Première vague

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 14 mai 2021

SUCCINCTEMENT
Mars 2020, Montréal. Les gens ne savent pas ce qui les attend lorsque le premier confinement leur tombe dessus. Ils devront improviser leur nouveau quotidien.

CRITIQUE.

texte
Luc Chaput

★★★

Prendre acte sur le vif par la fiction

La pandémie qui sévit encore de manière plus ou moins forte sur notre terre a déjà suscité des bons documentaires dont certains vus aux festivals de Nyon ou Hot Docs que ce soit Molecole (Molecules) de l’Italien Andrea Segre, Wuhan Wuhan du cinéaste canadien Yung Chang et le moyen métrage Time to Pause dans lequel le photographe britannique  Alistair Morrison décide de rencontrer sur Internet 1000 personnes dont des travailleurs de la santé de première ligne et échange avec eux avant qu’ils prennent une pause et se fassent prendre en photo.

Le collectif montréalais Kino depuis 1999 a amené la création de nombreux courts métrages avec les moyens du bord et suscité ainsi de nombreuses vocations et carrières dans les divers domaines des médias et ce partout dans le monde. Sa structure simple et participative a facilité la mise en marche de ce long métrage dans lequel quatre histoires scénarisées et mises en scène par autant de cinéastes se déroulent pendant les cent jours de la première vague de 2020 dans la métropole.

L’utilisation de nombreux et beaux plans aériens pris par des drones rappelle ces plans de multiples villes vidées de leurs citoyens par ces confinements et inscrit donc cette chronique dans un répertoire plus large sur cette difficile année 2020.

Comme dans l’inégal Montréal Dead End pondu par 18 réalisateurs et présenté à Fantasia en 2018, la diversité des quartiers et de la population montréalaise est reconnue et mise de l’avant. Toutefois, les personnes âgées de plus de 50 ans sont ici peu présentes dans les histoires. Les conditions spéciales de tournage exigées par la Santé publique ne semblent pas avoir trop créé d’écueils aux diverses interactions entre les personnages. L’idée de rythmer les différents épisodes par des extraits des conférences de presse du premier ministre Legault et du docteur Arruda donne des balises aux changement de tons qui surgissent au fil des joies et des désillusions des individus confinés, astreints au télétravail et ballottés par les changements dans leurs vies amoureuses.

L’interprétation est inégale comme il arrive souvent dans cette collection de courts tissés sur un même canevas. L’utilisation de nombreux et beaux plans aériens pris par des drones rappelle ces plans de multiples villes vidées de leurs citoyens par ces confinements et inscrit donc cette chronique dans un répertoire plus large sur cette difficile année 2020.

Des individus ballottés par les changements dans leurs vies amoureuses.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Max Dufaud, Kevin T. Landry
Rémi Fréchette, Reda Lahmouid

Scénario
Max Dufaud, Kevin T. Landry
Rémi Fréchette, Reda Lahmouid
[ d’après une idée de Jarrett Mann ]

Photo
Vincent Allard

Julien David
Soufiane Najah

Montage
Max Dufaud, Rémi Fréchette

Michel Giroux, Alexandra Oakley
Milène Ortenberg

Musique
Pierre Desmarais

Max Dufaud

Rémi Fréchette

Genre(s)
Drame social

Origine(s)
Canada

Année : 2021 – Durée : 1 h 14 min

Langue(s)
V.o. : français

Première vague

Dist. [ Contact ] @
Kino-Films

Kevin T. Landry

Reda Lahmouid

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cinéma Beaubien

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.  
½ [ Entre-deux-cotes ]

Profile

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 14 mai 2021

SUCCINCTEMENT
En 2014, une journaliste pigiste d’origine britannique est chargée d’infiltrer un groupe terroriste de la mouvance djihadiste qui recrute de jeunes Américaines ou Européennes sur les réseaux sociaux.

CRITIQUE.

texte
Élie Castiel

★★★

Russe d’origine kazakhe, Timour Bekmambetov semble fasciné par la façon de faire des cinéastes américains. On n’a qu’à suivre sa filmographie. Dans le cas de Profile, dont les images principales sont des captations d’écran d’ordinateur entre la journaliste en question et le djihadiste, apparemment amoureux d’elle.

Si le film se base sur le livre-enquête d’Anna Érelle publié par Laffont, en 2015, il n’en demeure pas moins que la mise en scène procède selon une logique implacable.

Ingérences

virtuelles

Comment maintenir le suspense tout le long alors que le cadre ne montre que la relation virtuelle par voie Skype, entre la fausse convertie et le djihadiste. Les réseaux sociaux ou la fatalité des rapports de force.

Au cours de cette relation, à la puissance accélérée, apparente une histoire d’amour s’établit entre les deux protagonistes. Qui dit vrai ? Qui ment ? Toujours est-il que Bekmambetov montre les liens entre la fascination de l’autre, même à travers le prisme d’un ordinateur de bureau, le pouvoir des mots et plus que tout, les gestes faciaux dont se nourrissent les principaux intéressés. Un véritable jeu du chat et de la souris, un engrenage percutant aux conséquences dramatiques. Une duperie qui soumet l’un des deux dans les arcanes de la soumission, la vie et la mort.

D’où le jeu prenant de l’Irlandaise Valene Kane, jonglant avec le professionnalisme qu’elle accorde à son travail et la possible capitulation face aux règles de la séduction. Sur ce point, Shazad Latif compose un personnage séduisant hallucinant.

Un véritable jeu du chat et de la souris par voie Skype.

Car c’est aussi de cela que parle le film de Bekmambetov, suivant une impulsion entre la manipulation et le désir de l’instant. Il y a là un dispositif narratif intelligent, un arsenal de mise en scène épatant qui parle d’un sujet grave, du moins si on a suivi de près la politique de Daech en 2014.

C’est sans doute le film le plus réussi d’un cinéaste grand public qui semblait ne jurer que par les principes hollywoodiens. Non seulement film-enquête, mais portrait d’une réalité conduite dans une sphère virtuelle qui ne peut garantir sa sécurité.

Entre les apparences et la vérité, un jeu cruel altérant l’essence même de notre être. On sort de la projection abattu et dans le même temps, lucide.

Lieu de tous les possibles, de tous les dangers, de toutes les envisageables déviations. Également arme terroriste, militaire, servant à recruter des fidèles, notamment de l’Occident. Des jeunes femmes dans ce cas-ci qui ont perdu confiance en un avenir de plus en plus incertain.

Les conversations entre les deux principaux protagonistes révèlent ces éléments du discours bekmambetovien, illustrant pour ainsi dire un certain état du monde. Un monde cruel, sans concessions, ingérable, où toute morale humaniste est expédiée au nom d’un idéal.

Et lorsque l’argumentaire se base uniquement sur des références propres à la religion, le constat est d’autant plus pernicieux qu’il représente un danger sans précédent pour l’Humanité. Entre les apparences et la vérité, un manège cruel altérant l’essence même de notre être. On sort de la projection abattu et dans le même temps, lucide.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Timour Bekmambekov

Scénario
Brittany Poulton
Olga Kharina
Timour Bekmambetov
[ d’après le livre de Anna Érelle
Dans la peau d’une djihadiste :
Enquête au cœur des filières
de recrutement de l’État islamique
]

Photo
Andreas Charalambous

Montage
Andrey Shu

Musique
Andy Ross

Timour Bekmambetov

Genre(s)
Suspense

Origine(s)
États-Unis / Grande-Bretagne
Chypre / Russie

Année : 2018 – Durée 1 h 45 min

Langue(s)
V.o. : anglais, arabe / s.-t.a.

Profile

Dist. [ Contact ] @
Universal Pictures Canada

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

En salle(s) @
Cineplex

Spiral: From the Book of Saw

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 14 mai 2021

SUCCINCTEMENT
Le lieutenant Ezekiel Banks, dit « Zeke », et son nouveau partenaire enquêtent sur une série de meurtres macabres qui sévissent dans la ville.

CRITIQUE.

texte
Élie Castiel

★★★

On lui doit les épisodes II, III et IV de Saw, le film à grand succès public, mais mitigé parmi les critiques. Habitué aux productions à sensations fortes, agrémentées d’hémoglobine et d’un graphisme opulent, Darren Lynn Bousman signe cette fois-ci un polar entre la vieille recette d’il y a quasi une quinzaine d’années et le policier conventionnel.

La mise en scène, certes honorable, parvient à saisir le caractère hybride de l’entreprise. Si les enjeux sont prévisibles, il faut souligner la qualité de la photo, signée Jordan Oram (plusieurs courts), aguichante, observatrice des personnages et des lieux, notamment les intérieurs, donnant au suspense dont il est question une impulsion d’autant plus suggestive qu’elle suscite non seulement notre intérêt, mais nous conduit dans ce puzzle comme des témoins oculaires.

La police métropolitaine (la ville n’est pas identifiée) est présentée comme un lieu fermé où sévit la corruption, l’essoufflement face à un travail mal compris et la prise en charge de certains de rendre justice sans morale, la gâchette facile, poussés par racisme ou simple envie, enfreignant ainsi les règles de la formation.

Et Jigsaw dans toute cela ? Seuls le fans de la série sauront établir les liens.

Une hybridité entre

              le polar et l’épouvante

Une fois dans un  rôle dramatique, Chris Rock atteint des niveaux de compatibilité étonnants.

Qui est le coupable de tous ces crimes odieux, dont les principales victimes sont des policiers en service ? On ne révélera pas son identité, même si en observant de près, des indices nous laissent deviner de qui il s’agit. Dans le rôle d’Ezekiel, Chris Rock maintient son statut d’acteur comique, le temps qu’il faut. Une fois dans la peau d’un personnage dramatique, il atteint des niveaux de compatibilité étonnants.

Samuel L. Jackson possède assez de présence et de charisme pour accepter un petit rôle. Max Minghella, fils du regretté Anthony Minghella, compose un officier de police avec une bonhomie réservée qui se transforme en cours de route en quelque chose d’inattendu.

Et c’est dans le doute, l’incertain, à l’intérieur de ces zones grises se termine le film. Signe évident d’une suite ou peut-être que le cinéaste a voulu soulever subtilement les écarts de conduite récents de certains policiers dans quelques états américains. La proposition de Darren Lynn Bousman n’est pas très claire sur ce point.

Un petit détail que plusieurs prendront à la légère. Dans les autres provinces, le film est « interdit aux moins de 18 ans ». Au Québec, les examinateurs semblent être beaucoup plus laxistes. C’est toujours le cas.

Et Jigsaw dans toute cela ? Seuls le fans de la série sauront établir les liens.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Darren Lynn Bousman

Scénario
Josh Stolberg,
Pete Goldfinger

Photo
Jordan Oram

Montage
Dev Singh

Musique
Charlie Clouser

Darren Lynn Bousman

Genre(s)
Suspense policier

Origine(s)
États-Unis

Année : 2020 – Durée : 1 h 33 min

Langue(s)
V.o. : anglais

Spiral: From the Book of Saw

Dist. [ Contact ] @
Métropole Films

Classement
Interdit aux moins de 16 ans
[ Violence / Horreur ]

En salle(s) @
Cineplex

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

1 821 822 823 824 825 959