Romería
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 03 juillet 2026
Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina, adoptée depuis l’enfance, doit renouer avec une partie de sa véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quittée, elle se rend sur la côte atlantique et rencontre tout un pan de sa famille paternelle qu’elle ne connait pas.
Le Film
| de la semaine |
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★★
En français, le titre espagnol signifie « pèlerinage », tout à l’honneur et en symbiose avec le film de Carla Simón, un film plus sur les silences que sur les aveux ou autres confessions. Pour Marina, très habitée Llúcia Garcia en dépit de l’effet de distanciation qu’exige la mise en scène de Simón, ce pèlerinage n’a rien de sa signification religieuse, comptant sur un retour aux sources qui, délaissant un tant soit peu les véritables intentions, s’avère une profonde réflexion sur les racines familiales.
Mise en abyme
Malgré ce qu’on peut découvrir, les malentendus, des révélations à compte-goutte poussant la principale intéressée à une profonde réflexion sur elle-même.
Et, à un moment donné, promet une des séquences les plus révélatrices au sommet d’un grand immeuble, sorte de Goliath, entouré de petites maisons de cet endroit sur la côte atlantique. Car tout bien considéré, Romería est un film sur le lieu, les racines, l’enracinement qui ne tient pas à perdre de son autorité, comme un début du monde.
On pourrait prétendre que Carla Simón évoque des cinéastes qui, comme elle, ont filmé, à leur façon, les lieux du commencement, mais force est de souligner que la réalisatrice catalane, la même que du magnifique Alcarràs, possède son propre rythme, sa faconde, même muette, dans l’élaboration des enjeux mis en cause, poussant le spectateur à rendre lui-même son verdict.
Surtout que Romería, tout bien considéré, est une mise en abyme autobiographique qui se passe de toute exagération. Au contraire, la cinéaste tourne des plans courts, des petits recueils en mouvement, évitant la mise en scène classique pour mieux structurer le médium qu’elle professe.

Les gestes dissimulés des secrets occultés.
Non pas par snobisme, notamment par les temps qui courent où le film, autrefois dit « d’auteur » a de plus en plus de mal à s’en sortir, le public cinéphile devenant plus restreint, mais en connaissance de cause.
À y voir de près, on prend conscience qu’il s’agit d’une œuvre lumineuse, les lieux, à prendre au sens propre, sont aussi ces découvertes de soi, des vérités qui jalonnent une expérience de vie.
[ … ] il y a surtout un objet purement cinématographique où ce formel prend une place prépondérante, c’est volontaire, pensé, structuré à la minute près. Comme si entre la vie et le cinéma, il serait toujours possible de conjuguer les deux pour parvenir à un entendement du monde et l’historique de ses multiples récits.
Cette bourse d’études que cherche Marina, se transforme alors en un enjeu secondaire, une excuse, l’interrelation entre les êtres, surtout au sein d’une même famille, prenant par conséquent des proportions gigantesques – après tout, c’est en territoire ibérique que nous sommes.
Et il y a surtout un objet purement cinématographique où ce formel prend une place prépondérante, c’est volontaire, pensé, structuré à la minute près. Comme si entre la vie et le cinéma, il serait toujours possible de conjuguer les deux pour parvenir à un entendement du monde et l’historique de ses multiples récits.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Carla Simón
Scénario : Carla Simón, et les lettres de Neus Pipó Simón. Direction photo : Hélène Louvart. Montage : Sergio Jiménez, Ana Pfaf. Musique : Ernest Pipó.
Genre(s)
Chronique familiale
Origine(s)
Espagne / Allemagne
Année : 2025 – Durée : 1 h 52 min
Langue(s)
V.o. : espagnol, catalan; s.-t.a./s.-t.f.
Romería
Distribution
Echanté Films
Contact/Production
[ FilmsWeLike ]
Diffusion
Cinémathèque québécoise

Carla Simón
Crédit : @ IMDb
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

[ … ] il y a surtout un objet purement cinématographique où ce formel prend une place prépondérante, c’est volontaire, pensé, structuré à la minute près. Comme si entre la vie et le cinéma, il serait toujours possible de conjuguer les deux pour parvenir à un entendement du monde et l’historique de ses multiples récits.