Blonde

P R I M E U R
[ En salle]
Sortie
Vendredi 23 septembre 2022

SUCCINCTEMENT.
Relecture de la trajectoire de Marilyn Monroe, l’une des icônes hollywoodiennes les plus atemporelles. De son enfance tumultueuse à son ascension fulgurante et à ses histoires d’amour complexes.

CRITIQUE.

★ ★ ★ ★

texte
Élie Castiel

Mythe

et

variations

Nous n’avons pas lu le roman de Joyce Carol
Oates qui offre une vision inusitée de la star.
Nous nous en tenant donc au film d’Andrew
Dominik, dont on retiendra le fantasieux
Chopper / Chopper : Ennemi public (2000) et
un peu moins Killing Them Softly / Cogan :
La mort en douce
(2012).

Effectivement, Blonde, un film farouchement photographique, d’où ces changements de format de l’image, passages entre le noir et blanc et la couleur, une envie presque obsessive de saisir la corporalité cinématographique de Marilyn Monroe par le biais de la photographie. Clichés devenus vivants car le film ne cesse de bouger, de voyager dans le temps et les espaces, ces lieux mythiques d’une Amérique de huis-clos, un Hollywood tentaculaire où la misogynie est affaire courante.

Ou conservatrice, comme le mariage de Marilyn avec l’icône Joe DiMaggio, rêvant d’une femme au foyer, issue de la tradition italienne, de ses origines. Mais bien plus que ça, comment unir deux mondes aux traditions intimes opposées, celui du sport et l’autre de la célébrité?

Andrew Dominik se pose la question et nous somme de nous la poser.

Entre la fiction biographique et l’essai sur l’image en mouvement, Blonde opère par mouvements saccadés, soudain tâtant le mélodrame sans s’en rendre compte. Le rythme est incessant, le tournage par moments chaotique, comme il se doit, à l’instar de la Femme en question, entre la Lolita assumée, l’adulte en devenir et la sacrifiée.

Une première partie nous révélera sa relation triangulaire avec les fils aînés de Charlie Chaplin et de Edward G. Robinson. Ménage à trois qui n’occulte en aucune façon la possible relation homoérotique entre les deux. Mais l’étaient-ils vraiment?

Deux mondes qui tentent de se rapprocher.

L’américano-cubaine Alma (qui veut dire « âme », de l’espagnol) de Armas confère à ce personnage mythique, muse d’une certaine féminité à l’américaine, une sorte d’hommage posthume. Bien entendu, comme Dominik, elle n’a pas connu l’époque-Monroe. Elle ne peut avoir comme références que des livres, des documentaires ou de ce qu’elle a pu entendre par-ci, par-là de la star. Et bien entendu, ses films. Elle illumine l’écran, se plaît à concrétiser une image autre, voulue presque surréaliste.

Blonde est un pot-pourri d’extraits très très courts de certains de ses films, de vérités (tiré du roman de Oates) sur le comportement (et emportements) souvent excessifs de Monroe.

L’américano-cubaine Alma (qui veut dire « âme », de l’espagnol) de Armas confère à ce personnage mythique, muse d’une certaine féminité à l’américaine, une sorte d’hommage posthume.

On s’attend à sa relation avec un certain Kennedy – on y a droit, et on a une autre version des faits. La fin de Marilyn Monroe est illustrée de manière poignante, particulièrement dans sa stratégie de l’image, entre l’émoi d’une mort annoncée et la magnificence du plan.

Bien entendu, l’épisode Arthur Miller suit une trajectoire plus conventionnelle et ne dérange dans aucune façon le déroulement du récit. Miller, l’auteur, qui découvre que Marilyn est non seulement une femme sensible, mais possède une certaine culture (elle a lu Tchekhov, quand même)

Ses amants, ses maris, Marilyn les appelle « Daddy », une sorte de relation incestueuse avec un père qu’elle n’a jamais connu. Sauf en photo. Une image qui ressemble à la parfaite image masculine du héros hollywoodien.

L’accueil de Blonde est mitigé. Comme si on n’avait plus le droit de refaire les mythes à sa façon.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Andrew Dominik

Scénario
Andrew Dominik
D’après le roman de Joyce Carol Oates

Direction photo
Chayse Irwin

Montage
Adam Robinson

Musique
Nick Cave
Warren Ellis

Andrew Dominik, réalisateur.
Percer la dualité du mythe.

Genre(s)
Drame biographique

Origine(s)
États-Unis

Année : 2022 – Durée : 2 h 47 min

Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.

Blonde

Dist. [ Contact ] @
[ Equinoxe Films ]
Netflix

Classement
Interdit aux moins de 16 ans

Diffusion @
Cinémathèque québécoise
[ Dès le 28 sept. sur Netflix ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Chup

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 23 septembre 2022

SUCCINCTEMENT.
Une série de meurtres bizarres et inquiétants secouent la ville de Mumbai où les critiques de cinéma sont tués, semaine après semaine, au fil des sorties en salles.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Élie CastielSuite

Criminal

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 23 septembre 2022

SUCCINCTEMENT.
Quelques gangsters s’évadent de prison et se cachent dans un appartement pour échapper à la police.

CRITIQUE.

★★★

texte
Élie Castiel

Pour

un

nouveau

genre

Pollywood

Est-ce que le temps des comédies
villageoises
est révolu dans
l’industrie Pollywood (c’est bien

un P, pour signifier Pendjab)?
Avec ce doué et
perspicace premier
long métrage, Garinder Sidhu,
après
quelques assistanats, dont le
sympathique
Main Te Bapu (Me and My
Father
) de Uday Pratap
Singh en 2018,
risque le tout pour le tout avec un

film de genre, le thriller psychologique.

Abreuvé sans doute de certaines réalisations occidentales, le cinéaste opte surtout pour ce que j’appelerais le « suspense ludique », là où l’action, contrairement à son caractère sérieux, se permet des tours de passe-passe où le pince-sans-rire a droit de cité.

On le constate bien entendu dans l’interprétation. Les « bad guys / mauvais garçons » exploitent leur côté ricaneur, presque caricatural, notamment le chef, surexposés avec un naturel désarmant (pour ne pas utiliser un cliché), surtout par un comédien presque parfait dans sa démesure, Prince Kanwaljit Singh. Plus que de surdimensionner son personnage, il en fait un à part, investissant l’espace du huis-clos, même lorsqu’il n’est pas, bien que rarement, dans le plan.

Le plan fixe pour attiser le regard.

Film d’acteurs, aussi, avec la participation neutre, mais efficace, de Dheeraj Kumar (Arjun), pris dans une affaire de couple mêlée à une action de survie dans un placard « inusité » avec sa femme Mahi (efficace Neeru Bajwa), qui, elle, nous accorde volontairement une grande surprise, évoquant l’importance que le réalisateur accorde à la femme. D’une lucidité conquérante.

Un premier essai réussi qui n’a rien à envier à Bollywood (avec un grand B) ni aux produits occidentaux, eux, bénéficiant de budgets plus imposants.
Bravo, G. Sidhu.

Entre le drame conjugal (au début) et une deuxième partie où ça se corse, force est de souligner que la transition entre les deux actes, grâce aussi au montage de Krishna Rodge, relève d’une connaissance réfléchie de la narration cinématographique.
Le dialogue, sans aucune perte de mots, ne cessent de nous conduire vers de nouvelles avenues, des instants parallèles entre le suspense et le déjanté, entre une idée du cinéma et une envie de simplement déconner.
Un premier essai réussi qui n’a rien à envier à Bollywood (avec un grand B) ni aux produits occidentaux, eux, bénéficiant de budgets plus imposants.
Bravo, G. Sidhu.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Garinder Sodhu

Scénario
Naveen Jethi, Sarvjit Khera

Direction photo
Ishaam Sharma

Montage
Krishna Rodge

Son
Manav Shrotriya

Garinder Sihu, réalisateur.
On a droit aux erreurs, parfois surprenantes.

Genre(s)
Suspense 

Origine(s)
Inde

Année : 2021 – Durée : 1 h 43 min

Langue(s)
V.o. : pendjabi; s.-t.a.

Apāradhī

Dist. [ Contact ] @
Imtiaz Mastan

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

Diffusion @
Cineplex

[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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