Le Point |.| 22
du Ven 29 mai au Jeu 04 juin 2026

L’Affaire Nemes

et

ses enchaînements

 

Impossible de ne pas en parler. Les déclarations, à Cannes, du cinéaste hongrois László Nemes, de confession juive, ont enflammé le milieu – ici, on semble être plus prudent, pour de tas de raisons, même si on peut parfois se demander si ces mêmes raisons ne cachent pas quelque chose de plus discutable.

Toujours est-il que l’auteur du radical Le fils de Saul, entre autres, Grand Prix du jury à Cannes en 2015, on a assez, dénonçant le nouvel antisémitisme qui prévaut un peu partout dans le monde depuis un certain 7 octobre 2023, si on s’en souvient, bien entendu.

Lázló Nemes
En toute considération.

Qu’on favorise un État palestinien, à l’intérieur même d’Israël, comme c’est bien mon cas, soit !, c’est même le cas de la majorité des réalisateurs israéliens, de gauche, qui critiquent la position du régime en place, mais qui par la force des choses, sont presque totalement ignorés dans le reste du monde.

D’un côté, en Israël, le gouvernement actuel d’extrême droite les écarte comme des traitres à la nation ; d’autre part, une grande partie de l’Occident les évite. Comme on dit si bien en anglais « Damned if you do, damned if you don’t », véritable choix cornélien.

Les prises de position sur ce qui se passe dans cette région du monde sont devenues si radicales, propulsées sans doute par un radicalisme populiste émanant des foules et une intelligentsia soi-disant politisée de gauche aux tendances électoralistes ou aller savoir quoi.

On peut [ … ] s’interroger si le festival cinématographique le plus important du monde ne suit pas en quelque sorte les nouvelles règles de conduite ?!

Aux propos de Nemes, que vous pouvez consulter sur Internet, j’ajouterai tout simplement que l’antisémitisme, qu’on confond faussement avec race, se dessine un nouveau, irréfléchi, tendancieux, ignare, cruel, s’engageant, par exemple dans des flottilles presque de fortune pour répandre la bonne nouvelle, alors que les intentions ne sont pas si louables à y voir de près.

Il est temps que cela cesse, que les chefs de plusieurs états corrompus dégagent, foutent le camp. Et ce n’est pas seulement dans le Proche-Orient, mais aussi dans l’Occident où un certain Poutine profite de l’occasion pour raser tout un pays, vous savez lequel, dans l’indifférence, sans manifestations autour des consulats ou des ambassades montrant des drapeaux à la gloire d’une nation qui souffre.

Ah, oui, j’oubliais. Le film de Lázló Nemes, Moulin, en Compétition officielle, est parti bredouille, n’obtenant aucun prix. Bien entendu, comme certains s’y attendaient. On peut alors s’interroger si le festival cinématographique le plus important du monde ne suit pas en quelque sorte les nouvelles règles de conduite ?!

Élie Castiel
Rédacteur en chef