Belle

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Lundi 07 février 2022

SUCCINCTEMENT.
Dans la vie réelle, Suzu est une adolescente complexée, coincée dans sa petite ville de montagne avec son père. Mais dans le monde virtuel de U, Suzu devient Belle, une icône musicale suivie par plus de 5 milliards de followers.

SANS
COMMENTAIRES.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Mamoru Hosada

Genre(s)
Animation

Origine(s)
Japon

Année : 2021- Durée : 2 h 02 min

Langue(s)
V.o. : japonais; s.-t.a. / Version anglaise

Ryû to Sobakasu no hime

Classement suggéré
Visa Général

Diffusion @
Cineplex
[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

C’est la vie

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Lundi 07 février 2022

SUCCINCTEMENT.
Vers la fin de leur grossesse, cinq femmes se retrouvent dans la salle d’accouchement d’un hôpital parisien.

Lorsque l’enfant paraît

CRITIQUE.

★★★

texte
Élie Castiel

Disparaissent alors les contraintes de la grossesse pour ces femmes qui n’ont rien en commun, sauf de donner la vie ; et une nouvelle pour ces hommes, devenus entre les mains de Julien Rambaldi, de individus de bonne volonté.      Désormais, de plus en plus, lorsqu’on annonce une grossesse, ont dit « vous êtes enceinte » en faisant référence aux deux parents.

   Rambaldi l’a bien compris et opte pour le partage de cet événement crucial dans la vie de la très grande majorité des humains.  Après un premier long métrage remarqué, l’inédit ici (à ma connaissance) Les meilleurs amis du monde (2010), il signe ensuite Bienvenue à Marly-Gomont (2016), sans doute une variation remise au goût du jour de Dr. Knock de Jules Romains,  pour ensuite poursuivre avec ce film ludique qui, tout en jouant la carte comique se prend, au fond, au sérieux, notamment lorsque le couple Balasko/Maury entrent en scène.

   Film choral où chacun/chacune présente à son tour le petit parcours vers la procréation ;  autant de personnages loufoques, bordéliques, faisant semblant que tout va mal, mais enivrés de la vie. Assez pour la donner, concevoir une nouvelle pour mieux combler la sienne. Des personnages qu’on vous laisse le soin de découvrir.

Entre soins attentionnés et responsabilités.

   Et une mise en scène, bien sûr, portée par ce goût de déconner amicalement, de susciter des séquences entre le sérieux du propos (accoucher quand même n’est pas un excercice banal) et le caractère enjoué qu’on peut lui allouer. Se jouer de la vie, non pas par pure caprice, mais la prendre pour ce qu’elle est, un combat entre le drame et la comédie, entre le plaisir de vivre et celui d’en avoir marre.

   Une femme de carrière dont le mari désire ardemment un enfant, une autre qui se retrouve enceinte après une nuit d’amour jouissif improvisée, un couple de lesbiennes assumées dont la porteuse a atteint ce qu’elle désirait le plus au monde, naturellement, avec le géniteur. Belle proposition de Rambaldi. qui pousse le spectateur à réfléchir sur ces questions qui nous unissent.

Rambaldi assume, perçoit cet acte de la nature comme une sorte de « laboratoire naturel » de la vie d’autant plus extraordinaire lorsqu’il s’agit de fécondation in vitro ou de bébés prématurés qui ont décidé de se présenter bien avant la date prévue.

   Prend-t-il ce jeu à la légère ? Non pas ; en raison de la présence de Josiane Balasko, sage-femme extraordinaire aux répliques aussi cinglantes que remplies d’une humanité extraordinairement efficace. Elle est impériale et s’empare de son rôle jusqu’à lui donner une aura de profonde plénitude.

Le film choral est fait ici sur un ton enjoué, pas trop sérieux. Cette fois-ci, ludique, sans prétention. Sans doute pour calmer les esprits.

   Un hôpital où les cinq femmes se retrouvent sert de lieu presque unique d’un tournage qui se permet quelques séquences extérieures où les gags fusionnent, sans trop se perdre. Comme ce clin d’œil amical à Drucker, prénommé Michel, une sorte de cajolerie du cinéaste envers lui-même, pour ce faire plaisir.

   Sans dénigrer le talent de tous les interprètes, hommes et femmes, tous, toutes sont atteints d’une énergie qu’on appelle « la vie », mais la véritable force du film demeure sans aucun doute l’apport de Josiane Balasko, totalement absorbée par un rôle qui lui va comme un gant, comme d’ailleurs tous les personnages qu’elle incarne. Et pour la seconder dans cette merveilleuse aventure, un guide épatant, Nicolas Maury (Garçon chiffon, de et avec lui-même) parfait même s’il ne l’est pas parfois dans son travail d’obstétricien, mais soudain pris d’un excès de zèle qui le conduit aux fins fonds de la victoire.

Le film choral est fait ici sur un ton enjoué, pas trop sérieux. Cette fois-ci, ludique, sans prétention. Sans doute pour calmer les esprits.

[ Entrevue avec Julien Rambaldi ici. ]

 

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Julien Rambaldi

Scénario
Julien Rambaldi

Direction photo
Yannick Ressigeac

Montage
Stéphane Pereira

Musique
Emmanuel Rambaldi

Genre(s)
Comédie

Origine(s)
France
Belgique

Année : 2019 – Durée : 1 h 43 min

Julien Rambaldi

Langue(s)
V.o. : français

C’est la vie

Dist. [ Contact ] @
K-Films Amérique

Classement
Visa Général

En salle(s) @
Cinéma Beaubien
Cineplex
[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Drive My Car

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Lundi 07 février 2022

SUCCINCTEMENT.
Pendant les répétitions d’une pièce de Tchekhov, un metteur en scène japonais est amené à faire le point sur son existence.

Le Film
de la semaine.

CRITIQUE.

★★★★

texte
Luc Chaput

À Hiroshima, la chauffeuse d’un metteur en scène lui fait visiter l’immense incinérateur de déchets situé sur la baie. Ils cheminent dans l’atrium et la jeune femme lui explique que l’architecte a dessiné cette ouverture dans le mur pour ne pas couper l’Axe de la Paix qui part du Dôme et passe par le Cénotaphe.

   Le réalisateur nippon Ryûsuke Hamaguchi adapte ici la nouvelle éponyme de Haruki Murakami tout en s’inspirant également de deux autres du même recueil titré Hommes sans femmes. Kafuku, l’acteur et metteur en scène, est marié avec Oto une scénariste pour la télé qui a un moyen original d’inspiration que nous tairons ici. Il emploie sa Saab rouge comme second lieu de vie, écoutant lors de ses déplacements des enregistrements de pièces lus par son épouse pour se les mettre en bouche. Il participe d’ailleurs à des représentations multilingues dans lesquelles les acteurs jouent dans leurs propres langues, les spectateurs pouvant naturellement lire si nécessaire les sur-titres.

Périple vers l’intérieur

Une étrange sensation de temporalité.

   Invité à Hiroshima pour mettre en scène Oncle Vania de Tchekhov, Yūsuke est obligé d’avoir une conductrice attitrée pour raisons d’assurance, Il retrouve, dans la troupe idoine, le jeune Koji, acteur connu à la télé et connaissance de son épouse. La mise en scène d’Hamaguchi, après avoir à Tokyo utilisé la couleur rouge de la Saab comme point de référence évident dans les plans larges ou immenses, s’insère de plus en plus dans ce véhicule qui devient un des lieux majeurs de dialogues entre le comédien et les phrases de Tchekhov. Les répétitions de la pièce avancent au début à petits pas rythmés par le son du clap à la fin de chaque réplique. Diverses personnalités éclosent alors dont une Sud-Coréenne, Lee Yoon-a, interprète de Sonia employant le langage des signes traduit avec allant par le principal assistant local de Kafuku.

Porté par des interprétations remarquables d’intensité retenue de Hidetoshi Nishijima  dans le rôle de Yusuke et  très modulée de Tōko Miura dans celui de Misaki, et par le reste de la troupe, ce long métrage de trois heures, fort d’un scénario aux multiples embranchements  et effets-miroir sur les rapports entre l’art, le travail et la vie, confirme… l’arrivée d’un autre  cinéaste majeur japonais.

   De multiples liens sont ainsi tissés et revisités entre autres dans une séquence prenante où le jeune acteur donne une autre variation d’une histoire qu’Oto avait racontée à son époux.  Ce lieu clos en mouvement qu’est cette automobile devient ainsi un véhicule essentiel d’échanges variés. La cinématographie de Hidetoshi Shinomiya, d’un classicisme certain, prend un peu ses aises lors du périple vers l’île d’Hokkaido1, lieu d’enfance et d’adolescence de Misaki, la chauffeuse.

   Porté par des interprétations remarquables d’intensité retenue de Hidetoshi Nishijima  dans le rôle de Yusuke et  très modulée de Tōko Miura dans celui de Misaki, et par le reste de la troupe, ce long métrage de trois heures, fort d’un scénario aux multiples embranchements  et effets-miroir sur les rapports entre l’art, le travail et la vie, confirme après le Grand prix du jury au dernier festival de Berlin  pour Contes du hasard et autres fantaisies (Gūzen to sōzō) l’arrivée d’un autre  cinéaste majeur japonais.

1 Hokkaido est l’île majeure la plus au Nord du Japon et est située un peu au sud de l’île russe de Sakhaline, là où le médecin Anton Tchekhov séjourna trois mois et publia à son retour un rapport dévastateur sur les conditions de vie, L’île de Sakhaline : Notes de voyage.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Ryûsuke Hamaguchi

Scénario
Ryûsuke Hamaguchi
Ita Kamase
D’après la nouvelle éponyme de Haruki Murakami

Direction photo
Hidetoshi Shinomiya

Montage
Azusa Yamazaki

Musique
Eisho Ishibasi

Ryûsuke Hamaguchi

Genre(s)
Drame existentiel

Origine(s)
Japon

Année : 2021 – Durée : 2 h 59 min

Langue(s)
V.o. : japonais; s.-t.f.

Conduis mon char
Conduis ma voiture
Doraibu Kā

Dist. [ Contact ] @
EyeSteelFilms

Classement
Visa Général
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

En salle(s) @
Cinéma Beaubien

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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