« Je vais te raconter une histoire : La mienne. » Crédit : Yves Renaud
Pour le dramaturge prolifique d’une certaine mouvance sociale québécoise, la vernaculaire, celle des classes sociales non perverties aux faux comportements externes de la bourgeoisie d’ici qui, dans le privé des chaumières, font éclater leurs origines dans la ferveur la plus décomplexée. Une nouvelle Hosanna, tant de fois vue et adulée dès ses créations, dans le temps du regretté André Brassard, même traduites dans la langue de Shakespeare.Suite
D’entrée de jeu, en guise de présentation, un solo masculin enivrant sur une musique aussi vibrante qui, tout en revendiquant sa supériorité dans le geste, assume son influence des Israéliens Ohad Naharin et Hofesh Shechter – Non, il ne faut surtout pas s’abstenir de cacher les origines des deux artistes cités. Ça serait faire plusieurs pas en arrière contre les boycotages entrepris par une partie non négligeable de l’Occident visant ces artistes, toutes disciplines confondues, presqu’en totalité de gauche dans ce coin du Proche-Orient. Fin de ma tirade, mais je tenais à le préciser.
Défier les lois de la gravité. Crédit : Jeanette Bak
Les diverses partitions musicales, alliant celles pratiquées dans la « danse de rue », le breakdance, les soirées rave, là où ‘Dead Combo, Yaron Engler, Irfan’ se côtoient, et Frédéric Chopin, sans oublier ses magnifiques sonorités andalouses qui rapprochent l’Orient de l’Occident, entrent soudain dans le décor pour réduire la tension. Des danseurs et des danseuses totalement issu(es) du geste instantanée, athlétique par moment, briguant leur nouvelle forme de chorégraphie aux yeux du monde, atteignant pour ainsi dire le commun des mortels. Ils procurent à l’assistance ce qu’il faut d’enthousiasme pour rendre l’expérience aussi énergisante qu’essentielle, notamment par les temps moroses que nous traversons en ce moment dans toutes les sphères de la vie.
Elle [Sofia Nappi] conserve le sceau, digne et intentionnellement égocentrique, ce qui, parfois, est une qualité, de sa pertinence dans le domaine. Une audace que nous découvrons avec un bonheur considérable, en raison aussi d’un travail de lumières d’Alessandro Caso qui, dans la totale obscurité du décor ambiant, illumine sensuellement les interprètes, leur donnant la faveur d’exister pour ce qu’ils ont à partager.
Pour Sofia Nappi, créatrice en chef de la compagnie Komoco, une question de faire danser tous ces récits nés de l’enfance – ici, le plaisir enfantin de voir des marionnettes bouger et surtout gesticuler avec authenticité, en forme humaine et faire ressortir le meilleur de soi en termes de mouvement.
Et soudain, comme par enchantement, les interprètes portent tous des masques, en quelque sorte, comme si les héros libertains du Don Giovanni de Mozart, se mêlaient de la partie. Là, la chorégraphe Nappi montre son entière originalité, sans vraiment d’influences. Elle conserve le sceau, digne et intentionnellement égocentrique (ce qui, parfois, est une qualité), de sa pertinence dans le domaine. Une audace que nous découvrons avec un bonheur considérable, en raison aussi d’un travail de lumières d’Alessandro Caso qui, dans la totale obscurité du décor ambiant, illumine sensuellement les interprètes, leur donnant la faveur d’exister pour ce qu’ils ont à partager.
Durée 1 h (sans entracte) Diffusion & Billets PdA [5e Salle] Jusqu’au 15 novembre 2025 20 h
ÉTOILES FILANTES ★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul. ½ [ Entre-deux-cotes ]
Un Shechter où règne sans arrêt, la force de l’impulsion, à l’état brut, sans restriction ; une déconstruction de l’art chorégraphique où tout devient possible, où le banal côtoie le pur, et le pur se complaît à déstabiliser le moment, quelque chose de subversif.
Et plus que cela, le néant devient mouvement dansé, ne serait-ce que pendant quelques secondes, comme le prouvent ces manipulation de rideaux de scènes multiples qui s’ouvrent et se ferment à différents niveaux et donnent à l’obscur une force particulière.Suite