The Wrong Girls

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 14 août 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Frankie et Molly, deux meilleures amies, vivent au jour le jour, lorsque leur vie bascule dans le chaos à la suite d’une erreur d’identité.

ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier

★ ½

Beaucoup de

fumée pour rien

 

Avec The Wrong Girls, son premier long métrage, la cinéaste Dylan Meyer tente de renouer avec l’esprit déjanté des stoner comédies qui ont marqué les années 1990 et 2000. Sur le papier, le pari pouvait être sympathique : deux amies complètement paumées, une succession de situations absurdes et une bonne dose de délire psychédélique, le tout porté par Kirsten Stewart et Alia Shawkat. Malheureusement, le résultat ressemble davantage à une imitation fabriquée qu’à une véritable comédie.

Là où Dazed and Confused, Smiley Face, Pineapple Express ou même How High parvenaient à trouver un équilibre entre absurdité, personnages attachants et humour décalé, The Wrong Girls semble constamment forcer le trait. Le film multiplie les situations invraisemblables et les gags absurdes en espérant que leur accumulation suffira à provoquer le rire. Or, le plus souvent, on reste simplement devant un spectacle profondément artificiel et surtout étonnamment stupide.

Essayer le tout pour le tout, quitte à se casser la gueule.

Le principal problème vient d’une écriture qui confond constamment excentricité et originalité. Le duo formé par Stewart et Shawkat possède pourtant suffisamment de personnalité pour porter ce genre de récit, mais leurs personnages demeurent prisonniers d’un scénario qui ne sait jamais quoi faire de leur potentiel comique. Même l’aspect psychédélique et les incursions dans le paranormal, qui auraient pu apporter une dimension véritablement déjantée à l’ensemble, sont mal intégrés et donnent plutôt l’impression d’éléments ajoutés à la hâte.

Ici, tout paraît calculé, fabriqué et terriblement peu drôle. Un premier essai laborieux qui laisse surtout l’impression d’un mauvais trip dont on attend impatiemment la fin.

En cherchant à reproduire la vibe des comédies défoncées d’une autre époque, Meyer oublie surtout ce qui faisait leur charme : une certaine spontanéité et des personnages auxquels on avait envie de s’attacher. Ici, tout paraît calculé, fabriqué et terriblement peu drôle. Un premier essai laborieux qui laisse surtout l’impression d’un mauvais trip dont on attend impatiemment la fin.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Dylan Meyer

Scénario : Dylan Meyer. Direction photo : Todd Banhazi. Montage : Kathryn J. Schubert. Musique : Ty Segall.

Genre(s)
Comédie fantaisiste
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 40 min
Langue(s)
V.o. : anglais
The Wrong Girls

Distributeur
Entract Films

Contact info.
[ Elevation Pictures ]

Dylan Meyer
Crédit : @ YouTube

Diffusion
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Tony

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 14 août 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Un étudiant en lettres se découvre une nouvelle passion.

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★ ½

Un emploi d’été

 

Dans un hamac sur une galerie extérieure d’un immeuble jouxtant les dunes et la mer, un jeune homme reçoit un seau d’eau froide qui le réveille.

Tony est à l’été 1975 dans cette ville de villégiature du Massachusetts car il espère y revoir Nancy, une jeune fille croisée dans l’agglomération universitaire où il habite. Le scénario de Todd Bartels et Lou Howe, d’après deux chapitres de Kitchen Confidential d’Anthony Bourdain, a été réécrit en partie par le réalisateur et un complice Matthew Miller.

L’emploi de laveur de vaisselle qu’il trouve accidentellement lui permet de côtoyer des cuisiniers et autres artisans de la restauration aux tempéraments bien différents. Les blagues de plus ou moins mauvais goût pimentent une journée de travail longue et très remplie avant les sorties nocturnes en compagnie de Sal, un Casanova du coin. Le propriétaire du resto n’a que le surnom de Chef et est interprété avec une stricte bonhomie par Antonio Banderas.

Un apprentissage qui définit une nouvelle voie.

La mise en scène du cinéaste canadien Matt Johnson garde la vivacité et le regard ironique de ses BlackBerry et Nirvana. Il peut compter sur l’appui de son nouveau directeur photo Michael Bauman (One Battle After Another) pour marquer avec habileté les changements de ton et d’humeur de ce roman d’apprentissage.

Cet été, en indiquant le retour à son prénom d’Anthony, devient ainsi un moment crucial de la vie de ce cuistot, écrivain et plus tard animateur d’émissions de présentations attentives de cultures et de cuisines.

La cuisine simple ou plus compliquée, le goût naturel des aliments, leurs combinaisons dans un travail original et bien tourné deviennent les étapes de cette formation échevelée des diverses facettes d‘une nouvelle passion aiguillée par son mentor et patron. Dans le rôle de Tony, Dominic Sessa, découvert dans The Holdovers, navigue avec dextérité ce passage de l’étudiant universitaire trop sûr de lui à ce jeune homme ouvert à d’autres possibilités.

Cet été, en indiquant le retour à son prénom d’Anthony, devient ainsi un moment crucial de la vie de ce cuistot, écrivain et plus tard animateur d’émissions de présentations attentives de cultures et de cuisines.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Matt Johnson

Scénario : Matt Johnson, Todd Bartels, Lou Howe, Matthew Miller. Direction photo : Michael Bauman. Montage : Curt Lobb, Robert Upchurch. Musique : Jay McCarrol.

Genre(s)
Drame biographique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 46 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.
Tony

Distributeur
Maison 4:3

Contact info.
[ A24 ]

Matt Johnson
Crédit : @ Instagram

Diffusion
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Un monde fragile et merveilleux

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 14 août 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Nino et Yasmina tombent amoureux dans la cour de leur école à Beyrouth et rêvent à leur vie d’adulte, à un monde merveilleux. Vingt ans plus tard, ils se retrouvent par accident et c’est à nouveau l’amour fou, magnétique, incandescent. Peut-on construire un avenir, dans un pays fracturé, qu’on tente de quitter mais qui vous retient de façon irrésistible ?

Le Film
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

 

LIBAN,

MA

DÉCHIRURE

★★★★

 

Déjà, le titre soutient la dualité de la proposition selon laquelle le romantique et le politique ne peuvent vivre séparés l’un de l’autre, comme si le quotidien inventait des formes d’apaisement en même temps que des bouleversements dramatiques que les conflits armés apportent.

Et pourtant on continue à croire en une vie normale. Peut-on appeler ça « résilience » ?

Voici un film magnifique qui nous tend la main avec prudence, affection et une énergie vitale, autant d’éléments qu’il est force de souligner.

Il y a Nino et il y a Yasmina, dont l’amour est naissant depuis l’enfance, plus consciemment depuis le primaire. Eux deux, malgré les hasards du quotidien dans un pays aux nombreux conflits, venus de l’intérieur et de l’extérieur, conservent assez de foi pour croire au pouvoir de l’amour.

Un thème que Cyril Aris traite avec autant de conviction que de liberté de ton.

Il excelle dans les séquences où les individus s’entendent dans le meilleur des mondes possibles, les us et coutumes du quotidien ne se laissant pas brader par les forces du mal. Celles-ci, au contraire, ont recours à des moments d’archives que certains d’entre nous ont déjà vus dans les journaux, actualités ou autres médias.

Mais dans ce contexte inhabituel qui ne semble plus finir, arrivés à l’âge adulte, des choix s’imposent. Ceux qui restent et ceux qui s’en vont pour pour voir si les choses sont meilleures ailleurs, dans des horizons plus sereins.

Il suffit de deux regards, ça dit tout.

Un monde fragile, certes, et merveilleux aussi pour ce qu’il offre de consolation, de possibilités de continuer à mieux vivre, comme étrangement saisis par une certitude inébranlable en l’être humain.

Cela ne se passe-t-il pas ainsi actuellement ? Ce refus du mal en faveur du bien. Seuls les politiques demeurent dans la bataille, s’engouffrant graduellement dans une logique du pire, voire de l’anéantissement.

Dans ce conte moral, puisqu’il s’agit bien de cela, les deux amoureux nous laissent croire au pouvoir affable de l’amour, le sentimental, mais aussi le physique, celui de la sensualité des gestes, des étreintes, ici filmées avec une subtilité affective, et non pas selon une perspective uniquement charnelle ; ainsi, les règles du poétique et du mythique finissent par vaincre. Nous sommes quand même au cinéma, et le cinéma, ça s’invente avec des codes. Cyris est une grand romantique.

Dans ce conte moral, puisqu’il s’agit bien de cela, les deux amoureux nous laissent croire au pouvoir affable de l’amour, le sentimental, mais aussi le physique, celui de la sensualité des gestes, des étreintes, ici filmées avec une subtilité affective, et non pas selon une perspective uniquement charnelle

Un film à la croisée des chemins qui ne cherchent pas à expliquer les gestes de Nino et Yasmina, tous âges confondus et qui, sans le vouloir, dans toute leur inconscience déchirante et partagée, offre une autre image du Liban, l’oublié, l’écartelé, transformé en une déchirure virale par les forces du mal, le contraire de ce qu’on voit quotidiennement, surtout aujourd’hui.

Et les interprètes, quels que soient leurs rôles, investissent autant d’énergie que de conviction soutenue.

À tous ces hommes d’état, de la Russie, de l’Ukraine, des pays africains, de la Palestine et d’Israël, cessez de rêver à un monde selon vos propres aspérités et croyez en l’avenir de l’humanité !

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Cyril Aris

Scénario : Cyril Aris, Bane Fakih. Direction photo : Joe Saade. Montage : Cyril Aris, Nat Sanders. Musique : Anthony Sahyoun.

Genre(s)
Drame romantique
Origine(s)
Liban / États-Unis
Allemagne / Qatar
Arabie-saoudite
Année : 2025 – Durée : 1 h 50 min
Langue(s)
V.o. : mixte; s.-t.f. & s.-t.a.
A Sad and Beautiful World
Nujum al’amal we al’alam

Distributeur
LFFC

Contact info.
[ MUBI ]

Cyril Aris
Crédit : @ IMDb

Diffusion

Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée ]

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Tout public ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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