On the Rocks

Sortie 
[ En ligne ]
Vendredi 23 octobre 2020

SUCCINCTEMENT
Une jeune mère de famille reprend contact avec son extravagant playboy de père pour une aventure à travers New York.

Critique.

Un texte
de
Élie Castiel

★★★

À première vue, on a la sensation, fort agréable, d’assister à un Woody Allen au féminin. Le ton, le rythme, cet amour pour un New York admirablement cinématographique capté par une caméra admirative qui alterne subtilement entre les intérieurs et les extérieurs, de jour comme de nuit. Les personnages aussi, presque déconnectés de la réalité réelle, fictionnalisés selon un scénario bien précis quoique dénué de thèmes profonds sociaux, s’en tenant à l’individu.

Parcours d’une jalousie à travers le regard d’une jeune femme mariée, bon mari et deux enfants, en phase d’écriture d’un autre roman, et de son père, playboy invétéré et coureur de jupons, philosophant aussi sur les raisons de l’adultère chez les hommes.

Petits soupçons d’infidélité

Certains de ses propos (bien sûr, œuvre de Sofia Coppola) à propos des relations entre hommes et femmes feront frémir même les plus conservatrices dans le mouvement #MeToo. Mais bon, c’est un film après tout. Et un film léger avant, fort probablement, du moins peut-on l’espérer, d’entamer quelque chose de plus proche de Lost in Translation / Traduction infidèle (2003) ou même avant, son excellent premier long métrage The Virgin Suicides / Cri ultime (1999).

Les trois principaux comédiens sont dignes de mention : d’une part Bill Murray, égal à lui-même, avec cette facilité à susciter le sourire aux spectateurs et, soudain, comme par magie, exprimant un faciès dramatique tout à fait convaincant. Comme toujours, habile.

Rashida Jones (de nombreuses téléséries et quelques longs métrages) incarne ici sans aucun doute son meilleur rôle : une femme un peu perdue qui s’invente un sentiment de jalousie (ou de crainte) à la suite d’une perception dans sa relation conjugale. Elle s’ajuste brillamment à la caméra de Philippe Le Sourd – entre autres, The Beguiled / Les Proies (2017) de la même Coppola.

Et la grande surprise, Marlon Wayans, jadis dans des comédies plutôt douteuses, souvent frôlant le bas de la ceinture, incarnant ici le mari, un personnage sérieux qu’il maîtrise avec une conviction touchante et toute en subtilité.

Et la grande surprise, Marlon Wayans, jadis dans des comédies plutôt douteuses, souvent frôlant le bas de la ceinture, incarnant ici le mari, un personnage sérieux qu’il maîtrise avec une conviction touchante et toute en subtilité.

Tout compte fait, On the Rocks, un film à voir par un jour de pluie. En salle ou chez soi.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Sofia Coppola

Scénario
Sofia Coppola

Genre(s)
Comédie dramatique

Origine(s)
États-Unis

Année : 2020 – Durée : 1 h 36 min

Langue(s)
V.o. : anglais
On the Rocks

Classement_Qc
Tous publics

Dist. @
[ A24 ]

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