Pérou 1982
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 1er mai 2026
Tato, un garçon de 12 ans, est contraint à l’exil avec sa famille, fuyant des menaces dans un village andin.
Le FILM
| de la semaine |
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★★ ½

Un film surprenant, une œuvre essentielle, morale, d’une éthique exemplaire, interventionniste sur le plan politique, autant de signes d’une cinématographie latino-américaine qui n’a pas perdu sa perception des images en mouvement.
Ces images surprenantes qui réfléchissent, qui ne constituent pas des exemples superficiels qui n’ont rien à dire, de celles qui enrichissent notre pensée sur un monde en désarroi.
AU-DELÀ
DES ANDES
Ces portraits qui partagent nos sentiments finissent par nous faire prendre conscience de la réalité, de faire face aux politiques actuelles du monde, non pas avec distance, mais soulevant notre passion afin de questionner constamment notre présent.
Plus que tout, s’inspirant, en tout conscience ou par défi à certaines œuvres de noms illustres que représentent Jorge Sajines, Glauber Rocha, Nelson Pereira dos Santos, ou encore Fernando Solanas ou Tomás Guetiérrez Alea, le canado-péruvien établi au Québec Garcia JC (a.k.a. Juan Carlos Garcia) signe, après un sujet court, Azar (Exiliados, 2020) qui parle également de ces expatriés forcés par les circonstances, ces bannis de certains pays où règne la violence, autant de critères qui lui ont sans doute donné l’idée de Pérou 1982, également enrichi de la situation actuelle des migrants, notamment en provenance de l’Amérique latine.

Une sérénité provisoire.
Si Pérou 1982 demeure actuel et surprenant, c’est sûrement grâce à son concept de durée, intelligemment réfléchi ; toutes les images sont essentielles dans le film, ce qui n’empêche aucunement le réalisateur de parfaire ces gros plans de visages comme des portraits saisissants qui enrichissent le film, comme si coup, le spectateur devait participer automatiquement à ce chemin de croix entre un pays et l’autre, ces terres montagneuses tourmentées et inhospitalières qui traduisent le passage périlleux d’un pays à l’autre.
[ … ] pour nous, spectateurs, cette envie de renouer avec un genre de cinéma responsable, solidaire, conscient des agitations sociales et politiques, d’un cinéma que les réalisateurs ci-haut mentionnés ont établi les bases, les fondations, de telles façons qu’il demeure à jamais dans notre âme et conscience.
Et à travers un histoire réelle, ou qui le paraît un tant soit à travers le peu de dialogue, les visages totalement épris d’une caméra aussi militante qu’observatrice, ce support technique est atteint d’une obsession maladive pour capter les moindres gestes, le balbutiement de l’eau, le bruit du vent, d’une nature nue comme au premier jour ; c’est ce que l’on retient de ce film brillant, l’une des plus belles surprises de l’année, et nous ne sommes qu’au quatrième mois du calendrier.
Filmer à hauteur d’enfant, selon la perspective du gamin Tato, 12 ans, qui verra so monde basculer après l’arrestation injuste de son père, qui devra fuir, en compagnie de l’enfant. Un jeune qui apprend, en raison des circonstances, à devenir « homme » avant l’âge.
Et pour nous, spectateurs, cette envie de renouer avec un genre de cinéma responsable, solidaire, conscient des agitations sociales et politiques, d’un cinéma que les réalisateurs ci-haut mentionnés ont établi les bases, les fondations, de telles façons qu’il demeure à jamais dans notre âme et conscience.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Garcia JC
(Juan Carlos Garcia)
Scénario : Garcia JC. Image: Marco Auroco. Montage : Zachary Ayotte. Musique : Gabriel Dufour Laperrière.
Genre(s)
Drame|Origine(s)
Canada / Pérou
Année : 2025 – Durée : 1 h 24 min
Langue(s)
V.o. : espagnol, quechua; s.-t.f.
1982

Garcia JC
Dist.
K-Films Amérique
Contact/Prod.
[ Ginger & Fed ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex
Classement
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]




