Marjaney

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 10 décembre 2021

SUCCINCTEMENT.
Gagandeep Singh et ses amis de longue date sont impliqués, contre leur gré, à un réseau de trafiquants de drogue.

SANS
COMMENTAIRES.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Amardeep Singh Gill

Genre(s)
Action

Origine(s)
Inde

Année : 2020 – Durée : 2 h 20 min

Langue(s)
V.o. : punjabi; s.-t.a.
Marjaney

Dist. [ Contact ]
Imtiaz Mastan

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

Diffusion @
Cineplex
[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

Prière pour une mitaine perdue

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 10 décembre 2021

SUCCINCTEMENT.
Dans l’hiver montréalais, des personnes s’activent , tentent de combler des pertes et échangent des propos.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Luc Chaput

Un hiver de perte et d’espoir

Des personnes patinent dans un parc à Montréal, d’autres font de la planche à neige sur les pentes du Mont-Royal. Nous sommes le soir en hiver et le déneigement se produit. La cinématographie de Marianne Ploska les filme dans un très beau noir et blanc.

 Des individus se rendent au métro Berri-UQÀM au comptoir du service des objets trouvés pour tenter de retrouver une mitaine ou une pièce d’identité perdue dans leurs déplacements. Pendant deux jours, la caméra de la très petite équipe de Jean-François Lesage est à l’intérieur du local et filme ces interactions courtes ou plus longues.  Certaines des personnes vues à travers ces vitres ou qui inspectent les paniers d’effets conservés font l’objet d’entrevues plus longues à leurs domiciles.

La prise de son, le mixage et la conception sonore, primés aux derniers prix Iris décernés à Marie-Andrée Cormier, Olivier Germain et Marie-Pierre Grenier, participent aussi fortement à cet hivernal portrait poétique d’une ville et de ses habitants

 Des repas sont ainsi organisés et d’autres avenues sont ouvertes par des témoignages. Décès d’un proche, rupture familiale, maladie, amour terminé s’invitent dans ce discours multiforme sur la perte et l’espoir de moments meilleurs.

 Sur une douce musique de jazz de Tom Brunt la neige tombe et les activités décrites en entrée sont présentées dans ces intermèdes qui enveloppent les séquences intérieures. Les dialogues sont plus rares dans les moments captés à l’extérieur.  La prise de son, le mixage et la conception sonore, primés aux derniers prix Iris décernés à Marie-Andrée Cormier, Olivier Germain et Marie-Pierre Grenier, participent aussi fortement à cet hivernal portrait poétique d’une ville et de ses habitants. Ce long métrage, étonnamment serein par un cinéaste qui nous charma avant par La rivière cachée, se termine par une séquence qui réunit de manière originale plusieurs des interviewés.

Espérer en regardant à travers la vitre.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jean-François Lesage

Scénario
Jean-François Lesage

Direction photo
Marianne Ploska

Montage
Mathieu Bouchard-Malo

Ariane Pétel-Despots

Musique
Tom Brunt

Genre(s)
Documentaire

Origine(s)
Canada [Québec]

Année : 2020 – Durée : 1 h 19 min

Langue(s)
V.o. : français, anglais; s.-t.a. ou s.-t.f.

Prayer for a Lost Mitten

Dist. [ Contact ] @
Les Films du 3 mars

Classement
Visa GÉNÉRAL

Diffusion @
Cinéma Beaubien
Cinéma du Musée
Cinéma Moderne
Avis : Horaire irrégulier ]
Cinéma Public
Avis : Horaire irrégulier ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

West Side Story

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 10 décembre 2021

SUCCINCTEMENT.
L’histoire légendaire d’un amour naissant sur fond de rixes entre bandes rivales dans le New York de 1957, les Jets (les Blancs) et les Sharks (de Porto Rico).

Coup de ❤️
de la semaine.

CRITIQUE.

★★★★★

texte
Élie Castiel

Remake, refonte, refait au goût du jour, hommage, simplement caprice d’un grand cinéaste ? Nullement, aucune de ces prédictions, mais une proposition sensorielle, intransigeante, percutante, une œuvre de foi, ne reculant devant rien pour assumer son approche esthétique et ses variations narratives. Un film dont l’original a manifestement marqué Steven Spielberg dans ses plus jeunes années bien avant qu’il ne devienne le cinéaste qu’il est.

D’une indéfectible

sensualité cérébrale

 Mais surtout un film sur le cinéma, sur ce qu’il investit comme moyens pour arriver à ses fins : séduire, posséder le spectateur, s’enorgueillir d’avoir atteint le summum du spectaculaire, défiant ceux opposés à la démarche entreprise, s’en fichant des qu’en-dira-t’on, aller jusqu’au fond des choses pour épater la galerie. Se servir finalement du médium, de cette machine à rêves aussi séduisante que maléfique pour déjouer la fatalité quotidienne.

 Encore une fois, le West Side Story spielbergien n’est pas un remake, mais une vision tout à fait intrinsèque portée en soi et extrinsèque dans son approche de la comédie musicale et surtout du film de Robert Wise (et Jerome Robbins, pour la chorégraphie) sorti en 1961.

 Au scénario, Ernest Lehman est remplacé par Tony Kushner, on garde intact l’esprit du dramaturge Arthur Laurents et la chorégraphie de Jerome Robbins est, comme on dirait aujourd’hui, copiée/collée.

Le geste devient chorégrahique, s’imposant gracieusement au quotidien.

 Morceaux de bravoure, costumes étincelants, décors réalistes, cette fois-ci, fascination plus alerte pour les corps, autant féminins que masculin. Une sensualité plus âpre se dégage dans l’approche 2020. Même son de cloche pour ces rescapés du drame shakespearien Roméo/Tony et Juliette/Maria. Une symbiose physique dans les regards, les mots partagés, les souffles qu’on devine. Aimer à perdre la raison autant ici que dans l’œuvre première.

 Mais peu importe tous ces grades donnés à des artistes en quête de perfection. Le West Side Story de Spielberg est un de ses plus beaux morceaux de bravoure de son œuvre cinématographique. Oser s’aventurer dans un genre en désuète peu enclin à séduire les spectateurs en période(s) de crise, car cette période on la vit bien avant la pandémie. Stratégiquement, se laisser emporter par le « très grand » écran pour savourer les détails qui se cachent un peu partout.

 Spielberg investit les lieux, les rues, les intérieurs chaleureux qui donnent le courage et la détermination propres aux drames ou mélodrames, ces genres que la plupart des spectateurs aiment puisqu’ils sont plus proches de la vie. Mais aussi ces territoires de violence (granges avec des montagnes de sel, garages… et autres lieux de combats, parfaitement chorégraphiés…)  que la caméra de Janusz Kaminski entreprend de mettre en évidence.

 Et Rita Moreno, la Anita de 1961, campée, soixante ans plus tard, par une Ariana deBose impeccable. Pour Moreno, souveraine dans ses 90 printemps, un rôle inventée, un hommage rendu qui se rapproche plus de la complicité. Comme si entre Moreno et Spielberg, s’établissait une sorte de dialogue privé sur le choix du scénariste Tony Kushner, tout compte fait, sur le bien-fondé de la refonte d’un classique de la comédie musicale intouchable. Peut-on se permettre de remodeler un classique, quel que soit le genre ? Cela dépend de qui.

Avec son West Side Story, Steven Spielberg réalise sans aucun doute un rêve qui le pousse inlassablement à le rendre sensuel, organique, animé d’une sorte de distanciation avec le réel, dynamitant du coup les rapports qui existent entre le mouvement, la parole et les gestes qui s’appliquent. Tous ces ingrédients mise en ensemble, les situant au rang du mythe. Créer tout simplement.

 Et puis, comment éviter la symbiose Tony/Richard Beymer et Maria/Natalie Wood, chaleureuse, bien mise, surréelle et ne pas la comparer à celle de Tony/Ansel Elgort et Maria/Rachel Zegler, charnelle, pulpeuse, frôlant la transgression avec une aventureuse force de caractère.

 Et encore, on ne le cachera pas, le Bernardo campé par David Alvarez actuel, expose sa latinité à coups de paroles, d’actes et d’accent ; et le gréco-américain George Chakiris de l’original investi entièrement dans l’exercice chorégraphique avec une impénétrable fougue, mais avec un partage familial empreint de maturité.

 Parmi les Jets, le groupe des Blancs, Anybodys, Susan Oakes dans le Robert Wise une garçonne dont on n’ose pas prononcer la vraie épithète ; dans le Spielberg, Iris Menas, acteur trans qui assume totalement son statut. Pour les deux, Anybodys (en français, n’importe qui), un prénom au mode pluriel, passe-partout, qui défie les époques, les modes et les genres. Intrépide, courageux.

 Avec son West Side Story, Steven Spielberg réalise sans aucun doute un rêve qui le pousse inlassablement à le rendre sensuel, organique, animé d’une sorte de distanciation avec le réel, dynamitant du coup les rapports qui existent entre le mouvement, la parole et les gestes qui s’appliquent. Tous ces ingrédients mise en ensemble, les situant au rang du mythe. Créer tout simplement.

 Les chansons, immortelles, faut-il vraiment les rappeler ? Reste à savoir quel sera, à travers le monde, le verdict critique et public de cette nouvelle et ambitieuse variation.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation

Steven Spielberg

Scénario
Tony Kushner

D’après la comédie musicale
éponyme d’Arthur Laurents

Direction photo
Janusz Kaminski

Montage
Sarah Broslar

Michael Kahn

Musique
Leonard Bernstein

Steven Spielberg, portant casquette.
Un moment pendant le tournage.

Genre(s)
Drame musical

Origine(s)
États-Unis

Année : 2020 – Durée : 2 h 37 min

Langue(s)
V.o. : anglais, espagnol; Version française

[ Chansons sous-titrées en français ]
West Side Story

Dist. [ Contact ] @
20th Century Studios

Classement
Visa GÉNÉRAL

[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

Diffusion @
Cineplex
[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

1 742 743 744 745 746 959