Rose of Nevada

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 07 août 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans un village de pêcheurs, un bateau apparaît mystérieusement dans le vieux port. La Rose de Nevada, perdue en mer avec tous ses hommes il y a 30 ans, est de retour. Pour les quelques personnes qui s’en souviennent, c’est inévitablement un signe

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★ ½

 

Un film étrange que Rose of Nevada, là où le côté fantastique s’empare de la mise en scène du Britannique Mark Jenkin, signataire de plusieurs courts, vidéos et quelques longs, on pourrait même dire moyens métrages de par leurs durées inusitées, des propositions qui nous avaient échappées.

Le bateau fantôme

Le dialogue est presque absent, au diapason d’un film sur l’absence, l’attente, le temps qui passe, sur la perte des valeurs, de ce qu’on croyait pérenne, pour l’éternité, et que les circonstances des heures et des jours qui passent transforment et rien n’est plus comme avant. C’est bien cela, cette Rose of Nevada, nom poétique qui cache de profondes plaies, non pas celles d’une embarcation de pêche échouée et de la disparition de ses passagers, dont deux jeunes hommes, Liam et Nick.

Donnant au film, quelques-unes (peu en fait) des images les plus saisissantes du film – entre les deux jeunes occupants de l’embarcation, une véritable bromance que peu de spectateurs verront, par pudeur, par désintérêt, par un sens de l’observation peu prononcée ? Toutes ces raisons à la foi ? Peut-être.

Comme quelque chose de déjà vu.

Mais le film de Jenkin vaut son détour pour ce qu’il a à offrir comme dépaysement, de désorientation calculée, de suggestion plus que de réalisme.

Inutile de parler de la narration, car elle n’existe que dans la pensée, dans ce que les images transmettent comme informations susceptibles de nous donner une idée de l’aventure psychanalytique dont il s’agit.

« Il y a 30 ans », c’est là la seule indication dans la durée que le film propose aux spectateurs. C’est déjà quelque chose d’acquis pour nous donner une idée de ce qui se passe dans ce coin perdu, un village au milieu du mer agitée, selon les saisons.

Inutile de parler de la narration, car elle n’existe que dans la pensée, dans ce que les images transmettent comme informations susceptibles de nous donner une idée de l’aventure psychanalytique dont il s’agit.

Les images granuleuses, tournées en format 16 mm participent de cette vision à la fois nostalgique et quasi ethnographique de ce lieu inventé.

On verra les personnages d’il y a trente ans, comme propulsés dans le temps présent ; cette surimpression étonne, mais plus que tout, oblige le spectateur à réévaluer son regard, ce mot anglophone « gaze », très puissant dans la compréhension d’un film et qui dans le cas de Rose of Nevada, prend sa signification la plus poétiquement lugubre et dans le même temps, c’est bien dommage, répétitive, un peu comme si Mark Jenkin, trop épris du sujet, perdait son corps et son âme pour donner vie à cette folle proposition où le mystère, hélas, se dissipe dans l’oubli.

Finalement, la présence de Mark Jenkin à chaque intervention technique confirme la totale originalité de l’ensemble.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Mark Jenkin

Scénario : Mark Jenkin. Direction photo : Mark Jenkin. Montage : Mark Jenkin. Musique : Mark Jenkin.

Genre(s)
Suspense psychologique
Origine(s)
Grande-Bretagne
Année : 2025 – Durée : 1 h 55 min
Langue(s)
V.o. : anglais
Rose of Nevada

Distributeur
SCA inc.

(9001344 Canada Inc.)
Contact info.
[ Vortex Media ]

Mark Jenkin
Crédit : @ IMDb

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]