D’où vient ce fléau mondial qui se perd dans la nuit des temps, depuis que le monde est monde et qui, de nos jours, se répand avec véhémence, même dans notre beau pays, tous territoires confondus?
Pour endiguer le problème, des livres sur la question, des discours, des débats, des recours en justice. Tout type de revendications qui ne servent pas à grand-chose. Et des pièces de théâtre comme celle du jeune Joshua Harmon. À travers la saga d’une famille juive française qui débute lors des évènement tragiques de la Seconde Guerre mondiale et s’étalant jusqu’à nos jours, le récit doux-amer d’une famille où avec le temps, Séfarades et Ashkénazes vivent dans une certaine harmonie, y compris les petits duels familiaux propres à toutes les lignées qui se respectent.
Trois parties où les remous de l’Histoire, avec un grand H, se mêlent aux détours du destin, à la tragédie, à la survie, mais plus que tout au questionnement de sa propre judaïcité – Comment être Juif aujourd’hui? Comment l’afficher sans déclencher des situations néfastes, comme le drapeau israélien brûlé dans une école juive de DDO et dont, à ma connaissance, la majorité des médias n’ont pas parlé. N’eût été un autre groupe, les choses se seraient passées autrement. Mais bon!
Les « échos » avaient circulé depuis quelque temps déjà : le nouveau spectacle d’un des favoris du grand public, le Cirque du Soleil, investirait dans une production totalement inédite, rompant en quelque sorte avec ce qui a été précédemment présenté.
Des boîtes,
des boîtes
et
encore
des boîtes
Comme s’il s’agissait de s’adresser à une nouvelle génération de spectateurs. S’approcher de la nature, ne pas refuser le spectaculaire, mais le rendant plus subtile, sans ces afféteries trop accrocheuses voulant simplement épater la galerie. L’influence vient sans doute des jeux vidéo qui inondent les chambres d’adolescents et de moins jeunes (pourquoi pas) dans la plupart des chaumières.
Cette fois-ci, dans Écho, ce ne sont pas seulement les exécutants qui font partie du spectacle – même s’ils prennent la plus grande place – mais tout autant le décor, une immense boîte du monde carrée qui tournent en rond et où des images (vidéo ou autre technologie) projettent des sensations venues d’ailleurs, images rondes, géométriques d’un futur pas trop lointain. Justement, des « échos » qui excitent notre imaginaire.
Chrysalids. . La sensualité est toujours de mise. Crédit : @ Jean-François Savaria
En 1970, quelques mois avant la Crise d’octobre, le film de Claude Fournier sort à Montréal, accusant un immense succès populaire. Plus de 50 ans plus tard, qu’en est-il de la libre et contemporaine adaptation pour la scène de Catherine Léger?
L’ennui
et sa
diversion
l’érotisme
Sommes-nous en mesure de sérieusement remettre en question une telle proposition? Donnons aux créateurs le libre choix; nous aurons ainsi la conscience tranquille. Deux femmes en or, la pièce, est en quelque sorte un débat en pièces détachées sur les nouveaux codes sexuels, la notion de famille traditionnelle, sur le couple, bien sûr, sur la sexualité de la femme et celle, pas si évoluée, de l’homme. Lui, le chasseur, ayant droit à tous les acquis qui se perdent dans la nuit des temps; elles, les chassées, les conquises, rêvant aujourd’hui, de sérieusement remettre en question l’éveil de « ravissement » (sic), cette partie de l’être parfois un peu oubliée.
La mise en scène de Philippe Lambert réunit quelques courts sketches, chacun finissant par un éclairage quasi éteint précédé d’une sorte de jingle musical. Comme à la radio ou à la télé.
Mise en situation pour un public populaire, encore plus justifié par le dialogue, direct, droit au but, les métaphores sexuelles on ne peut plus suggestives les unes que les autres.
Isabelle Brouillette (Florence) et Sophie Desmarais (Violette). Apprendre des trucs en lisant et en écoutant. Crédit : suz@zoneill.com
La Première médiatique assemble un public conquis d’avance. On rit aux bons moments, on jubile lorsque des vérités se dévoilent. Les comédiennes font tout en leur pouvoir pour apporter à leurs personnages ce côté entre la séduction contrôlé et la liberté presque totale de mouvement.
Les hommes, eux, sont plus chanceux, comme d’habitude : ils n’ont qu’à mal se tenir, comme toujours. Le conjoint de Violette (remarquable Sophie Desmarais, dans un rôle atypique qu’elle défend avec une rigueur exemplaire), donne l’opportunité à Mathieu Quesnel d’investir sur la corporalité, d’autant plus qu’il a d’autres personnages à camper. Jeu(x) solide(s).
Idem pour l’imbattable et versatile Steve Laplante, le conjoint de Florence, plus émancipée que Violette, soutenue par la verve inspirée et le verbe facile d’une Isabelle Brouillette en pleine possession de tous ses moyens.
Soudain, à l’improviste, les langues se délient, les corps s’assument, les gestes de la sexualité s’affichent au grand jour.
Et Charlotte Aubin, l’autre du mari de Violette. Aubin apporte à son personnage une sexualité ouverte et libre de tout compromis. Serait-ce là la nouvelle sexualité de la femme d’aujourd’hui.
Le cinéma et le théâtre québécois ne parle pas souvent des affaires du sexe; et s’ils le font, c’est par intermittence, symboles parfois confus, indirectement. Avec Deux femmes en or, la pièce, le public d’aujourd’hui est confronté à cette réalité. Soudain, à l’improviste, les langues se délient, les corps s’assument, les gestes de la sexualité s’affichent au grand jour.
À la toute fin, à leur façon, Violette et Florence informent le public, particulièrement féminin, que le changement peut être miraculeusement bénéfique.
ÉQUIPE PARTIELLE DE CRÉATION Texte Catherine Léger D’après le scénario de Claude Fournier & Marie-Josée Raymond
Mise en scène Philippe Lambert
Interprètes Charlotte Aubin, Isabelle Brouillette Sophie Desmarais, Steve Laplante Mathieu Quesnel
Lumières Martin Sirois Décor Jean Bard Costumes Audrée Villeneuve Musique Ludovic Bonnier
Durée 1 h 20 min [ Sans entracte ]
Diffusion & Billets @ La Licorne (Grande salle) Jusqu’au 20 mai 2023
ÉTOILES FILANTES ★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon.★★★ Bon. ★★ Moyen.★Mauvais. 0 Nul. ½ [ Entre-deux-cotes ]