The Dog Stars
P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 28 août 2026
Dans un futur proche où une pandémie sans nom a décimé la société américaine, Hig, un pilote vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine. Lorsqu’une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote un signe d’espoir.
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Pascal Grenier
★★ ½
Après avoir revisité à sa manière la science-fiction, l’épopée historique, le péplum, le film de guerre et même le cinéma biblique, Ridley Scott s’aventure cette fois sur le terrain postapocalyptique avec The Dog Stars. Le cinéaste y imagine un futur assez proche (l’action se déroule en 2035) où l’humanité a été décimée par un virus quelconque (donc une allégorie post-Covid parmi tant d’autres) et où quelques survivants tentent tant bien que mal de poursuivre leur existence dans les ruines d’une civilisation disparue dans l’État du Colorado. Une prémisse qui avait tout pour permettre à Scott de renouer avec une certaine ampleur visuelle, mais qui se révèle finalement beaucoup plus familière qu’espéré.
À la croisée
des chemins
Car le principal problème de The Dog Stars est précisément de donner constamment l’impression d’avoir déjà vu ce film auparavant, et surtout de l’avoir vu en mieux. Le récit semble construit comme une succession d’épisodes d’une éventuelle minisérie de prestige destinée à une plateforme de streaming. Malgré son approche plus intimiste, on passe d’un personnage à l’autre, d’un refuge à une nouvelle menace, d’une rencontre à une autre, avec cette impression persistante que le film ne constitue finalement que le premier chapitre d’une histoire beaucoup plus longue. Tout est là pour alimenter une série, mais rarement pour donner au long métrage une véritable personnalité propre.
Scott tente pourtant d’insuffler quelques thèmes plus sérieux à son récit, notamment autour du deuil, de la solitude et de la difficulté de continuer à vivre lorsque tout ce qui donnait un sens à l’existence a disparu. Certaines scènes plus intimistes témoignent encore du savoir-faire du cinéaste, capable de créer une atmosphère pesante à partir de presque rien. Mais cette réflexion demeure trop superficielle pour véritablement marquer. La faute revient en grande partie à des personnages unidimensionnels et à des dialogues souvent pauvres, qui réduisent des situations potentiellement intéressantes à une accumulation de clichés du genre.
Même constat du côté de la menace. Remplacez les Reapers ou la communauté mennonite par des infectés ou des zombies et vous obtenez pratiquement le même film que les dernières productions postapocalyptiques sorties ces dernières années. Scott ne parvient jamais vraiment à transcender les conventions qu’il manipule. Les comédiens, pourtant talentueux, font ce qu’ils peuvent avec des personnages stéréotypés dont les trajectoires semblent écrites d’avance.

Selon des principes définis par un cinéaste un peu fatigué.
Les amateurs d’action risquent également de rester sur leur faim. La mise en scène alterne entre une approche intimiste et quelques poussées plus musclées, mais The Dog Stars est étonnamment chiche en matière de spectaculaire. Le dernier tiers hausse heureusement le rythme et offre quelques affrontements plus nerveux, mais il faut surtout retenir une excellente séquence filmée à travers une vision nocturne au phosphore. Scott y retrouve, le temps de quelques minutes, son sens du cadre, de la tension et de la mise en scène sensorielle. Une scène particulièrement efficace qui rappelle que, malgré les années, il reste encore un peu de gaz dans le réservoir.
The Dog Stars n’est certainement pas un désastre, mais il demeure surtout un rendez-vous manqué : un film qui aurait pu offrir une variation intéressante sur le genre et qui se contente finalement de recycler des idées que le cinéma et la télévision ont déjà exploitées (en mieux).
Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de la séquence de l’aéroport, où une secte autoritaire dirigée par une improbable hôtesse de l’air tout droit sortie des années 1950 vient s’insérer dans le récit. L’idée aurait pu donner lieu à une critique intéressante de la récupération idéologique et de la reconstruction d’un ordre social après la catastrophe, mais l’exécution est tellement caricaturale qu’elle frôle involontairement le ridicule.
Il reste donc une œuvre techniquement solide, parfois atmosphérique et ponctuée de quelques beaux moments, mais qui souffre cruellement d’un manque d’originalité. Scott sait toujours filmer, mais il semble ici davantage illustrer un scénario déjà mille fois exploité que chercher à lui donner une véritable vision personnelle. À force de reprendre les codes du postapocalyptique contemporain, The Dog Stars finit par ressembler à une compilation de références plutôt qu’à une proposition réellement nouvelle.
À près de 90 ans, Ridley Scott prouve qu’il possède encore quelques fulgurances et une maîtrise visuelle que beaucoup de cinéastes plus jeunes pourraient lui envier. Mais on commence sérieusement à se demander s’il ne serait pas temps de prendre sa retraite plutôt que de continuer à nous servir des œuvres de facture aussi moyenne.
The Dog Stars n’est certainement pas un désastre, mais il demeure surtout un rendez-vous manqué : un film qui aurait pu offrir une variation intéressante sur le genre et qui se contente finalement de recycler des idées que le cinéma et la télévision ont déjà exploitées (en mieux).
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Ridley Scott
Scénario : Mark L. Smith, Christopher Wilkinson ; d’après le roman de Peter Heller, The Dog Stars. Direction photo : Erik Messerschmidt. Montage : Sam Restivo, Claire Simpson. Musique : Harry Gregson-Williams.
Genre(s)
Aventures d’anticipation
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 58 min
Langue(s)
V.o. : anglais
La constellation du chien
Distributeur
Walt Disney Studios Canada
Contact info.
[ 20th Century Studios ]

Ridley Scott
Crédit : @ IMDb
Diffusion
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Dog Stars