Migraaaants
Critique
SCÈNE
Élie Castiel
★★★ ½
PARTIR SANS REVENIR
Nous n’avons pas pu assister à la Première médiatique, ce qui explique notre grand retard à voir cette pièce d’une grande portée sociale et politique dont l’originalité repose principalement sur le jeu des comédiennes et des comédiens. Cinq personnages en quête d’auteur et qui finissent par trouver plutôt une metteure en scène qui, malgré la confusion d’un texte qui se cherche sans cesse malgré de bonnes intentions, trouve le moyen d’afficher sa connaissance de l’espace scénique et sa directions d’acteurs.
On ne dit plus les immigrants, mais les migrants, pour les situer dans un contexte de mondialisation géographique. C’est bien ça, géographique car ce phénomène, dans ses discussions avec les différents états, n’a pas encore fini de négocier le culturel et encore plus le démographique.
Sur ce point, le texte du Roumain Mateï Visniec choisit la bonne voie pour l’expliquer, mais les phrases, parfois bancales, se perdent dans des sophistications et des métaphores propres aux écrits des pays de l’Est, ces territoires balkaniques dont la pensée, au contraire de celle cartésienne, par exemple des Français, unissent souvent dangereusement émotion et réflexion. Il faut avoir une pensée d’écriture extraordinaire pour y parvenir convenablement.

Les comédiennes et les comédiens dans Migraaaants (Crédit : Prospero)
