RÉSUMÉ SUCCINCT
Ohm Bauman, un romancier, se retire dans une auberge en Irlande pour disperser les cendres de ses parents. Mais les récits du personnel au sujet d’une sorcière ancestrale hantant la suite nuptiale s’emparent peu à peu de son esprit.
RÉSUMÉ SUCCINCT Une quarantenaire fait le point avant la prochaine étape.
ANGLE | CRITIQUE | Luc Chaput
De la polarité
★★★
Une femme et ses deux frères décident de prendre le téléphérique de la station de sports d’hiver pour se rendre à une cabane isolée.
Coline est une exploratrice revenue à la maison de ses parents faire le point après quelques déboires. Son séjour est un mélange de bons moments et d’épisodes plus risqués tels la présentation de plus en plus étrange qu’elle donne à des écoliers dans un établissement du lieu. Le scénario du cinéaste, aidé de l’auteur Mathieu Robin, prend plaisir à désarçonner les attentes du spectateur dans cette comédie dramatique.
Les interactions avec les autres villageois sont dans plusieurs gammes. La randonnée vers le refuge familial, préparée par des souvenirs illustrés par des films de famille, contient un épisode dans lequel Philippe Katerine, en Basile, se donne à cœur joie dans l’expression de sentiments dans une situation dangereuse rendue plus efficace par l’emploi d’effets spéciaux visuels.
Une entente cordiale avant le voyage vers un horizon mythique.
La cinématographie de Pierre-Hubert Martin rend plus chauds les verts et les bruns de ce Jura montagneux avant de magnifier les blancs des vallées et les couleurs diverses des villages groenlandais. Une astuce scénaristique, annoncée dans la première séquence du film, ramène la protagoniste dans cette communauté dans laquelle elle se sent bien et dont elle a fait siens les codes.
Une citation d’un western du Nouvel Hollywood permet d’entamer le dernier droit de ce long métrage dans lequel une individu retrouve sa boussole intérieure.
L’interprétation de Blanche Gardin gagne en légèreté en accord avec les interprètes locaux dont certains ont déjà été employés précédemment par le réalisateur. Un épisode rend hommage également à une scène funéraire d’un film danois célèbre mais traitée ici dans un mode plus ludique. Une citation d’un western du Nouvel Hollywood permet d’entamer le dernier droit de ce long métrage dans lequel une individu retrouve sa boussole intérieure.
Dans une forêt du Québec, une femme, à l’intérieur de sa demeure, aperçoit quelqu’un devant la porte extérieure munie d’une moustiquaire.
Coureur des bois
Suzanne est chercheuse et vit dans cette partie de la Mauricie et récolte des champignons de tous types qu’elle répertorie et photographie avec un gros appareil approprié. Mathieu lui a envoyé depuis plusieurs années des lettres manuscrites, fruits de ses errances parmi les monts et vaux d’Amérique du Nord. Sa mère suit sur une très grande carte géographique ce périple sans but. La mise en scène du cinéaste décrit cette forêt qui est le lieu de travail de cette mycologue.
De nombreuses contre-plongées en diagonales avec ces objets vivants à l’avant-plan documentent cette quête quasi quotidienne. L’enfant prodigue demande à sa mère de l’amener à la tourbière. La cinématographie de Olivier Laberge en 4:3 détaille de grandes variétés de plantes rouges, vertes ou brunes dont une mouche se débattant dans la corolle d’une fleur rouge. Le thème de la relation symbiotique entre l’humain et la nature du roman éponyme de David Clerson est ainsi pris à bras-le-corps par le cinéaste.
Entre la terre et l’humain, l’engagement des origines.
Un effet de montage d’Alexis Viau relie un étang vu en plongé avec Suzanne dormant dans son lit. La relation familiale évolue au cours de ses pérégrinations agrémentées de cris de batraciens et autres animaux dans une bande sonore enveloppante.
Francis La Haye habite, de tout son corps perclus, cette variation plus désespérée d’Yves Boisvert, le protagoniste d’À tous ceux qui ne me lisent pas. Marie-France Marcotte trouve là un grand rôle de premier plan à sa mesure, investie qu’elle est dans ce personnage d’une femme, veuve et mère qui a dans sa passion scientifique un moyen de touiller encore mieux cette nature qui l’enserre et la nourrit. Yan Giroux méritait assurément sa mention spéciale au dernier FNC pour cette œuvre qui constitue une autre étape dans son sillon.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Yan Giroux
Scénario : Yan Giroux, d’après le roman de David Clerson, My Son Came Back to Disappear. Image : Olivier Laberge. Montage : Alexis Viaux. Musique : Marc Antoine Barbier.
Genre(s) Drame Origine(s) Canada [Québec] Année : 2025 – Durée : 1 h 20 min Langue(s) V.o. : français Mon fils ne revint que sept jours
Yan Giroux
Dist. Les Films du 3 mars Contact/Prod. [ Van Beuren Studios ]