Zoé

CRITIQUE

| SCÈNE |

Élie Castiel

★ ★ ★ ★

Pour mieux vivre, pour mieux penser, pour pouvoir construire et se construire sur des bases solides notre rapport au monde. Et du moins si on écoute attentivement le dialogue, d’abord de sourds, qui s’établit entre le professeur et son étudiante. Son prénom, Zoé, du grec ancien et aussi moderne signifiant « vie ». Quelques brefs monologues de l’une ou de l’autre établissent cette stratégie de mise en scène qui permet aux protagonistes, chacun son tour, de fuir l’espace dramaturgique pour en revenir plus animé.

La philosophie comme
un acte de résistance

La narration traditionnelle n’a pas ici droit de cité. C’est uniquement à un échange d’idées intellectuelles sur la condition humaine qui se transforme, surtout pour Zoé, selon le jour, en une ouverture sur la pensée multiple. Sur ce point, la mise en scène de Choinière nous paraît impeccablement minimaliste : quasi mêmes gestes, répétés, selon le jour, dans d’autres endroits de la scène – décor d’une salle de classe universitaire d’un XXIe siècle déjà amorcé depuis 20 ans. Les luminaires fluorescents au plafond sont comme si les Dieux (ou peut-être Philosophes) de l’Antiquité jetaient leur sort accusateur sur les bancs vides d’une classe assiégée par la grève des étudiants (épisode des casseroles). Sur ce point, la conception vidéo et le travail de son demeurent d’une écrasante efficacité.Suite

Le malade imaginaire

CRITIQUE

  < SCÈNE >  

Élie Castiel

★★★ ½

Dernière pièce de Molière, Le malade imaginaire conclut une vie d’écritures où par le rire, l’incontournable auteur continue d’illustrer la société de son temps, ses mœurs, ses comportements, ses veuleries. Dans ce plan final, Argan assis dans son fauteuil de « souffrant » au milieu de la scène, face aux spectateurs, n’est-il pas, après tout l’alter ego du créateur lui-même. D’une certaine façon, annonçant sa mort prochaine.

Crédit photo @ Jean-François Hamelin

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La maladie de la mort

CRITIQUE | SCÈNE

Élie Castiel

★★★★

Un texte abscons, impénétrable, bouleversant, sortant de l’ordinaire, férocement théâtral dans le sens le plus pur du terme. Des mots qui cadrent parfaitement bien la pensée intime, plus d’Elle que de Lui. Il la dévisage. Elle, parfois derrière Lui, tente souvent des rapprochements furtifs, hésités, stériles. Elle décrit les rapports des corps avec un naturel poétique teinté de paroles qui transcendent le plaisir instinctif. Il essaie de comprendre la situation et se perd dans des explications sans importance.

Elle va l’aider à établir une conversation sensée entre deux individus, quelle que soit leurs différences de genre. Il résiste à la prouesse émerveillée de se libérer. Elle est libre. Il est pris par des habitudes sociétales qui se perdent dans la nuit des temps. Le sexe, dans sa forme la plus naturelle, n’est plus possible. Il va se mettre en fuite. De qui? De quoi?Suite

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