Palestine ‘36
P R I M E U R
Sortie
(officielle)
Vendredi 10 avril 2026
Chronique à plusieurs facettes de ce lieu en cette année importante.
ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput
★★★
Redonner voix
à des sans-voix
Un jeune homme arrive par train à Jérusalem, capitale de la Palestine mandataire, pour occuper un emploi dans une grande maison.
Le scénario de la réalisatrice emploie le mode choral pour replonger le spectateur dans cette année cruciale pour ce territoire. Yousouf, le jeune homme sert donc de lien entre son village natal et la bimillénaire ville aux lieux saints. S’y prennent des décisions dans cette partie de l’Empire britannique au Moyen-Orient, matérialisée entre autres par les oranges de Jaffa et les chemins de fer se rendant jusqu’à Bagdad.
Ces événements fictionnalisés sont par ailleurs soutenus par l’insertion de nombreuses archives filmiques présentées en format carré en complément du cadre rectangulaire, utilisé avec savoir-faire par Hélène Louvart, qui permet d’inclure plus de sujets et d’interactions dans le champ de vision.

Une mise en scène à tendance épique.
Le grand nombre de personnages ainsi déployés ne permet que de trop brèves incursions dans plusieurs des diverses strates de la société. Les grands propriétaires terriens arabes bien heureux de vendre leurs terres à meilleur prix à des organisations juives, les villageois agriculteurs chrétiens ou musulmans dont le mode de vie se réduit et les ouvriers des grandes villes deviennent ainsi les acteurs d’une tragédie qui risque de les dépasser.
Les nombreux acteurs anonymes et connus et les autres membres de l’équipe semblent mus par un esprit de corps qui rend encore plus prenante cette autre version tout aussi nécessaire des tenants et aboutissants de l’Histoire dans une région qui continue de faire tout le temps les manchettes.
Certains de ces êtres qui sont presque des archétypes sont mieux servis par leurs interprètes. Ainsi Robert Aramayo rend avec hargne, Orde Wingate, l’incarnation de l’officier colonial cassant1 mu par son christianisme sioniste. À l’opposé, la journaliste Khouloud, portée de vigoureuse façon par Yasmine Al Massri, a le parcours le plus intéressant. Les instants se bousculent dans cette chronique menant à la décision de la Commission Peel en 1937 sur la partition de la Palestine.
Les nombreux acteurs anonymes et connus et les autres membres de l’équipe semblent mus par un esprit de corps qui rend encore plus prenante cette autre version tout aussi nécessaire des tenants et aboutissants de l’Histoire dans une région qui continue de faire tout le temps les manchettes.
1 Le nom du village de Yousouf est similaire à celui d’Al-Bassa dans lequel eut lieu en 1938 un massacre semblable à celui décrit dans le film.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Annemarie Jacir
Scénario : Annemarie Jacir. Direction photo : Hélène Louvart, Leandro Monti; avec la collaboration de Sarah Blum et Tim Fleming. Montage : Taria Reddin. Musique : Ben Frost.
Genre(s)
Drame historique
Origine(s)
Palestine / États-Unis
Grande-Bretagne / France
Danemark / Norvège
Qatar / Arabie saoudite / Jordanie
Année : 2025 – Durée :2 h 06 min
Langue(s)
V.o. : français, anglais; s.-t.a. ou s.-t.f.
Filistin 36

Annemarie Jacir
Dist.
Sans distributeur
Contact/Prod.
[ Watermelon Features ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien / du Musée ]
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
