Festival des Musiciens du monde

ÉVÈNEMENT
[ Musique ]

Texte
Élie Castiel

Pour un rapprochement global

Non pas « le mot d’ordre », mais plusieurs consignes, diverses appellations, tout ce que l’on peut imaginer pour diffuser la solidarité, le rassemblement, la résilience (si souvent prononcée depuis un certain temps), l’entente entre les peuples et les individus, vivre dans les différences. Et par le biais de la musique, qui non seulement adoucit les mœurs comme on dit dans le langage courant, mais préconise une autre façon de voir le quotidien, le monde dans lequel nous vivons, une autre façon de le raconter, de l’expérimenter, et plus encore, d’y adhérer en diminuant les contraintes et les balises qui nous séparent.

Et bien entendu, par la même occasion de découvrir des sons qui nous échappent, que nous trouvons exotiques à cause de leur éloignement mais qui représentent tout de même l’âme de certains peuples. Et aussi, la découverte de musiques qui se perdent dans la nuit des temps, comme ces chants en ladino (concert du 12 juin), une langue qui se perd, si pas déjà perdue, qui racontent des histoires d’un passé, à bien y penser, pas si lointain.

Suite

Hergé à l’ombre de Tintin

ÉVÈNEMENT
 [ Cinéma ]

Texte
Élie Castiel

Pour apprécier encore plus RG

Ça s’adresse à tous. Des  7 à 77 ans. Aujourd’hui, comme nous vivons plus longtemps, on devrait dire pour les 7 à 97 ans. Qu’importe, un homme, un Belge qui a révolutionné le monde de l’édition par sa façon de transposer l’humain, non pas en le caricaturant, mais par bande dessinée, lui administrant ses tares, ses faiblesses, mais également son innocence perdue, son état d’esprit candide, son sens de l’aventure, ses écarts de conduite ingénus, naïfs, pour parvenir en fin de compte à faire et à disséminer le bien.

Et un héros, comme les Grecs de l’Antiquité ont su inventer Hercule. Pour Georges Remi, signant à partir de 1924 sous le pseudonyme « Hergé », formé de ses initiales R et G, c’est Tintin, un prénom plus proche de la jeunesse. Belle stratégie de marketing, mais dans le même temps influencé par un rapport amical, fraternel et familial avec le lecteur, les jeunes surtout, bien sûr, et les moins jeunes qui discrètement d’abord, ont fini par suivre inconditionnellement ce  tremblement de terre culturel.Suite

Sous les glaces avec Mario Cyr

ÉVÈNEMENT.
[ Éloize Expo ]

★★★ ½

texte
Élie Castiel

Monde parallèle

Pandémie oblige, nous n’étions qu’une dizaine dans la première plage de la journée. En principe, en s’immisçant ou peut-être s’immergeant comme on nous le conseille, dans un autre monde, et si on prend le temps de visionner les deux ou trois vidéos faisant partie de l’exposition, 45 à 60 minutes sont suffisantes pour traverser cette nouvelle proposition du Cirque Éloize. Sans doute retenue par les organisateurs pour donner suite à des mois d’enfermement forcés par la COVID-19. Mais en même temps, une façon de démocratiser l’expérience circassienne, ou plutôt inventer une autre, car ici, ce n’est pas de cirque qu’il s’agit.

Les changements climatiques est ce qui interpelle tout d’abord le principal intéressé, icône dans ce domaine, le dénommé Mario Cyr dont la réputation n’est plus à faire, pour ne pas user de ce cliché. Outre la faune dont il est question et les grands blocs de glace, des images magnifiques, Cyr est la principale vedette de cette aventure. Il nous dit clairement de nous impliquer, de ne pas laisser un monde disparaître. On ne peut le blâmer.

La découverte d’un monde parallèle.

Les deux salles en écrans 360º sur deux côtés nous rappellent l’Expo 67, de magnifique mémoire où, selon notre souvenir, présentait dans l’un des pavillons des écrans plus larges et une aventure du regard non seulement immersive, mais dépassant ce à quoi nous étions habitués, à l’époque, en termes de projections cinématographiques, y compris le fameux Cinérama, d’heureuse mémoire. Et qui englobait le cinéma.

La faune nordique, ses luttes pour la survie, le comportement social pour protéger le groupe, son interaction à une caméra qui filme, sinon intrusive, du moins tentant de témoigner d’un autre monde qui nous dépasse, mais que les animaux filmés ne comprennent pas.

Quoi retenir de cette proposition? D’une part, que la pandémie a obligé les arts vivants (et sans doute aussi le cinéma) à se réinventer. Les spectateurs, qui ne sont pas toujours fidèles aux bonnes habitudes, ont pris des modes de vie casaniers forcés, il faut s’entendre, mais à mon humble avis, néfastes pour la santé mentale et particulièrement sociale.

En attendant de voir Éloize se manifester sur scène, comme on le souhaite vivement, l’Expo ouvre les voies de cette organisme culturel à d’autres éventualités. Et pourquoi pas? Tout est dans le salut des activités de la connaissance.

En attendant de voir Éloize se manifester sur scène, comme on le souhaite vivement, l’Expo ouvre les voies de cette organisme culturel à d’autres éventualités. Et pourquoi pas? Tout est dans le salut des activités de la connaissance.

Les nouveaux termes comme immersif, interactif, démocratique, éducatif, pédagogique et autres moutures susceptibles de créer l’égalité, n’ont jamais eu autant d’importance que dans ce nouveau siècle.

Et pourtant nous sommes en droit de peut-être regretter un passé, pas si lointain, où exister une ligne de démarcation entre la scène et les spectateurs, cette frontière infranchissable où s’établissaient les bornes, le plus souvent souhaitées, entre le rêve et notre réalité, entre la réalisation provisoire d’une certaine utopie et les infortunes que nous vivions dans le réel.

Studios Éloize
Vieux-Montréal
Jusqu’au 31 octobre 2021

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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