Dhokha: Round D Corner

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 23 septembre 2022

SUCCINCTEMENT.
Lorsqu’une femme au foyer délirante atteinte d’un trouble de la personnalité est prise en otage par un terroriste en liberté et qu’un mari accusé d’avoir trompé sa femme a sa propre version de la réalité, comment savoir qui dit la vérité?

CRITIQUE.

★ ★ ★

texte
Élie Castiel

 

La suspension d’incrédulité

ou la faculté du regard indifférent

Les anglophones appellent cela « suspension of disbelieve ».
C’est ce qui caractérise Dhokha, le nouveau film de Kookie
Gulati (entre autres,The Big Bull / Bada Bail, 2021). Si on
adhère à cet anathème, puisque trichant avec la logique
du récit, on est pris par ce suspense qui évoque en
quelque sorte Criminal, également sorti cette semaine,
premier essai dans le long métrage de Garinder Sidhu.

Le dénominateur commun : un couple en instances de divorce dont la femme, en l’absence de son mari, est séquestrée par un soi-disant terroriste qui demande une grosse somme d’argent pour la laisser partir. Les choses se compliquent comme c’est toujours question dans le genre.

Mais entre les mains de Gulati, on assiste à un triple récit : le lieu de la séquestration où un étrange lien unit ou désunit les deux protagonistes – lui, plutôt naïf, elle le séduisant pour des raisons qui ne sont pas claires et que le réalisateur n’ose pas ou ne tient pas à élucider. D’autre part, le mari qui attend dans l’aire policière en bas de l’immeuble à plusieurs étages. L’homme paraît soucieux, mais nous ne sommes pas tout à fait convaincus. Il faut dire qu’en prémices à ce fait divers, le couple composé de Sanshi (Kushali Kumar, efficace en général, mais soudain appuyant la note) et de Yathaart Sinha (Madhava, plutôt bon).

Apakshakti Khurana, acteur.
La meilleure façon de jouer.

Mais la surprise est celle émanant de l’inspecteur responsable de l’arrestation du terroriste, rôle tenu par Darshan Kumaar, très photogénique et conscient de la caméra.

Outre, le plus convaincant dans cette épreuve de force, Apakshakti Khurana, remarqué dans plusieurs Bollywood grand public, et qui mérite une plus grande attention. Il change ses expressions corporelles et du visage. Il s’offre à la caméra et emploie des tonalités dans l’interprétation qui honore le film et en quelque sorte, le protège de la banalité.

Avec son approche à la « suspension d’incrédulité», même si on n’est pas certain qu’il en est conscient, Gulati obtempère à sa propre logique. Le résultat, bien que parfois disjoncté, suscite un certain intérêt, sans grandes répercussions néanmoins.

Apakshakti Khurana, remarqué dans plusieurs Bollywood grand public, et qui mérite une plus grande attention. Il change ses expressions corporelles et du visage. Il s’offre à la caméra et emploie des tonalités dans l’interprétation qui honore le film et en quelque sorte, le protège de la banalité.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Kookie Gulati

Scénario
Neeraj Singh

Direction photo
Amat Roy

Montage
Dharmendra Sharma

Musique
Amar Mohile

Kookie Gulati, cinéaste.
Pour un autre regard sur le suspense intime.

Genre(s)
Drame d’action

Origine(s)
Thriller

Année : 2022 – Durée : 2 h 02 min

Langue(s)
V.o. : hindi; s.-t.a.

Dhokha
Betrayal

Dist. [ Contact ] @
Bhargav Gorrepati

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

Diffusion @
Cineplex

[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Don’t Worry Darling

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 23 septembre 2022

SUCCINCTEMENT.
Chronique d’une communauté isolée dans le désert californien en plein coeur des années 1950, au sein de laquelle une femme au foyer voit sa vie chamboulée.

CRITIQUE.

★ ★ ★

texte
Élie Castiel

Univers

parallèles

États-Unis, dans une Californie ensoleillée.
Spécifiquement, les années 50; c’est ce cadre,
pour les circonstances, idyllique, qui a
séduit la très talentueuse comédienne Olivia
Wilde (dans la réalisation, des vidéoclips,
un court et un premier long, Booksmart /
Premières de  classe, passé ici presque
inaperçu) pour Don’t Worry Darling, un récit
captivant où deux formes narratives s’inscrivent
dans une cohérence réciproque grâce aux actions
menées par des personnages magnifiquement construits.

La femme au foyer de cette décennie est campée avec une ardeur insoupçonnée par une Florence Pugh (rôle de Alice Chambers) totalement investie. À la suite d’un incident dramatique, elle…

Entre le conflit à l’intérieur d’un couple (sans enfants) et le mystère entourant ce lieu protégé du monde, des univers parallèles qui donnent à ce Don’t Worry Darling une aura de mystère que Wilde se permet de saupoudrer d’une étrange dose de désenchantement. Mais plus que tout, elle décide de ne pas trop montrer cet autre monde où seuls les hommes ont accès.

Face à quelque chose qu’on ne saisit pas.

Wilde évite le graphisme opulent, optant pour les sensations, les incidents de parcours plus suggérés que trop démonstratifs. La réalisatrice, très présente à l’écran comme comédienne, a bien appris de ceux qui lui ont fait confiance.
Ici, elle établit ses propres règles, comme se donner un rôle, une façon comme une autre de régler ses comptes avec l’industrie cinématographique, encore largement occupée par la gent masculine.

Wilde évite le graphisme opulent, optant pour les sensations, les incidents de parcours plus suggérés que trop démonstratifs. La réalisatrice, très présente à l’écran comme comédienne, a bien appris de ceux qui lui ont fait confiance.

D’où l’un des thèmes du film, la masculinité (hétérosexuel, il va sans dire), anxiogène qui, sans s’en rendre compte, peut détruire sur son passage. Un deuxième long métrage achevé avec succès, même si l’accueil critique est mitigé.

On retiendra la présence du chanteur Harry Styles (remarqué dans l’excellent Dunkirk / Dunkerque, de l’incontournable Christopher Nolan). Il rend tout à fait crédible son personnage d’un homme pris entre deux mondes parallèles qui ne peuvent s’accorder. Sauf si…

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Olivia Wilde

Scénario
Katie Silberman

Direction photo
Matthew Libertique

Montage
Affonso Gonçalves

Musique
John Russell

Genre(s)
Suspense psychologique

Origine(s)
États-Unis

Année : 2021 – Durée : 2 h 02 min

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française

Ne t’inquiète pas chérie

Dist. [ Contact ] @
Warner Bros.

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

Diffusion @
Cineplex

[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Eternal Spring

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 23 septembre 2022

SUCCINCTEMENT.
Histoire d’une action d’éclat de Falun Gong en Chine et de la répression qui s’en suivi

Le FILM
de la semaine.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Luc Chaput

Des

droits

humains

Un homme dessine à une table, la caméra définit le
cadre de cette œuvre et y entre. C’est une ville chinoise
dans laquelle se déroule une opération policière à grande
échelle. Le dessinateur devient un participant de ce qu’il
décrit à mesure que l’action se déroule.

Par cette entrée en matière dans laquelle les effets de l’animation 3D sont mis à profit, ce long métrage de Jason Loftus annonce ses couleurs. Il sera un documentaire alliant animation et prises de vue réelles pour raconter une histoire en mettant de l’avant le travail et la personnalité de Daxiong. Celui-ci met en scène, par des croquis et des dessins très précis, les témoignages de personnes qui ont pris part à l’opération de prise de contrôle momentanée à une heure de grande écoute sur les ondes de la télé chinoise à Changchun, dans la province de Jilin, le 5 mars 2002. Ces activistes réussirent donc cette transmission illégale d’un vidéo rétablissant des faits sur l’organisation religieuse Falun Gong bannie en 1999 par le gouvernement central.

Après le dessin, un parallèle avec la répression.

Daxiong est donc un intervieweur tout d’abord critique de l’action de ses collègues dont il illustre devant eux les souvenirs qui deviennent des flash-backs complexes dans une animation précise. La préparation de l’opération médiatique, les problèmes d’exécution, les rencontres formatrices et les moments cruciaux sont ainsi présentés avec une multiplicité de points de vue.

Ce film tourné en mandarin et en anglais est le premier documentaire canadien candidat à l’Oscar du long métrage en langue étrangère et il pourrait en être un candidat sérieux.

La répression policière, annoncée dans les premières images, se déploie, se complexifie et devient de plus en plus acerbe. Des témoins ont des émotions à fleur de peau en se souvenant des sévices commis par l’appareil policier chinois. La mise en images animées de ces divers moments, dirigée par David St-Amant, rapproche ainsi les spectateurs de ces protagonistes. Le montage de David Schmidt navigue avec doigté entre ces formes narratives diversifiées dans un appel soutenu au respect des droits humains, spécialement de la liberté religieuse. Ce film tourné en mandarin et en anglais est le premier documentaire canadien candidat à l’Oscar du long métrage en langue étrangère et il pourrait en être un candidat sérieux.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jason Loftus

Scénario
Jason Loftus

Direction photo
John M. Tran

Montage
David Schmidt

Musique
Thomas William Hill

Genre(s)
Documentaire

Origine(s)
Canada

Année : 2022 – Durée : 1 h 26 min

Langue(s)
V.o. : anglais, chinois; s.-t.f.

Printemps éternel
Chanchun

Diffusion @
Lofty Sky Entertainment

[ LevelFilm ]

Classement (suggéré)
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

Diffusion @
Cinéma du Musée

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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