Nell Gwynn

CRITIQUE

SCÈNE

texte
Élie Castiel

★★★★

Entre la Scène et la cour du Roi

La mise en scène ludique, séduisante, de Krista Jackson, accompagnée des décors extravagants de Jawon Kang,  illumine la grande salle du Monument-National. Proposition intemporelle que cette Nell Gwynn, s’inscrivant dans l’air du temps, au moment où la mouvance artistique au féminin perce de plus en plus.  La plume de Jessica Swale évoque les grands écrits classiques où humour, drame, sentiments amoureux et demi-teintes s’expriment avec autant de légèreté que d’élégance; comme s’il s’agissait d’une petite révolution intérieure, la femme s’ouvre aux expériences que l’homme a toujours eues par défaut.

Le hasard veut que Nell devienne comédienne, provoquant chez un certain public une gêne d’abord, mais un nouveau monde auquel il faudra s’habituer, une approche près du réel – les comédiens jouant des rôles de femmes exprimaient des mouvement et des gestes exacerbés, affichant pour ainsi dire des airs de fausseté. Avec la femme, l’authenticité s’annonce et tout n’est que pour le mieux.

… ce qui est le plus touchant, c’est de constater que le spectateur est rivé à son siège, retenant son souffle devant la caresse des mots, les phrases brillantes, les double entendres, ou si vous préférez les doubles-sens, chers à la dramaturgie d’une certain époque.

Suite

Small Mouth Sounds

CRITIQUE

SCÈNE

texte Élie Castiel

★ ★ ★ ½

Personnages en quête d’hauteurs

L’espace public de la petite salle « Studio » du Centre Segal est divisé en trois, des spectateurs assis à droite et à gauche. La scène est au centre, régie par deux entrées des artistes. Le silence est presque d’or dans cette pièce à six personnages en retraite des bruits du quotidien – de la ville, du travail, de leur solitude, de leurs crises existentielles, de tout – problème contemporain où les nouvelles technologies nous broient, nous noient dans un océan d’images et de sons aussi concrets que virtuels et invitent à la solitude.

Et c’est ainsi que se présente cette pièce indie (indépendante) pour un public averti, c’est-à-dire celui qui désire voir quelque chose d’inattendu, de nouveau, d’innovateur (peut-être), mais surtout qui veut réfléchir sur le phénomène et trouver des pistes de solution, chose quasi impossible à faire par les temps qui courent.

Mais le théâtre et une certaine forme de cinéma servent à cela, quitte à ce que notre conscientisation prenne du temps à s’affirmer.Suite

Le théorème d’Euclide (une polémique)

CRITIQUE

SCÈNE

Élie Castiel

★ ★ ★ ★

Déjà, en entrant dans le Studio du Monument-National, le concept de la pièce dont il est question se précise. Deux angles de 90º : un premier pour les spectateurs, l’autre qui représente la scène. Tous les deux en étage. L’espace traditionnel dramaturgique est en bas, comme s’il se perdait dans la nuit des temps, espace public, où tout peut arriver, tout peut se faire, se détruire ou se reconstruire. Un espace neutre et malgré tous les dangers, démocratique. Et deux écrans vidéo où les lieux de la scène difficiles à voir sont filmés. Cinéma et théâtre deviennent ainsi les complices souhaités de la représentation.

Les parallèles
tracés de l’abstrait
Suite

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