Le Point |.| 16
du Ven 17 au Jeu 23 avril 2026
Le cinéma et Le politique
Si d’autres disciplines artistiques comme la danse et le théâtre adressent des enjeux actuels politiques dans leurs créations, le cinéma, quant à lui, surtout dans le domaine de la fiction, hésite le plus souvent, question sans doute de revenus. Autre façon de dire que producteurs, et suivant la chaîne, distributeurs et exploitants sont moins friands sur certains sujets.
Sans compter sur le public, habitué en grande partie aux produits populaires, ce qu’on appelle ‘le pur divertissement’, question d’oublier les journaux, magazines, la télévision, les réseaux sociaux qui inondent leurs images et propos sur ces question, à vitesse 24/7.
Le cinéma en salle, si en théorie, n’est pas impassible à l’actualité, une fois de plus, surtout côté fiction, s’il doit continuer d’exister, il n’a guère le choix. Ça a toujours était ainsi. Les quelques salles existantes qu’on appelait autrefois de répertoire, sont, elles, moins frileuses, en fait, pas du tout ; leur programmation est pensée, réfléchie, en accord avec des principes essentiels au cinéma, comme « art » de la représentation et des images qui reflètent l’attention portée à l’ensemble. Et les sujets chocs ne retiennent en rien les programmateurs.
Le cinéma grand public, le majoritaire, pourra-t-il, par la force des choses, réunir un public pour voir, en salle, des films abordant des thèmes conflictuelles ? Dans certains cas, sociaux notamment, c’est déjà confirmé ; à titre d’exemple, le courageux Pillion, de Harry Lighton, continue de circuler quelque part à Montréal.
Guerre en Ukraine ou au Proche-Orient, les plus couverts en ce moment : est-ce trop tôt pour les cinéastes œuvrant pour le public de masse d’aborder ces questions ? Il faut le souhaiter, quelle que soit notre idéologie, parce que la majorité des gens ont leur propre idée sur ces questions, même si parfois elle frôle de près, un manque de connaissance, de recul ou simplement un excès de naïveté.
Élie Castiel
Rédacteur en chef
