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L’incroyable femme des neiges

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 1er mai 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une quarantenaire fait le point avant la prochaine étape.

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

 

De la polarité

★★★

Une femme et ses deux frères décident de prendre le téléphérique de la station de sports d’hiver pour se rendre à une cabane isolée.

Coline est une exploratrice revenue à la maison de ses parents faire le point après quelques déboires. Son séjour est un mélange de bons moments et d’épisodes plus risqués  tels la présentation de plus en plus étrange qu’elle donne à des écoliers dans un établissement du lieu. Le scénario du cinéaste, aidé de l’auteur Mathieu Robin, prend plaisir à désarçonner les attentes du spectateur dans cette comédie dramatique.

Les interactions avec les autres villageois sont dans plusieurs gammes. La randonnée vers le refuge familial, préparée par des souvenirs illustrés par des films de famille, contient un épisode dans lequel Philippe Katerine, en Basile, se donne à cœur joie dans l’expression de sentiments dans une situation dangereuse rendue plus efficace par l’emploi d’effets spéciaux visuels.

Une entente cordiale avant le voyage vers un horizon mythique.

La cinématographie de Pierre-Hubert Martin rend plus chauds les verts et les bruns de ce Jura montagneux avant de magnifier les blancs des vallées et les couleurs diverses des villages groenlandais. Une astuce scénaristique, annoncée dans la première séquence du film, ramène la protagoniste dans cette communauté dans laquelle elle se sent bien et dont elle a fait siens les codes.

Une citation d’un western du Nouvel Hollywood permet d’entamer le dernier droit de ce long métrage dans lequel une individu retrouve sa boussole intérieure.

L’interprétation de Blanche Gardin gagne en légèreté en accord avec les interprètes locaux dont certains ont déjà été employés précédemment par le réalisateur. Un épisode rend hommage également à une scène funéraire d’un film danois célèbre mais traitée ici dans un mode plus ludique. Une citation d’un western du Nouvel Hollywood permet d’entamer le dernier droit de ce long métrage dans lequel une individu retrouve sa boussole intérieure.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Sébastien Betbeder

Scénario : Sébastien Betbeder, avec la collaboration de Mathieu Robin. Image : Pierre-Hubert Martin. Montage : Julie Lena. Musique : Ensemble 0 (Joël Mérah, Sylvain Chauveau, Stéphane Garin).

Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
France
Année : 2025 – Durée : 1 h 41 min
Langue(s)
V.o. : français, groenlandais; s.-t.f.
L’incroyable femme des neiges

Sébastien Bedtbeder

Dist.
FunFilm Distribution
Contact/Prod.
[ Be For Films ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Mon fils ne revint que sept jours

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 1er mai 2026

 

RÉSUMÉ SUCCINCT
Mathieu retourne à ses origines.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★ ½

 

Dans une forêt du Québec, une femme, à l’intérieur de sa demeure, aperçoit quelqu’un devant la porte extérieure munie d’une moustiquaire.

 

Coureur des bois 

 

Suzanne est chercheuse et vit dans cette partie de la Mauricie et récolte des champignons de tous types qu’elle répertorie et photographie avec un gros appareil approprié. Mathieu lui a envoyé depuis plusieurs années des lettres manuscrites, fruits de ses errances parmi les monts et vaux d’Amérique du Nord. Sa mère suit sur une très grande carte géographique ce périple sans but. La mise en scène du cinéaste décrit cette forêt qui est le lieu de travail de cette mycologue.

De nombreuses contre-plongées en diagonales avec ces objets vivants à l’avant-plan documentent cette quête quasi quotidienne. L’enfant prodigue demande à sa mère de l’amener à la tourbière. La cinématographie de Olivier Laberge en 4:3 détaille de grandes variétés de plantes rouges, vertes ou brunes dont une mouche se débattant dans la corolle d’une fleur rouge. Le thème de la relation symbiotique entre l’humain et la nature du roman éponyme de David Clerson est ainsi pris à bras-le-corps par le cinéaste.

Entre la terre et l’humain, l’engagement des origines.

Un effet de montage d’Alexis Viau relie un étang vu en plongé avec Suzanne dormant dans son lit. La relation familiale évolue au cours de ses pérégrinations agrémentées de cris de batraciens et autres animaux dans une bande sonore enveloppante.

Francis La Haye habite, de tout son corps perclus, cette variation plus désespérée d’Yves Boisvert, le protagoniste d’À tous ceux qui ne me lisent pas. Marie-France Marcotte trouve là un grand rôle de premier plan à sa mesure, investie qu’elle est dans ce personnage d’une femme, veuve et mère qui a dans sa passion scientifique un moyen de touiller encore mieux cette nature qui l’enserre et la nourrit. Yan Giroux méritait assurément sa mention spéciale au dernier FNC pour cette œuvre qui constitue une autre étape dans son sillon.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Yan Giroux

Scénario : Yan Giroux, d’après le roman de David Clerson, My Son Came Back to Disappear. Image : Olivier Laberge. Montage : Alexis Viaux. Musique : Marc Antoine Barbier.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2025 – Durée : 1 h 20 min
Langue(s)
V.o. : français
Mon fils ne revint que sept jours

Yan Giroux

Dist.
Les Films du 3 mars
Contact/Prod.
[ Van Beuren Studios ]

Diffusion

Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cinémathèque québécoise

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Pérou 1982

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 1er mai 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Tato, un garçon de 12 ans, est contraint à l’exil avec sa famille, fuyant des menaces dans un village andin.

 

Le FILM 
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★★ ½

Un film surprenant, une œuvre essentielle, morale, d’une éthique exemplaire, interventionniste sur le plan politique, autant de signes d’une cinématographie latino-américaine qui n’a pas perdu sa perception des images en mouvement.

Ces images surprenantes qui réfléchissent, qui ne constituent pas des exemples superficiels qui n’ont rien à dire, de celles qui enrichissent notre pensée sur un monde en désarroi.

 

AU-DELÀ

DES ANDES

 

Ces portraits qui partagent nos sentiments finissent par nous faire prendre conscience de la réalité, de faire face aux politiques actuelles du monde, non pas avec distance, mais soulevant notre passion afin de questionner constamment notre présent.

Plus que tout, s’inspirant, en tout conscience ou par défi à certaines œuvres de noms illustres que représentent Jorge Sajines, Glauber Rocha, Nelson Pereira dos Santos, ou encore Fernando Solanas ou Tomás Guetiérrez Alea, le canado-péruvien établi au Québec Garcia JC (a.k.a. Juan Carlos Garcia) signe, après un sujet court, Azar (Exiliados, 2020) qui parle également de ces expatriés forcés par les circonstances, ces bannis de certains pays où règne la violence, autant de critères qui lui ont sans doute donné l’idée de Pérou 1982, également enrichi de la situation actuelle des migrants, notamment en provenance de l’Amérique latine.

Une sérénité provisoire.

Si Pérou 1982 demeure actuel et surprenant, c’est sûrement grâce à son concept de durée, intelligemment réfléchi ; toutes les images sont essentielles dans le film, ce qui n’empêche aucunement le réalisateur de parfaire ces gros plans de visages comme des portraits saisissants qui enrichissent le film, comme si coup, le spectateur devait participer automatiquement à ce chemin de croix entre un pays et l’autre, ces terres montagneuses tourmentées et inhospitalières qui traduisent le passage périlleux d’un pays à l’autre.

[ … ] pour nous, spectateurs, cette envie de renouer avec un genre de cinéma responsable, solidaire, conscient des agitations sociales et politiques, d’un cinéma que les réalisateurs ci-haut mentionnés ont établi les bases, les fondations, de telles façons qu’il demeure à jamais dans notre âme et conscience.

Et à travers un histoire réelle, ou qui le paraît un tant soit à travers le peu de dialogue, les visages totalement épris d’une caméra aussi militante qu’observatrice, ce support technique est atteint d’une obsession maladive pour capter les moindres gestes, le balbutiement de l’eau, le bruit du vent, d’une nature nue comme au premier jour ; c’est ce que l’on retient de ce film brillant, l’une des plus belles surprises de l’année, et nous ne sommes qu’au quatrième mois du calendrier.

Filmer à hauteur d’enfant, selon la perspective du gamin Tato, 12 ans, qui verra so monde basculer après l’arrestation injuste de son père, qui devra fuir, en compagnie de l’enfant. Un jeune qui apprend, en raison des circonstances, à devenir « homme » avant l’âge.

Et pour nous, spectateurs, cette envie de renouer avec un genre de cinéma responsable, solidaire, conscient des agitations sociales et politiques, d’un cinéma que les réalisateurs ci-haut mentionnés ont établi les bases, les fondations, de telles façons qu’il demeure à jamais dans notre âme et conscience.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Garcia JC
(Juan Carlos Garcia)

Scénario : Garcia JC. Image: Marco Auroco. Montage : Zachary Ayotte. Musique : Gabriel Dufour Laperrière.

Genre(s)
Drame|Origine(s)
Canada / Pérou
Année : 2025 – Durée : 1 h 24 min
Langue(s)
V.o. : espagnol, quechua; s.-t.f.
1982

Garcia JC

Dist.
K-Films Amérique
Contact/Prod.
[ Ginger & Fed ]

Diffusion

Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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