La voix humaine. L’hiver attend beaucoup de moi.

CRITIQUE.
[ ART LYRIQUE ]

un texte de
Élie Castiel

★★★ ½

Désunion avec l’être aimé ou avec sa condition de femme. Deux contextes différents. Un élément du décor qui semble les relier, la voiture immuable d’une autre époque, celle de l’Art déco; mais aussi les pièces musicales, étrangement semblables. Quasi mêmes résonance, rythme, cadence, brèves secondes remplies de signification dramatique qui montrent l’amante dans le premier cas et les deux femmes dans le deuxième, les deux voix s’enchevêtrant l’une dans l’autre sans que ça paraisse. Deux œuvres de la modernité qui unissent leur destinée artistique et leur originalité.

Dans le cas de La voix humaine, la pièce de résistance, une proposition de Francis Poulenc créée en 1958, d’après monologue théâtral de Jean Cocteau, conçu en 1930. Presque trois décennies d’écart et qui, par magie, s’unissent par ce qu’on appelle simplement « mise en scène », les arts lyrique et dramatique ne formant qu’un.

Femmes au bord

de la crise de ruptureSuite

Paris au temps du postimpressionnisme : Signac et les indépendants

EXPOSITION
texte
Luc Chaput

Théo Van Rysselberghe (1862-1926), Paul Signac en yachtman, 1896, huile sur toile. Collection particulière

Un homme, portant casquette de marin est assis à la barre de son petit voilier. C’est Paul Signac, héros de cette très belle exposition du MBAM (Musée des Beaux-Arts de Montréal) et qui ouvre avec trois mois de retard en raison de la pandémie. Ce portrait de Signac en action est dans la première salle et est l’œuvre de son confrère et ami belge Théo Van Rysselberghe. Ces deux personnages sont des éléments majeurs de deux groupes d’artistes, la Société des artistes indépendants pour Paul et les Vingt ou XX pour Théo. Signac et ses collègues français ont mis sur pied ce Salon des Indépendants pour contrer le conservatisme ambiant et en ôtant les jurys et les prix de faciliter la diffusion d’une peinture différente, laissant le soin au public et aux critiques d’apprécier l’œuvre à sa juste valeur, bien entendu soumise à l’aune du temps. C’est ainsi que le critique Félix Fénéon donna écho aux manifestations de ce mouvement qu’il appela néo-impressionnisme en 1886. Il le fit dans des articles voisins d’autres où il faisait découvrir Verlaine ou Proust et pour ce travail d’exploration, il eut droit des portraits par plusieurs de ces peintres dont Signac et Félix Vallotton.

De l’individu et du groupeSuite

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