Le Point |.| 21
du Ven 22 au Jeu 28 mai 2026
Eurovision 2026
Dérapages
tous azimuts
Élie Castiel
Rédacteur en Chef
Pourquoi un ton aussi accusateur ? À l’origine, mon intention était de donner un point de vue intuitif sur les résultats de la récente édition d’Eurovision et les dérives de certains pays que je n’ai nul besoin de citer quant à la présence d’Israël dans la compétition. Je n’ai pas besoin aussi de rendre compte des avis des internautes, ces « Messieurs-dames » de tout acabit en provenance tous les coins du monde, et les réactions engendrées par l’un ou l’autre camp. Désormais, les guerres ne se passent plus uniquement en zones de combat ou dans les villes mêmes (où en sommes-nous arrivés !), mais dans la conscience collective.

Noam Bettan (Israël) : Michelle

Dara (Bulgarie) et sa Bangaranga
Justement, cet inconscient pluriel, comme jamais auparavant, des plus navrants, ce refus catégorique de réconciliation des camps opposés, comme si du coup, la seule façon de faire affaire aux problèmes politiques de l’heure, serait la capitulation de l’un ou l’autre camp, sans concessions de part et d’autre. Des hommes et des femmes, des citoyens honorables, responsables qui, pris par les tourments de la passion, penchent vers l’un ou l’autre camp. J’ai toujours pensé que ça se passait uniquement dans les joutes sportives.
Noam Bettan, un chanteur israélien d’origine française, et son romantique Michelle, chanté en hébreu, anglais et français, une de ses langues maternelles. Une belle ballade, que même certains détracteurs d’Israël ont apprécié, sans doute en cachette. Et qu’on aime bien si le genre vous attire.
Résultat final : Avant lui, la gagnante, la Bulgare Dara, dont sa Bangaranga, chantée en anglais, à séduit les juges et le public. Il faut rappeler que depuis quelque temps, Eurovision et très proche des communautés LGBTQ+, ce qui, en soit, est extraordinaire. J’ai revu le clip de la Bulgarie une dizaine de fois pour conclure que ce prix est en parfait accord avec la structure idéologique de Eurovision (version 21e siècle).
Il ne faut pas se plaindre. Le séduisant et charismatique Bettan n’est pas retourné chez lui les mains vides. Une deuxième place lui a été accordée.
Et cela n’a pas été apprécié par ces pays que je n’ai pas cités. À tel point que leurs réactions ont provoqué toute une série d’évènements qui, mis ensemble avec ce qui se passe au Moyen-Orient, ont changé la donne de notre paysage politico-social. Aujourd’hui, l’art et la politique ressemblent à des films de fiction que souvent nous ne prenons pas au sérieux. C’est juste du cinéma !
Depuis le dénouement d’Eurovision 2026, une semaine où les images en provenance d’Iran, du Liban et d’Israël nous donnent la chair de poule. Que se passe-t-il dans l’esprit de ces dirigeants politiques qui semblent être lobotomisés ? Preuves à l’appui, il faut juste s’intéresser au nouvelles, en Iran, le nouveau pouvoir entraîne femmes et enfants à prendre les armes pour défendre les Gardiens de la révolution, nouvelle-version, qui semble être détachée un tant soit peu des têtes religieuses. Les protestataires éduqués et épris de démocratie d’il n’y a pas si longtemps (Affaire Mahsa Amini et ses suites) sont devenues choses du passé, du moins, on peut l’espérer, pour l’immédiat.
Au Liban, le gouvernent en place est incapable de se débarrasser du Hezbollah, donc Israël riposte, avec démesure comme c’est souvent, privilégiant le système trigger-happy, pour protéger son Nord du pays, ce qui est tout à fait juste ; en Israël, juste aujourd’hui, nous avons tous été affligés par le comportement scandaleux d’un certain Itamar Ben-Gvir, qui n’est pas à ses premières inconduites ; ce dernier faux pas calomnieux a même, chose curieuse, été réprimandé par le gouvernement en place. Débarrassez-vous de ce dangereux individu et de son collègue tout aussi rétrograde, un certain Bezalel Smotrich, qui confond Finances et Combats. Fanatisme mal placé et orgueil surélevé, pourrait-on ajouter, d’autant que le pays en question se droitise de plus en plus, laissant peu d’espoirs de réconciliation ou de possibles ouvertures à l’autre.
Il semble que depuis le 7 octobre, qui semble avoir été renvoyé aux calendes grecques, la faute est à toutes les parties concernées, également à la folie furieuse des campus islamogauchistes qui n’ont aucune connaissance de cette région du monde et de son rapport objectif à l’Histoire.
Mais le plus triste et consternant est de voir que notre monde bascule, n’arrive pas à contrôler ses dérives, ses exaltations poussées à l’extrême, ses calomnies insidieuses, où tout un chacun, quelle que soit son éducation de base, a son mot à dire, selon les nouvelles règles d’une démocratie estropiée.
Où allons-nous ?
