RÉSUMÉ SUCCINCT
Vingt-trois ans après la disparition mystérieuse de son frère, une réalisatrice de documentaires entreprend de résoudre cette affaire. Bientôt une preuve troublante l’amène à penser que son frère est peut-être encore en vie.
RÉSUMÉ SUCCINCT
Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés, jusqu’au jour…
ANGLE | CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★ ½
Faux et trafic de faux
Encore un film grand public, comme l’avait été, du même réalisateur, La syndicaliste (2022), mais en ceci de particulier que Le faux monnayeur : L’affaire Bojarski jouit d’une plus grande réputation grâce surtout aux jeux des comédiens, notamment celui de Reda Kateb, imbattable, jouant divers registres à mesure que son métier inusité le force à la marginalité.
Le nouveau film de Jean-Paul Salomé peut profiter d’une réalisation méticuleusement construite, marquant les différences entre les scènes familiales, les rendez-vous avec les personnes impliquées dans ce trafic de faux billets de banque, et bien entendu les instances policières (et indirectement, politiques).
Un trafic qui a duré pendant plusieurs décennies, d’où ce côté biographique bien équilibré. Sur ce point, un journaliste d’un média influent n’hésite pas à le comparer à un peintre de l’impressionnisme, l’appelant ainsi : Le Cézanne de la fausse monnaie. Un véritable hommage qui en même temps, réveille l’inconscient populaire sur les questions économiques de l’époque.
Un travail de véritable orfèvre.
Et dans le même temps, pour d’autres raisons valables, mais bien cachées, soulevant la sympathie du directeur de l’Office de répression de la fausse monnaie, jusqu’à une limite néanmoins.
Le film est convaincant dans sa stratégie à gérer les rapports de force entre les groupes criminels, notamment en ce qui a trait à Bojarski, qui se cache sous de faux emplois qu’il ne nomme d’ailleurs pas, et les forces de l’ordre, qui gère le dossier avec un altruisme extraordinaire, ce qui ne les exclut pas d’erreurs possibles.
Le faux-monnayeur, c’est loin de rivaliser avec l’illustre Jean-Pierre Melville, à qui le cinéaste voue une admiration, mais demeure toutefois l’une des réussites du cinéma de samedi soir bien au-delà du satisfaisant. À voir sans hésitation.
Dans ce décorum de bon cinéma commercial où la France d’une certaine époque est également présentée dans son côté discriminatoire à l’immigration de ceux venus d’ailleurs, dont le Polonais Bojarski, autrefois ingénieur dans son pays, le message éthique que soulève Salomé dénote cette volonté de conscientiser le grand public. Car pour ces gens-là qui ne trouvent pas de travail propre à leurs connaissances, c’est le système de la débrouille qui compte, avec tous les inconvénients que cela suppose.
Le faux-monnayeur, c’est loin de rivaliser avec l’illustre Jean-Pierre Melville, à qui le cinéaste voue une admiration, mais demeure toutefois l’une des réussites du cinéma de samedi soir bien au-delà du satisfaisant. À voir sans hésitation.
RÉSUMÉ SUCCINCT
Tereza a vécu toute sa vie dans une petite ville industrielle d’Amazonie. Le jour venu, elle reçoit l’ordre officiel du gouvernement de s’installer dans une colonie isolée pour personnes âgées, où elles sont amenées à « profiter » de leurs dernières années. Tereza refuse ce destin imposé.
Le FILM de la semaine
ANGLE | CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★★
De Gabriel Mascaro, nous avons été séduit par Divino Amor (2019) présenté, du moins ici, directement en VOD (plus utilisé que Vidéo à la demande).
Le bateau ivre
Le fantasme religieux du premier film cité laisse place dans Les voyages de Tereza à une dystopie qui, soit dit en passant, semble s’établir un peu partout si l’on suit l’actualité politique de près. Ici, la mise en scène se construit à partir du personnage principal, Tereza, 77 ans, toujours solide, indépendante, d’une imagination débordante et prête à confronter autant d’obstacles que des individus indésirables. En plus d’avoir une pensée magique.
Pour incarner cette héroïne des temps nouveaux, une Denise Weinberg solide, impeccable, vouant à la caméra de Guillermo Garza (une trentaine de films à son actif), une sorte d’affinité intime qui la situe dans un lieu à part.
Mener sa barque à bont port.
Qui se transforme au contact de ces marginaux de la vie qu’elle rencontre au cours de son odyssée. Comme le personnage de Cadu (brillant Rodrigo Santoro aux jeux multiples) et Roberta, une nonne assez spéciale que Miriam Socarras campe avec un mélange d’assurance mystique et de camp queer.
Effectivement, deux femmes queer qui se rencontrent dans le plus inusité des hasards et qui communiquent avec le seul attrait, celui de l’harmonie dans l’entente, qui semble avoir été oubliée par leurs semblables, les dits ‘humains’. Et puis, cet étrange escargot bleuté qui apparaît à trois reprises comme s’il devait confirmer le pouvoir infini de la mythologie amazonienne. Nous n’en dirons pas plus. Puisque c’est aussi un des thèmes du film qui soulève quelques questions d’ordre ethnologique.
Un film pur face à une société plutôt abjecte, altérée. Et dans ce bateau de la « nouvelle chance » conduit par Tereza, une note d’espoir qui la conduit vers un ailleurs incertain, mais sans doute imprégné de promesses.
Un film sur l’abject traitement, aujourd’hui, des personnes du troisième âge. En leur imposant une image où l’infantilisation de leur pensée et gestes se résume en quelques mots, c’est à cela que Gabriel Mascaro répond, conscient que la société a atteint un niveau de profonde deshumanisation. Dans le film, les âgé(es) devront désormais vivre à La Colonie, où, apparemment ils vivront dans le bonheur leurs dernières années de vie.
Un film pur face à une société plutôt abjecte, altérée. Et dans ce bateau de la « nouvelle chance » conduit par Tereza, une note d’espoir qui la conduit vers un ailleurs incertain, mais sans doute imprégné de promesses.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Gabriel Mascaro
Scénario : Gabriel Mascaro, Tibério Azul, avec la collaboration de Murillo Hauser et Eitor Lorega. Direction photo : Guillermo Garza. Montage : Omar Gúzman, Sébastián Sepúlveda. Musique : Memo Guerra.
Genre(s) Drame dystopique Origine(s) Brésil / Mexique Pays-Bas / Chili Année : 2025 – Durée : 1 h 25 min Langue(s) V.o. : portugais, s.-t.a. ou s.-t.f. O Último Azul
The Blue Trail
Gabriel Mascaro
Dist. Enchanté Films Contact/Prod. [ FilmsweLike ]