prédilection pour les films alambiqués, se construit une nouvelle « gueule » dans le milieu cinématographique branché, adeptes compris, en tournant des films de plus en plus étranges et à la mise en scène et un côté formel des plus byzantin, au risque de perdre quelques anciens disciples.

De ce parcours très limité que nous avons tenté de décrire, où se situe la cinéphilie québécoise d’aujourd’hui ?

Élie Castiel
Rédacteur en chef