RÉSUMÉ SUCCINCT Portrait d’un cinéaste par sa conjointe et collaboratrice.
ANGLE | CRITIQUE |
Luc Chaput
★★★ ½
Un homme sort le matin de l’abri d’une petite embarcation sur un lac et une femme lui offre quelque chose à manger.
Film d’ouverture au dernier Festival international des films sur l’art, ce long métrage reconfigure en partie le portrait d’artiste puisque la conjointe du sujet en est la réalisatrice, cameraman et intervieweuse dans cette exploration de la vie et de l’œuvre de son amoureux encore plus connu qu’elle et ce depuis longtemps.
Regards intimes
André-Line Beauparlant, par ailleurs, directrice artistique reconnue, a réalisé des films sur sa famille (Pinocchio) comme le démontre les premiers extraits en ouverture. Il était donc possible sinon probable que cet autre membre important de son entourage devienne le protagoniste d’un autre projet dans lesquels sont toujours examinés les traumatismes de l‘enfance et le mal-être.
D’amour, de tendresse et de complicité.
La construction sur la durée avec ses hésitations, ses remises en doute puis en marche, laisse une bonne place aux commentaires de la cinéaste dans un ton très personnel. Les échanges avec Robert Morin, à la fois dans leur résidence dans la forêt boréale ou à l’extérieur au fil des saisons, sont complétés par de nombreux extraits d’objets filmiques de l’auteur de Windigo et de Requiem pour un beau sans-cœur.
Le montage de Stéphane Lafleur relie ainsi avec doigté les aveux soutirés avec tendresse et les séquences plus dures de films qui dérangent par leur crudité ou leurs changements de tons. La préparation répétée des captations d’images et de constitutions d’éléments de décors pour le Festin boréal devient la trame sur laquelle s’échafaude ce portrait au long cours.
Les échanges avec Robert Morin, à la fois dans leur résidence dans la forêt boréale ou à l’extérieur au fil des saisons, sont complétés par de nombreux extraits d’objets filmiques de l’auteur de Windigo et de Requiem pour un beau sans-cœur.
Ce film de couple différent, permettra à plusieurs, peut-on l’espérer, de servir d’introduction à la vidéographie (La Réception) et filmographie de cette homme-caméra si souvent en mouvement qui reconfigure encore les codes du documentaire et de la fiction.
Scénario : André-Line Beauparlant. Direction photo : André-Line Beauparlant. Montage : Stéphane Lafleur. Musique : Mathieu Charbonneau.
Genre(s) Documentaire biographique Origine(s) Canada [Québec] Année : 2026 – Durée : 1 h 36 min Langue(s) V.o. : français, anglais; s.-t.a. Mon amour, c’est pour le restant de mes jours
My Love, It is for the Rest of My Days
P R I M E U R
Sortie (officielle) Vendredi 10 avril 2026
RÉSUMÉ SUCCINCT Chronique à plusieurs facettes de ce lieu en cette année importante.
ANGLE | CRITIQUE |
Luc Chaput
★★★
Redonner voix
à des sans-voix
Un jeune homme arrive par train à Jérusalem, capitale de la Palestine mandataire, pour occuper un emploi dans une grande maison.
Le scénario de la réalisatrice emploie le mode choral pour replonger le spectateur dans cette année cruciale pour ce territoire. Yousouf, le jeune homme sert donc de lien entre son village natal et la bimillénaire ville aux lieux saints. S’y prennent des décisions dans cette partie de l’Empire britannique au Moyen-Orient, matérialisée entre autres par les oranges de Jaffa et les chemins de fer se rendant jusqu’à Bagdad.
Ces événements fictionnalisés sont par ailleurs soutenus par l’insertion de nombreuses archives filmiques présentées en format carré en complément du cadre rectangulaire, utilisé avec savoir-faire par Hélène Louvart, qui permet d’inclure plus de sujets et d’interactions dans le champ de vision.
Une mise en scène à tendance épique.
Le grand nombre de personnages ainsi déployés ne permet que de trop brèves incursions dans plusieurs des diverses strates de la société. Les grands propriétaires terriens arabes bien heureux de vendre leurs terres à meilleur prix à des organisations juives, les villageois agriculteurs chrétiens ou musulmans dont le mode de vie se réduit et les ouvriers des grandes villes deviennent ainsi les acteurs d’une tragédie qui risque de les dépasser.
Les nombreux acteurs anonymes et connus et les autres membres de l’équipe semblent mus par un esprit de corps qui rend encore plus prenante cette autre version tout aussi nécessaire des tenants et aboutissants de l’Histoire dans une région qui continue de faire tout le temps les manchettes.
Certains de ces êtres qui sont presque des archétypes sont mieux servis par leurs interprètes. Ainsi Robert Aramayo rend avec hargne, Orde Wingate, l’incarnation de l’officier colonial cassant1 mu par son christianisme sioniste. À l’opposé, la journaliste Khouloud, portée de vigoureuse façon par Yasmine Al Massri, a le parcours le plus intéressant. Les instants se bousculent dans cette chronique menant à la décision de la Commission Peel en 1937 sur la partition de la Palestine.
Les nombreux acteurs anonymes et connus et les autres membres de l’équipe semblent mus par un esprit de corps qui rend encore plus prenante cette autre version tout aussi nécessaire des tenants et aboutissants de l’Histoire dans une région qui continue de faire tout le temps les manchettes.
1 Le nom du village de Yousouf est similaire à celui d’Al-Bassa dans lequel eut lieu en 1938 un massacre semblable à celui décrit dans le film.
Scénario : Annemarie Jacir. Direction photo : Hélène Louvart, Leandro Monti; avec la collaboration de Sarah Blum et Tim Fleming. Montage : Taria Reddin. Musique : Ben Frost.
Genre(s) Drame historique Origine(s) Palestine / États-Unis Grande-Bretagne / France Danemark / Norvège Qatar / Arabie saoudite / Jordanie Année : 2025 – Durée :2 h 06 min Langue(s) V.o. : français, anglais; s.-t.a. ou s.-t.f. Filistin 36
Annemarie Jacir
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