Stop! That! Train!

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 12 juin 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Tess et DeeDee, deux hôtesses de train échangent leurs services à bord du Stank Rail contre les paillettes du Glamazonian Express. Lorsqu’une catastrophique menace de faire dérailler le train à grande vitesse et de le précipiter sur Los Angeles, le duo en classe économique prend une décision quelque peu loufoque.

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★

Sashay away

Douce folie de la part d’Adam Shankman (Hairspray, 2007), voulant que le phénomène du Drag, si décrié par une certaine droite qui croit aux valeurs d’un autre temps, gagne finalement ses lettres de noblesse.
Je suis absolument certain que le RuPaul Drag Race sur Crave est suivi par de nombreux hétéros, mais ne l’avouerons jamais, notamment en ce qui concerne les Hommes, une bonne partie, ces derniers temps, confus en ce qui leur arrive avec tous ces changements.

Ce qui est certain, c’est que cet attachant Stop! That! Train! N’est pas simplement un hommage à la télésérie qui dure depuis des années – oui, oui, on verra les célèbres Jujubee, Ginger Minj, Symone, Latrice Royale et Ginger Minj, toutes resplendissantes dans des rôles étincelants, mais également, de la part de Shankman, un profond amour des images en mouvement et notamment du cinéma de genre, une catégorie devenue de plus en plus populaire. On n’a qu’à consulter les primeurs hebdomadaires dans nos cinémas depuis janvier.

Au Bureau ovale, imiter la superficialité de la vraie
politique, mais au moins avec des pointes d’humour.

Dans cette comédie qui rappelle celles de Mel Brooks, on ne sait plus qui est drag et qui est femme. Les hommes, eux, y compris les deux conducteurs qui donnent l’impression de piloter un avion, sont montrés sous un angle où la complexité de leur sexe est constamment remise en question (arrangé avec le gars des vues, c’est évident).

La séquence finale de cette comédie LGBTQ+ déjantée, rocambolesque, queer, et d’un camp redoutable, laisse entendre sournoisement son aspect volontairement bordélique.

Trêve de plaisanterie, plus féminine que plusieurs femmes, la RuPaul tient le rôle de la nul autre que Présidente des États-Unis. Provocation à l’égard d’un certain Trump ? Peut-être ! Mais au-delà de ce caprice adorable, un jeu sur les arcades du pouvoir, ces cachoteries, ses ententes, ses trahisons. Et que cette nouvelle présidente semble changer pour quelque chose de plus humaniste.

La séquence finale de cette comédie LGBTQ+ déjantée, rocambolesque, queer, et d’un camp redoutable, laisse entendre sournoisement son aspect volontairement bordélique.

Le mois de juin, celui de la Fierté, correspond à ce genre de film. Soyez au rendez-vous.

NB : Dans la populaire télésérie, le Sahay Away signifie que la concurrente a perdu et qu’elle doit se retirer.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Adam Shankman

Scénario : Christina Friel, Connor Wright. Direction photo : Luka Bazeli. Montage : Joshua Kirchner. Musique : Jacques Brautbar.

Genre(s)
Comédie satirique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 30 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Arrêtez ! Ce ! Train !

Adam Shankman

Dist.
Métropole Films
Contact/Prod.
[ Mongrel Media ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Furious

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 12 juin 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié est Navin, un journaliste tenace dont la femme a mystérieusement disparu.

ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier

★★★★ ½

 

À une époque où le cinéma d’action semble condamné à recycler jusqu’à l’épuisement les codes instaurés par la franchise John Wick, voir débarquer un film comme The Furious procure un plaisir presque oublié. Celui de découvrir une œuvre qui ne cherche pas à suivre la tendance, mais à repousser les limites du genre. Sous la direction du légendaire chorégraphe et réalisateur Kenji Tanigaki (Shinobi), cette déferlante de coups, de projections et de prouesses physiques s’impose sans difficulté parmi les meilleurs films d’arts martiaux des dernières années.

 

La fureur

retrouvée 

 

Soyons francs, personne ne se présente devant The Furious pour assister à une dissertation philosophique sur la condition humaine. L’intrigue sert essentiellement de prétexte à une succession d’affrontements, mais quel prétexte ! Là où tant de productions contemporaines utilisent le montage frénétique pour masquer les limites ou le manque de souplesse de leurs interprètes, Tanigaki fait exactement l’inverse. Il expose ses combattants, leur laisse l’espace nécessaire pour s’exprimer et filme leurs mouvements avec une clarté admirable. Chaque coup porte, chaque esquive raconte quelque chose, chaque échange devient une forme de narration en soi.

L’un des grands artisans de cette réussite est évidemment Kensuke Sonomura (Bad City), dont le travail remarquable en tant que chorégraphe des dernières années laissait déjà présager de grandes choses. Ici, il atteint un niveau de maîtrise qui force l’admiration. Les combats possèdent une fluidité et une créativité rarement observées dans le cinéma d’action contemporain. On sent l’influence du cinéma hongkongais classique, l’efficacité du cinéma d’action indonésien moderne et une volonté constante d’innover. Plus d’une fois, le spectateur se surprend à voir surgir des enchaînements ou des configurations de combat qu’il n’avait tout simplement jamais vus auparavant.

Une motivation constamment perceptible.

Le film bénéficie également d’un duo de protagonistes particulièrement attachant. Le Chinois Miao Xie confirme qu’il est devenu l’un des artistes martiaux les plus fascinants de sa génération. Ceux qui se souviennent du jeune garçon qu’il incarnait aux côtés de Jet Li dans My Father Is a Hero et The New Legend of Shaolin mesureront le chemin parcouru. Sa gestuelle est d’une élégance stupéfiante. Son corps semble parfois défier les lois de la gravité, tant ses mouvements paraissent naturels et fluides.

Son acolyte, l’Indonésien Joe Taslim apporte toute sa présence physique et son charisme. Révélé internationalement grâce à The Raid puis à l’excellent The Night Comes for Us, Taslim demeure une véritable force de la nature à l’écran. Sa simple présence suffit à faire monter la tension d’un cran.

On en ressort essoufflé, euphorique et avec une seule envie : revoir immédiatement certains combats pour comprendre comment une telle virtuosité est encore possible aujourd’hui. Un véritable tour de force. Une claque. Et sans doute l’un des sommets récents du cinéma d’arts martiaux.

Mais ce qui élève véritablement The Furious au-dessus de la mêlée, c’est sa capacité à constamment augmenter les enjeux tout en renouvelant son vocabulaire visuel. Chaque séquence semble vouloir surpasser la précédente. Puis arrive ce fameux affrontement final impliquant cinq combattants, une pièce d’anthologie qui mérite déjà sa place parmi les grandes scènes de combat du cinéma moderne. La précision des mouvements, la gestion de l’espace, le rythme, la grâce et la brutalité qui cohabitent dans un équilibre presque parfait : tout y est. C’est un moment de pure euphorie cinématographique qui laisse le spectateur bouche bée.

Au final, The Furious est du bonbon pour amateurs de cinéma d’action : un spectacle ultra frénétique, viscéral, généreux et follement jouissif qui rappelle pourquoi nous sommes tombés amoureux de ce genre en premier lieu. Dans un paysage saturé d’imitations plus ou moins inspirées, Kenji Tanigaki livre un film qui possède sa propre identité et qui regarde droit dans les yeux les grandes références du cinéma de baston mondial.

On en ressort essoufflé, euphorique et avec une seule envie : revoir immédiatement certains combats pour comprendre comment une telle virtuosité est encore possible aujourd’hui. Un véritable tour de force. Une claque. Et sans doute l’un des sommets récents du cinéma d’arts martiaux.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Kenji Tanigaki

Scénario : Mak Tin Shu, Lei Zhilong, Shum Kwan-sin, Frank Hui. Direction photo : Meteo Cheung. Montage : Chris Tonick. Musique : Olivia Xiaoling.

Genre(s)
Action
Origine(s)
Chine / Hong Kong
Année : 2025 – Durée : 1 h 53 min
Langue(s)
V.o. : mixte; s.-t.a.
Huo Zhe Yan

Kenji Tanigaki

Dist.
Cineplex Pictures
Contact/Prod.
[ Lionsgate ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Primeurs | 23 |
du Ven 05 au Jeu 11 juin 2026

AVIS
Les textes sont mis en ligne le vendredi, avant midi Si possible, le jeudi.
Certaines bandes-annonces de films étrangers ne sont pas sous-titrées.
DES FILMS PEUVENT ÊTRE AJOUTÉS, RETIRÉS OU REPORTÉS.
LES AJOUTS DE DERNIÈRE MINUTE NE SONT PAS TRAITÉS.
À notre discrétion, des films pourraient changer de catégorie.

 

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