Nederlands Dans Theater

CRITIQUE
danse

texte
Élie Castiel

★★★ ½

Crédit photo @ Rahi Rezvani

 

Un triptyque chorégraphique signé par quatre grands noms de la danse moderne. Crystal Pite, avec The Statement (19 minutes), ouvre grand les portes du théâtre, du mime post-moderne et de la chorégraphie, sans oublier la parole ou peut-être mieux dit sa « parodie » pour nous offrir des moments saccadés de pure magie. C’est le genre de spectacle sur scène qu’apprécie la majorité des spectateurs, sortant de l’ordinaire, offrant une nouvelle voie dramaturgique. La musique d’Owen Bolton, quasi muette, l’est au profit de la parole et du geste. Le corps des deux danseurs et des deux danseuses tournent autour d’une table rectangulaire qui offre son espace vierge à des entreprenants parlant d’un conflit quelque part dans le monde, mais qui nous échappe. Qu’importe, car The Statement est avant tout un morceau de bravoure théâtro-chorégraphique dont la binarité des disciplines artistiques abordées renvoient à un nouveau concept de l’art de la représentation, risquant le tout pour le tout au nom de la liberté de création. Belle proposition.Suite

The Times They Are A Changin’

CRITIQUE
scène

Élie Castiel

★★★ ½

Chanter pour changer un monde fracturé

Uniquement, deux personnages sur scène, une narratrice-chanteuse et son pendant masculin. Une bande de musiciens aussi enthousiastes que persévérants. Non pas une comédie musicale que ce The Times They Are a Changin’, mais un concert-hommage aux années 1960, particulièrement la fin de cette décennie particulière.

À travers le prisme et l’éthique de chansons engagées, aussi bien que chargées d’airs inoubliables, tout simplement. On évitera la liste d’épicerie, mais comment ne pas citer le Suzanne de notre Cohen national, The Sound of Silence de Paul Simon, Like a Rolling Stone de Boy Dylan, et le nostalgique Changes de Phil Ochs, qui émeut l’âme et ravive l’esprit, disparu trop tôt dans des circonstances tragiques (suicide par pendaison). Déjà, sa chanson There But for Fortune (également au programme) fait part d’un pessimisme pourtant annonciateur des temps qui vont suivre.

Voyage nostalgique, retour sur la mémoire, théâtre musical digne de son nom, The Times They Are A Changin’ illumine la grande scène du Segal, subtilement, sans trop de bruit, mais avec assez de prestance, d’élégance, de bon-goût et, plus que tout, d’un rapport au public des plus bienveillants.

Suite

Les 3 sœurs

CRITIQUE
scène

Élie Castiel

★★★★

Les saisons

de l’âme

Evelyne Brochu (Macha) & Éric Bruneau (Alexandre) > Crédit photo @ Yves Renaud

 

Théâtre de chambre (ou de jardin), de l’intime, de l’oisiveté d’une classe semi-bourgeoise privilégiée qui se permet une domestique, sorte de seconde mère, comme si elle faisait partie de la famille et lorsque les temps sont durs, elle doit partir.

Les femmes, notamment les trois sœurs dont il est question, regrettent ce départ. Les hommes de l’époque, c’est la virilité, la droiture, l’amour des femmes et de la patrie, de la Terre nourricière, conditions de l’Homme montrées selon le niveau de charges hormonales dans le corps de chacun d’eux.

Et un auteur intransigeant malgré l’amour qu’il porte à ses prochains, et surtout à ses prochaines. Effectivement, Les 3 sœurs respire la haine et l’amour, la beauté filiale et le besoin de la famille. On se dispute pour retrouver des moments plus tard plus sereins. Le dialogue entre René Richard Cyr et Anton Tchekhov est teinté d’ententes réciproques. Notre Québécois national est un monument car il fait partie de cette génération d’investi(es)-artistes dans tout ce qu’ils ou elles font. Pour elles, pour eux, il s’agit d’une seconde nature.Suite

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