A V I S Seuls sont retenus les films projetés En salle tous les jours de la semaine, au minimum une fois par jour. Les critiques des films visionnés en Projection de presse ou En ligne paraissent, au plus tard, au cours du jour de sortie. Celles pour ceux non-visionnés avant le jour de sortie sont publiées au fur et à mesure que les films sont vus. Certains films pourraient sortir, plus tard, au cours de la semaine. Certaines bandes-annonces de films étrangers ne sont pas sous-titrées.
S O M M A I R E Semaine 39 [ Cliquez sur chaque titre pour accéder à la fiche détaillée ]
P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 24 septembre 2021
SUCCINCTEMENT. La lettre thérapeutique d’un adolescent solitaire qu’il s’écrit à lui-même aboutit dans les mains d’un étudiant qui doit gérer ses propres angoisses et incertitudes.
CRITIQUE.
★★
texte Élie Castiel
À travers le miroir sans tain
Étrange. Il m’a semblé que les chansons entamées par les intervenants étaient des variations de la même – Juliane Moore, Amy Adams, notamment. Comme si la référence à la comédie musicale de Broadway, un franc succès, n’affichait qu’une chanson fétiche.
Mais plus que tout, Dear Evan Hansen, titre on ne peut plus convenu, faisant référence à l’objet en papier, celui par qui le scandale arrive – pose sérieusement le problème de la transposition à l’écran d’oeuvres théâtrales. Comment arriver à reconstruire un univers bien ancré dans un espace limité et inerte dans un autre aux milles possibilités?Suite
P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 24 septembre 2021
SUCCINCTEMENT. Enquête sur les nombreux cas de prêtres catholiques pédophiles au Nouveau-Brunswick.
CRITIQUE
★★★½
texte Luc Chaput
L’horreur dévoilée
Un soir, en Acadie, un groupe de citoyens dont des pompiers décide de débaptiser le nom de l’aréna de la localité et d’enlever ainsi le nom d’un curé célèbre maintenant accusé de pédophilie. C’est par cette séquence d’archives vidéo que débute ce documentaire prenant de Renée Blanchar.
La réalisatrice néo-brunswickoise s’implique directement dans son documentaire, étant la narratrice et l’intervieweuse. Elle rassemble dans certaines circonstances des témoins ou protagonistes de ces affaires qui ont perduré pendant longtemps dans le chuchotement, le déni, la honte et le silence. Remontant le fil de l’histoire, Blanchar établit avec discernement des liens entre des affaires à première vue éloignées. Comme dans le gagnant de l’Oscar du meilleur film Spotlightde Tom McCarthy, elle démontre que les évêchés ont déplacé des prêtres de paroisses pour réduire les effets des scandales potentiels.
De dos, comme pour oublier le déni, la honte et le silence.
Le montage d’Elric Robichon construit une gradation dans l’horreur, décrivant les occasions, les pratiques et les effets sur les victimes et leurs familles. Les témoignages du couple Lowell et Doria Mallais, de Kenneth Goguen, de Victor Cormier et de sœur Nualla Kenny ressortent ainsi du lot et complètent la charge émotive de ces révélations successives.
Le rapport à la foi et à l’Église catholique en tant qu’institution est également l’objet de questionnements pour cette cinéaste, auteure de Raoul Léger, la vérité morceléesur la mort d’un missionnaire laïque acadien au Guatemala et du moyen métrage Vocation ménagère dont elle découvre que l’un des religieux est maintenant impliqué directement dans ce scandale. La suite judiciaire permet à la réalisatrice de critiquer implicitement les différences de traitement entre sa province et d’autres entités canadiennes. Auscultation précise de cette Affaire qui perdura en catimini pendant plus de trois décennies, ce long métrage mérite tous les prix qu’il a déjà pu remporter au Québec et ailleurs.
Le rapport à la foi et à l’Église catholique en tant qu’institution est également l’objet de questionnements pour cette cinéaste, auteure de Raoul Léger, la vérité morcelée sur la mort d’un missionnaire laïque acadien au Guatemala et du moyen métrage Vocation ménagère dont elle découvre que l’un des religieux est maintenant impliqué directement dans ce scandale.