Calle Málaga
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 8 mai 2026
María Ángeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu.
Le Film
| de la semaine |
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★★
Cela va de soi, aucun lien avec le Le bleu du caftan, parmi le peu de films marocains à aborder le sujet de l’homosexualité masculine avec un naturel, tenant compte de l’endroit où se déroule le récit, comme on dit « désarmant » et concluant.
Cette fois-ci, un film portée par la nostalgie – le signataire du texte a vécu dans cette ville, Tanger pendant plusieurs années. Il faut s’armer de nostalgie, d’innocence perdue, de mélancolie, d’amour pour un pays où malgré les conflits un peu partout dans le monde, l’insouciance, la résilience et le goût de vivre l’instant présent étaient des conditions cine qua non à une entente entre trois groupes « : Musulmans, Chrétiens et Juifs.
Ces moments d’inspiration
Pour Touzani, sans doute éprise d’un soudain courant de spleen amoureux, en plus de faire tourner Carmen Maura, s’est imposé une pause salutaire avant de réfléchir sur un autre sujet, plus proche de son cursus. D’une part, Carmen Maura n’est pas une révélation, mais une certitude qui s’impose avec tous les états d’âme et les afféteries de son rôle, alliant comédie et drame, selon. Entre Maura et Touzani, une correspondance extraordinaire, un rapport qui réunit harmonieusement deux façons de penser, d’autant plus que Myriam Touzani, elle-même tangéroise, parle parfaitement l’espagnol.
Et certains des comédiens d’une autre génération, comme l’exemplaire Ahmed Boulane (Abslam, amant de María Angeles, à l’accent espagnol savoureux, comme il était fréquemment perçu à l’époque).

Comme d’habitude, dans les ruelles animées de Tanger.
Exposer le déroulement des évènements du film serait vous empêcher de savourer les nombreuses surprises, délicates, gourmandes, spirituelles, décrivant la ville de Tanger comme l’une des destinations les plus incontournables – Au Maroc, malgré tout ce que l’on dit, tout est permis, du moment où on se débrouille intelligemment pour ne pas se laisser prendre.
Calle Málaga, une comédie plus douce qu’amère, scintillante, situant le troisième âge dans une case où le rapport physique est encore possible, donnant lieu à une magnifique séquence où le subtil devient érotique beaucoup plus que la démonstration.
[ … ] pour sa pureté, son indolence souveraine, sa résilience lucide, la pertinence exemplaire des seconds rôles, d’un naturel instantané et surtout pour ce message impérial selon lequel vieillir n’est pas nécessairement synonyme de solitude. Lumineux.
Et la caméra de Virginie Surdej, Le bleu du caftan et Tout le monde aime Touda, de Nabil Ayouch, compagnon-complice de Touzani en thématiques partagées (ici, co-scénariste) et réflexions sur les images en mouvement). Retenir également le montage de Teresa Font, une habituée de Pedro Almodóvar.
Sans hésitation, à Montréal, c’est, en ce qui nous concerne, Le Film de la semaine : pour sa pureté, son indolence souveraine, sa résilience lucide, la pertinence exemplaire des seconds rôles, d’un naturel instantané et surtout pour ce message impérial selon lequel vieillir n’est pas nécessairement synonyme de solitude. Lumineux.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Maryam Touzani
Scénario : Maryam Touzani, Nabil Ayouch. Direction photo : Virginie Surdej. Montage : Teresa Font. Musique : Freya Arde.
Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
Allemagne / Belgique
Espagne / France/ Maroc
Année : 2025 – Durée : 1 h 57 min
Langue(s)
V.o. : espagnol, arabe; s.-t.f. & Version française
Rue Málaga

Maryam Touzani
Dist.
En attente
Contact/Prod.
[ Films Boutique ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien / du Parc ]
Cinémathèque québécoise
Classement
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

[ … ] pour sa pureté, son indolence souveraine, sa résilience lucide, la pertinence exemplaire des seconds rôles, d’un naturel instantané et surtout pour ce message impérial selon lequel vieillir n’est pas nécessairement synonyme de solitude. Lumineux.