The Christophers

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 17 avril 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une jeune artiste devient l’assistante d’un collègue âgé.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★ ½

 

La nuit, dans une rue d’un chic square londonien, une camionnette est garée. La conductrice remarque que les lumières de deux maisons contiguës sont toujours allumées.

 

La réussite,

c’est de bien durer

 

Lori est une restauratrice d’œuvres d’art qui subvient par d’autres moyens à sa passion de créatrice. Mise en contact avec Julian Sklar, un peintre reconnu naguère, elle pourrait s’occuper d’une série de portraits portant le prénom du modèle. La rencontre entre le grincheux Sklar et Lori Butler donne lieu à des échanges complexes qui, selon le bon vouloir du vieil homme, prennent de multiples tangentes.

La mise en scène de Soderbergh, dans ce logement à plusieurs étages et trop rempli d’objets hétéroclites, laisse aux acteurs l’espace pour se mouvoir comme sur une scène de théâtre. Les épisodes extérieurs, également captés par le réalisateur employant son pseudonyme habituel, articulent les distances entre leurs deux conditions sociales visibles dans les quartiers qu’ils habitent.

Un endroit de la maison pleine d’objets hétéroclites.

Le scénario d’Ed Solomon (No Sudden Move) contient de nombreux retournements de situations attendus dans une trame sur la place de l’argent, des héritages et des compromissions dans le marché de l’art.

Après le délicieux Black Bag sur les relations interpersonnelles dans un service de sécurité britannique, le cinéaste, qui a annoncé sa retraite il y a une dizaine d’années, continue son exploration des codes de certaines organisations en signalant ici avec doigté la place de la transmission du goût dans la sphère artistique.

Ian McKellen se délecte à croquer ce portrait à multiples facettes d’un artiste en fin de vie mais gardant un certain feu sacré. Il trouve en Michaela Coel une partenaire de jeu à son niveau. Son visage, qui a des ressemblances avec certains masques Ibo, se modifie presque imperceptiblement selon l’humeur. Son implication physique et son caractère, déjà remarqués dans Black Panther: Wakanda forever, ressort à plusieurs reprises, spécialement dans sa décortication du processus artistique de son illustre confrère.

Après le délicieux Black Bag sur les relations interpersonnelles dans un service de sécurité britannique, le cinéaste, qui a annoncé sa retraite il y a une dizaine d’années, continue son exploration des codes de certaines organisations en signalant ici avec doigté la place de la transmission du goût dans la sphère artistique.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Steven Soderbergh

Scénario : Ed Solomon. Direction photo : Steven Soderbergh. Montage : Steven Soderbergh. Musique : David Holmes.

Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
États-Unis
Grande-Bretagne|
Année : 2025 – Durée : 1 h 27 min
Langue(s)
V.o. : anglais
The Christophers

Steven Soderbergh

Dist.
Entract Films
Contact/Prod.
[ Elevation Pictures ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Exit 8

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 10 avril 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Un homme piégé dans un couloir de métro cherche la sortie numéro 8. Pour la trouver, il faut traquer les anomalies. S’il en voit une, il fait demi-tour. S’il n’en voit aucune, il continue. S’il se trompe, il est renvoyé à son point de départ. 

 

ANGLE
| CRITIQUE |

Pascal Grenier

★★ ½

 

Il y a des films-concepts qui intriguent d’emblée, des dispositifs minimalistes qui promettent une expérience sensorielle forte, voire hypnotique. Exit 8, adaptation d’un jeu vidéo japonais au principe pourtant simple et efficace, semblait appartenir à cette catégorie. Or, ce qui devait être une boucle fascinante se transforme rapidement en un cercle vicieux, où la répétition n’est jamais transcendée, seulement subie.

 

Tourner en rond

jusqu’à l’épuisement

 

Le personnage principal erre dans ce couloir de métro sans fin, condamné à observer, répéter, analyser chaque détail. L’idée, sur papier, a de quoi séduire : jouer avec la perception, débusquer les anomalies, faire naître un malaise diffus. Mais le film s’enlise dans son propre mécanisme. Les variations sont trop minces, trop timides, et finissent par donner l’impression que le récit piétine plutôt qu’il ne progresse. À force de revenir au point de départ, Exit 8 ne crée pas une tension croissante, mais une lassitude presque mécanique.

La répétition sonore n’aide en rien. La musique, les ambiances, jusqu’aux paroles du protagoniste qui commente inlassablement ce qu’il voit, finissent par devenir irritantes.

La monotonie du sens de l’orientation.

Ce qui aurait pu être une expérience immersive se transforme en une boucle auditive monotone, où même le travail pourtant soigné du concept sonore devient contre-productif.

On pourra toujours y lire une métaphore de l’aliénation moderne : l’enfermement psychologique, la pression constante des espaces urbains saturés, ou encore l’impression d’être coincé dans une routine déshumanisante. Mais ces pistes restent à l’état d’esquisses, jamais pleinement exploitées. Le film effleure ses idées sans les creuser.

Au final, on se retrouve devant un exercice de style un peu creux, qui confirme, une fois de plus, que le passage du jeu vidéo au cinéma demeure un terrain glissant, souvent plus proche du faux pas que de la révélation.

Privé de véritable montée dramatique et d’un sentiment d’urgence, Exit 8 peine à instaurer un suspense durable. Même son versant cauchemardesque manque d’audace, comme s’il n’osait jamais basculer dans l’inconfort total. Au final, on se retrouve devant un exercice de style un peu creux, qui confirme, une fois de plus, que le passage du jeu vidéo au cinéma demeure un terrain glissant, souvent plus proche du faux pas que de la révélation.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Genki Kawamura

Scénario : Genki Kawamura, Hirase Kentano; d’après le jeu vidéo de Kotake Create. Direction photo : Keisuke Immamura. Montage : Sakura Seya. Musique : Shouhai Amimori, Yasutaka Nakata.

Genre(s)
Suspense fantastiques
Origine(s)
Japon
Année : 2025 – Durée : 1 h 35 min
Langue(s)
V.o. : japonais; s.-t.a.
8: Ban Deguchi

Genki Kawamura

Dist.
Entract Films
Contact/Prod.
[ Elevation Pictures ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

1 50 51 52 53 54 980