Ténor

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 16 septembre 2022

SUCCINCTEMENT.
Antoine suit des études de comptabilité sans grande conviction, partageant son temps entre les concours de rap et son job de livreur de sushis. Lors d’une course à l’Opéra Garnier, son destin change du jour au lendemain.

CRITIQUE.

★★★

texte
Élie Castiel

Entre

lyrisme classique

et

populaire contemporain

Un film plein de clichés, trop même, mais qu’importe, prévisible, feel-good jusqu’au-boutisme, personnages attachants des deux côtés de la périph, mais un truc formidable, on s’attache à chacune et chacun d’eux; on en redemande chaque fois plus et on retrouve la joie de se donner totalement aux images qui défilent sur l’écran, le Grand de préférence.

Il y a la vedette, le rappeur MB14 (alias Mohammed Belkhir), Michèle Laroque dans le rôle de Mme Loyseau, qui s’occupe des nouvelles voix au prestigieux Opéra de Paris (qu’importe, Garnier ou Bastille) et Alfredo Alagna (est-ce nécessaire de le présenter!?) dans le rôle, bien entendu, de Roberto Alagna.

Un conte de fée pour mâle aguerri, issu de la banlieue, livreur de sushi et qui, fruit de hasard, découvre l’art lyrique. Et encore plus, qu’il a une « voix » qui porte. La suite, vous connaissez.

Claude Zidi Jr., le fils de l’autre (le père spirituel des Bidasses, des Balasko, des De Funès et autres merveilles du cinéma du samedi soir, toujours ou presque efficace) signe un premier long métrage en format solo, se prenant au sérieux (et ça fonctionne totalement, comme par magie,), ne recule devant n’importe quel obstacle pour mener à bien sa mission (grâce aussi aux bons mots des trois scénaristes), en quelque sorte faire le pont entre le rap et l’opéra. Dans la vraie vie, impossible de juger. Au cinéma, tout est possible.

Deux mondes que tout oppose et peut-être une certaine réconciliation.

Et du coup, comme ça, par envoûtement, que seules les images qui défilent peuvent procurer, une sorte d’amoncellement de séquences, de scènes émouvantes qui nous font croire au royaume tant souhaité des possibles.

Dans Ténor, MB14 gagne souvent dans les concours de rap. Lorsqu’il commence à Garnier (ou Bastille), il perd le contrôle de ses priorités et… Et puis, Mme Loyseau… on ne vous dira rien. La petite histoire d’amour avec une de ses « potes » ou une collègue à l’Opéra, pas question pour Zidi Jr. d’aller jusqu’au bout. Tout se concentre sur MB14… et c’est tant mieux.

Une finale au son de l’incontournable Nessun dorma – mieux connu populairement en tant que Vincerò. Magnifiquement orchestrée, fonctionne à merveille, quelques petites larmes au passage. Et tout le monde applaudit.

L’acteur a une gueule, mais il ne cède pas à la tentation de séduire. Expression des yeux, origines arabes aidant, il accumule une série de nuances naturelles et physiques qui le rendent attrayant. Sa fratrie (son frère dans le film et les autres acolytes) apprennent qu’il a en quelque sorte trahi la culture rap. Encore une fois, la suite vous connaissez.

Une finale au son de l’incontournable Nessun dorma – mieux connu populairement en tant que Vincerò. Magnifiquement orchestrée, fonctionne à merveille, quelques petites larmes au passage. Et tout le monde applaudit.

Unir le rap au lyrique? Pas si simple que ça. Pari pourtant gagné pour Zidi Jr. Mais nous sommes bien au cinéma.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Claude Zidi Jr.

Scénario
Raphaël Benoliel, Cyrille Droulx
Avec la collaboration
de Héctor Cabello Reyes

Direction photo
Laurent Dailland

Montage
Benjamin Favreul

Musique
Laurent Perez Del Mar

Claude Zidi Jr., cinéaste.
La banlieue, ça compte aussi

Genre(s)
Drame

Origine(s)
France

Année : 2022 – Durée : 2 h 41 min

Langue(s)
V.o. : français

Ténor

Dist. [ Contact ] @
TVA Films

Classement
Visa GÉNÉRAL

Diffusion @
Cinéma Beaubien
Cineplex

[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Silent Twins

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 16 septembre 2022

SUCCINCTEMENT.
Retour sur les vies des jumelles June et Jennifer Gibbons.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Luc Chaput

 

Le

silence

n’est pas

toujours

d’or

Dans une chambre proprette, deux jeunes filles animent une émission de radio. Leurs échanges sont amusés. La porte s’ouvre, le décor change quand la mère les invite à descendre pour le repas.

Le cas des jumelles June et Jennifer Gibbons a déjà fait l’objet de documentaires et téléfilms britanniques. À partir de l’œuvre éponyme de la journaliste Marjorie Wallace, ce long métrage de la cinéaste polonaise Agnieszka Smoczyńska (Fugue / Fuga) se signale par une opposition de mise en scène entre la réalité tournée dans des bruns, de gris et autres couleurs ternes et les épisodes de fantaisie aux couleurs pastel. Les deux jumelles, filles d’immigrants de La Barbade, parlaient tout d’abord un créole régional et étaient jeunes ostracisés par les autres élèves puis étudiants de leurs écoles galloises dans lesquelles elles étaient les deux seules personnes noires.

Surtout, ne rien dire.

Letitia Wright et Tamara Lawrance incarnent pleinement les deux sœurs adolescentes puis adultes dans une partition de tous les moments dans laquelle colères, rires et silences forment un ensemble contrasté qui redonne vie à ces deux artistes trop peu connues.

À la maison et à l’extérieur, elles refusèrent de parler aux autres réservant leurs paroles pour l’autre jumelle. On les qualifia alors de jumelles silencieuses. Le scénario d’Andrea Seigel retrace ces divers épisodes tout en insérant des moments plus étonnants montrant leurs désirs les plus fous. L’animation en volume de Barbara Rupik, les angles biscornus de prise de vues de Jakub Kijowski et les décors de Jagna Dobesz permettent d’entrer dans cet univers duopole qui a donné lieu entre autres à la publication d’un roman, Pepsi-Cola Addict. Les actions de June et Jennifer qui tentent d’incarner certains de leurs désirs mènent à leur judiciarisation et elles sont envoyées en hôpital psychiatrique.

Letitia Wright (Suri dans The Black Panther) et Tamara Lawrance incarnent pleinement les deux sœurs adolescentes puis adultes dans une partition de tous les moments dans laquelle colères, rires et silences forment un ensemble contrasté qui redonne vie à ces deux artistes trop peu connues.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Agnieszka Smoczyńska

Scénario
Andrea Seigel
D’après le roman de Marjorie Wallace

Direction photo
Jakub Kijowski

Montage
Agnieszka Glinska

Musique
Marcin Macuk
Zuzanna Wronska

Faire vibrer ce dont on ne parle pas.

Genre(s)
Drame biographique

Origine(s)
Grande-Bretagne

Pologne

Année : 2022 – Durée : 1 h 53 min

Langue(s)
V.o. : anglais

The Silent Twins

Dist. [ Contact ] @
Universal Pictures

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

Diffusion @
Cineplex
[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Woman King

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 16 septembre 2022

SUCCINCTEMENT.
Inspiré de faits réels. On suit le destin épique de la Générale Nanisca, qui entraîne une nouvelle génération de recrues et les prépare à la bataille contre un ennemi déterminé à détruire leur mode de vie.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Pascal Grenier

Nous

étions

guerrières

The Woman King a le grand mérite de
s’intéresser à une part d’histoire
rarement abordée au cinéma.Inspirée de
faits vécus,l’action se situe il y a
deux cents ans dans le royaume
de Dahomey en Afrique de l’Ouest
.

Apparaissant auparavant que dans de nombreux contes et légendes en éwé et fon (deux langues majoritaires africaines et ancestrales), mais aussi en français (la bande dessinée Les passagers du vent de François Bourgeon), c’est rafraîchissant de voir ce pan d’histoire plutôt méconnu dans la culture populaire. Réalisé par Gina Prince-Bythewood (Love & Basketball) qui a fait un retour au cinéma en 2020 après douze ans d’absence avec le drame d’action The Old Guard pour Netflix, The Woman King est un drame historique passionnant qui marie action et émotion avec beaucoup de doigté.

Mené par l’impériale Viola Davis qui sous la gouverne sous du roi Ghézo (John Boyega) incarne avec fermeté la Générale Nanisca dont la mission est d’entraîner une nouvelle génération de recrues (surnommée les Agojie) et les prépare à une éventuelle bataille contre l’empire d’Oyo afin de mettre fin à son statut de tributaire.

Le gros plan, comme valider sa majestuosité.

Pour ce qui est de la véracité historique, le film peut paraître contradictoire alors que si l’on y creuse un peu, on dénote que le commerce des esclaves s’est poursuivi sous le règne de Ghézo même après sa victoire contre l’empire d’Oyo et ce n’est qu’avec le blocus naval des Britanniques quelques décennies plus tard que le roi Ghézo va mettre fin à ce commerce. Mais toujours est-il que le film fonctionne malgré tout grâce à sa structure dramatique solide, son souffle épique et le lien étroit (propre au cinéma d’action) qui se noue entre les personnages féminins.

Un lien palpable renforcé par une interprétation d’ensemble fort convaincante où se démarque la nouvelle venue (Thuso Mbedu) qui possède une présence naturelle et un charisme fou. Si l’on ajoute une facture soignée, The Woman King s’impose comme une superproduction haute en couleur et en intensité qui s’inspire des modèles des meilleurs films de Mel Gibson (Braveheart / Cœur vaillant et Apocalypto) sans toutefois le même degré de violence et de brutalité graphique; la production ayant opté pour une approche moins sanglante  et un certificat moins sévère avec ce PG 13.

… le film fonctionne malgré tout grâce à sa structure dramatique solide, son souffle épique et le lien étroit (propre au cinéma d’action) qui se noue entre les personnages féminins.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Gina Prince-Bythewood

Scénario
Maria Bello, Dana Stevens
D’après un récit de Danna Steven

Direction photo
Polly Morgan

Montage
Terilyn A. Shropshire

Musique
Terence Blanchard
Lebo M.

Genre(s)
Drame historique

Origine(s)
États-Unis

Canada

Année : 2022 – Durée : 2 h 15 min

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française

La femme roi

Dist. [ Contact ] @
Columbia Pictures

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

[ Violence ]

Diffusion @
Cineplex

[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

1 … 1 004 1 005 1 006 1 007 1 008 … 1 561