& Sons
P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 23 octobre 2026
Un écrivain tente de renouer avec ses fils, entraînant ainsi des conflits perturbants.
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★★
Il y a quelque chose de troublant, de déroutant, quelque chose qui se dirige dans tous les sens, nous fait ressentir des émotions convergentes, diverses, opposées, étranges, poussant le coscénariste Pablo Trapero et l’actrice Sarah Polley — elle qu’on avait perdue de vue depuis quelque temps — à exprimer un certain plaisir à manipuler les spectateurs, dont les critiques eux-mêmes, sans défense devant une œuvre aussi personnelle et perturbée. Pour, en fin de compte, clore le film de façon abrupte par un plan hasardeux sujet à toutes les interprétations.
Faux et usage de faux

Une sorte de mise en abyme dystopique.
Cette coproduction entre sept pays n’est-elle pas également le signe que le projet de Pablo Trapero — cinéaste argentin dont Mundo grúa (1999), en ce qui nous concerne, demeure le plus abouti alors qu’il s’agit de son premier long-métrage — a dû faire face à des problèmes de production Signe aussi que la réputation du cinéaste, en plus de celle de Polley, a joué un grand rôle décisionnel.
Avant tout, le film explore avec un sens inné de la déconstruction les aspirations artistiques, la littérature académique et scientifique surtout (on ne vous dira rien à ce sujet), comme lorsqu’on découvre l’antre privé d’Andrew Dyer (excellent Bill Nighy), où les livres couvrent les murs et servent aussi de refuge contre l’authentique, le concret et l’imaginaire.
Tout compte fait, le film de Pablo Trapero, par sa forme elliptique, sa mise en scène parfois volontairement décousue, ses formules toutes faites et ses emboîtements douloureux, ne reflète que la volonté d’un cinéaste, non seulement de recourir à l’adaptation d’un roman, mais plus que tout, de se servir du cinéma comme d’un médium de résistance.
Andrew Dyer, l’homme en question, boit, fume et ne se soucie guère de sa santé. Ses fils, notamment Emmet, Jamie et Richard Dyer, puis Andy — celui par qui le doute persiste —, sont interprétés par des acteurs totalement investis dans cette folle course entre le vrai et le faux, qui nous pousse à y croire, même si cela dépasse une certaine logique.
Tout compte fait, le film de Pablo Trapero, par sa forme elliptique, sa mise en scène parfois volontairement décousue, ses formules toutes faites et ses emboîtements douloureux, ne reflète que la volonté d’un cinéaste, non seulement de recourir à l’adaptation d’un roman, mais plus que tout, de se servir du cinéma comme d’un médium de résistance.
Même si, dans l’ensemble, nous ne sommes pas totalement convaincus.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Pablo Trapero
Scénario : Pablo Trapero, Sarah Polley ; d’après le roman éponyme de David Gilbert. Direction photo : Diego Dussuel. Montage : Gemma Cabello, Thom Smalley. Musique : Cristobal Tapia de Veer.
Genre(s) : Drame.
Origine(s)
Argentine / Canada / Espagne
Chili / États-Unis
Grande-Bretagne / Inde.
Année : 2025 – Durée : 1h 59 min
Langue(s)
V.o. : multilingue ; s.-t.a. ou s.-t.f.
& fils
& hijos
Distributeur
Entract Films
Contact info.
[ Elevation Pictures ]
Diffusion
Cineplex

Pablo Trapero
Crédit : @ IMDb
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Tous publics ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Tout compte fait, le film de Pablo Trapero, par sa forme elliptique, sa mise en scène parfois volontairement décousue, ses formules toutes faites et ses emboîtements douloureux, ne reflète que la volonté d’un cinéaste, non seulement de recourir à l’adaptation d’un roman, mais plus que tout, de se servir du cinéma comme d’un médium de résistance.