RÉSUMÉ SUCCINCT Un professionnel du milieu artistique doit se rendre en Bulgarie.
Le FILM | de la semaine |
ANGLE | CRITIQUE | Luc Chaput
★★★ ½
Partir, revenir
Arrivé dans un village agricole, un visiteur se fait chambrer par des gens attablés à la terrasse d’un estaminet.
Mihail est un commissaire d’exposition montréalais venu dans cette région de la Bulgarie pour jauger la valeur intrinsèque des œuvres de Nina, qu’une vidéo a rendu célèbre. Le scénario de Geneviève Dulude-De Celles inscrit ce travail personnel dans un retour incertain au pays natal de cet homme qui a atteint au Canada un statut professionnel reconnu.
La cinématographie d’Alexandra Nour Desjardins est plus factuelle dans les intérieurs que ce soit au Québec ou à Sofia. Elle embrasse par des panoramiques les champs, les montagnes de cette contrée slave de l’Est de l’Europe. Deux séquences se répondent, une initiale en plein jour où une jeune femme est isolée dans une fête d’un groupe par des effets caméra et l’autre dans laquelle Mihail se retrouve à prendre part de plus en plus à une soirée arrosée près d’un feu de camp dans ce village qui l’a accueilli. De cette manière, Roza, sa fille et le père au loin sont réunis.
Après Une colonie, la cinéaste confirme son talent pour tisser une trame complexe sur les relations interpersonnelles dans ce film sur la nécessité de l’accompagnement soutenu dans le domaine culturel.
Les rencontres avec Nina, interprétée avec aplomb par les jumelles Ekaterina et Sofia Stanina, détaillent l’approche entre les deux puis le parcours plein d’embûches de cet enfant si son talent est reconnu. Le montage de Damien Keyeux parsème avec doigté les scènes de rêves ou de souvenirs mus entre autres par l’emploi judicieux de musiques populaires du lieu.
Le regard détourné vers un ailleurs recomposé.
L’acteur et metteur en scène bulgare vivant en France, Galin Stoev rend sensible, par son utilisation quelquefois incertaine de sa langue maternelle et par sa dégaine qui se modifie selon les événements, la tension interne qui l’habite dans ce voyage toujours repoussé dans ce pays. Il y a connu des joies et des peines actualisées par une rencontre dans un logement de Sofia.
Après Une colonie, la cinéaste confirme son talent pour tisser une trame complexe sur les relations interpersonnelles dans ce film sur la nécessité de l’accompagnement soutenu dans le domaine culturel.
Genre(s) Animation Origine(s) Australie / États-Unis Année : 2025 – Durée : 1 h 32 min Langue(s) V.o. : anglais / En version française The Pout-Pout Fish
Ricard Cussó
Dist. Niagara Films Contact/Prod. [ Comic Dino Studio ]