Parachute libre
@ TRV
CRITIQUE
[ Scène ]
Élie Castiel
Deux femmes en or
★★★ ½

Crédit : Martin Girard
(Shoot Studio)
Fin de saison au Rideau Vert, et dans le même temps la dernière dans la programmation orchestrée par Denise Filiatrault. Une pièce de l’Américain David Lindsay-Abaire, dans sa langue originale, Ripcord, que l’indispensable Maryse Warda adapte pour la version québécoise.
Justement, deux femmes en or, comme notre titre l’indique, toutes deux poussées par un profond désir de jouer, revendiquant pour ainsi dire que l’âge, surtout dans le cas des comédiennes – les hommes, eux, sont plus chanceux – demeurent toujours beaucoup moins aptes à trouver des rôles à la mesure de leur talent. Une situation que Mme Filiatrault répare, ne serait-ce que le temps que dure pièce, espérant répandre la bonne nouvelle.
Muriel Dutil et Pierrette Robitaille s’emparent de la scène comme si elles la possédaient depuis toujours, convaincues du bien-fondé de leur présence.
Deux femmes au tempérament opposés et qui, à travers le temps, traversent des jours remplis de surprises, de malentendus, de fausses promesses, de mensonges et d’autres incidents de parcours, et nous front découvrir ces comportements humains que nous connaissons tous, mais faisons semblant d’ignorer.

Et si on voulait vraiment se parler ?
Crédit : Danny Taillon
Sans compter sur les comédiens de soutien, dont la présence du jeune Ismaïl Zourhlal, Québécois d’origine marocaine, dans un sens, un des personnages principaux dans ce récit à la fois triste et amusant. Vraiment chanceux, le jeune Zourhlal, arrivé au Québec à une époque où l’inclusion devient de plus en plus évidente et devient un des facteurs clés dans le casting des films et des spectacles sur scène, même si on observe que ça dépend aussi de leurs origines. Pour la petite histoire : le signataire du présent texte, voulant intégrer l’École nationale de théâtre il y a longtemps, n’a pas été retenu, à une époque où le « pure laine » signifiait quelque chose de bien précis. Bizarrement, c’est dans la scène du Rideau Vert que j’avais auditionné. Donc, comme plusieurs critiques de théâtre, j’ai remplacé la scène par l’écriture. Fin de citation, mais il m’a paru essentiel de le dire, ne serait-ce qu’une seule fois.
La misanthropie d’Alice (exceptionnelle Pierre Robitaille) se heurte à la bienséance de Marilyn (espiègle et rassurante Muriel Dutil), positive face à toutes les situations et à tous. Des incidents entre les deux, des courbatures d’esprit, des petites vengeances aussi personnelles qu’accidentelles. Et l’infirmer Samir, jouant l’innocent et qui prouvera que lui aussi participe à ce jeu de pirouettes parfois non contrôlées.

Une tentative de rapprochement.
Crédit : Danny Taillon
Un décor simple où tout se passe pour le meilleur et pour le pire. C’est dans le récit de l’auteur, mais il nous a semblé que l’épisode de « parachutes » avait des allures clownesques et interprété de façon non convaincante. Légère intervention de notre part, car Parachute libre, qui justement représente cette scène, demeure quand même un moment sincère de théâtre, la fin d’une carrière au théâtre de Mme Fialiatrault, une façon comme une autre de prouver que sa profession d’artiste de la scène (et du cinéma) valait la peine d’être vécue.
En somme, les deux femmes en or dont il est question, ne sont que les représentantes riches en valeurs humaines, éprises de la vie malgré leurs petits ou grands tourments dû à leur âge. Et nous font réaliser qu’en Occident, les personnages âgées terminent leur voyage en foyer où dans la solitude la plus insupportable.
En somme, les deux femmes en or dont il est question, ne sont que les représentantes riches en valeurs humaines, éprises de la vie malgré leurs petits ou grands tourments dû à leur âge. Et nous font réaliser qu’en Occident, les personnages âgées terminent leur voyage en foyer où dans la solitude la plus insupportable.
Contrairement à des cultures, encore existantes où la vieillesse est synonyme de respect et lorsqu’arrive la fin de vie, c’est dans l’entourage familiale que se passe ce dernier voyage vers l’inconnu.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Texte
David Lindsay-Abaire
Adaptation québécoise
Maryse Warda
D’après Ripcord, de Lindsay-Abaire
Mise en scène
Martin Faucher
Assistance à la Mise en scène
Pascale d’Haese
Interprètes
Muriel Dutil, Pierrette Robitaille
Ismaïl Zourhlal, Geneviève Alarie
Mathieu Gosselin, Éric Robidoux
Décors
Jonas Veroff Bouchard
Costumes
Linda Brunelle
Éclairages
Étienne Boucher
Musique
Navet Confit
Diffusion & Billets
TRV
Durée
2 h 15 min
(Incluant entracte)
Jusqu’au 13 juin 2026
