La maladie de la mort

CRITIQUE | SCÈNE

Élie Castiel

★★★★

Un texte abscons, impénétrable, bouleversant, sortant de l’ordinaire, férocement théâtral dans le sens le plus pur du terme. Des mots qui cadrent parfaitement bien la pensée intime, plus d’Elle que de Lui. Il la dévisage. Elle, parfois derrière Lui, tente souvent des rapprochements furtifs, hésités, stériles. Elle décrit les rapports des corps avec un naturel poétique teinté de paroles qui transcendent le plaisir instinctif. Il essaie de comprendre la situation et se perd dans des explications sans importance.

Elle va l’aider à établir une conversation sensée entre deux individus, quelle que soit leurs différences de genre. Il résiste à la prouesse émerveillée de se libérer. Elle est libre. Il est pris par des habitudes sociétales qui se perdent dans la nuit des temps. Le sexe, dans sa forme la plus naturelle, n’est plus possible. Il va se mettre en fuite. De qui? De quoi?Suite

Halka

CRITIQUE

ART CIRCASSIEN

Élie Castiel

★★★★

Le pamphlet publicitaire nous montre un acrobate habillé d’une chemise et d’un pantalon blancs, une main sur le sol, le corps à l’envers, flottant dans les airs. Jeune, bien entendu, comme rêvant d’un espace neutre qui n’a rien à voir avec la réalité.

La douceur indulgente des
saltimbanques marocains

Et du coup, dès que le spectacle commence sur la grande scène accueillante de la Tohu, c’est la magie qui prend le relais – cette candeur innocente des visages de ces garçons et des deux filles qui performent avec sincérité, ardeur, ne s’inquiétant pas une seule seconde de faire des erreurs, des petits faux pas, sachant que les spectateurs seront toujours prêts à tout pardonner.Suite

Written on Skin

CRITIQUE

ART LYRIQUE
texte
Élie Castiel

★★★ ½

Un peu plus de 90 minutes pour couvrir un récit de vengeance passionnel qu’aurait fort apprécié tous les Dalí, Breton et autres Jean Genet de ce monde. C’est la première fois que j’ose dire qu’il s’agit d’un opéra de chambre moderne réellement « sexy » – même si ça se passe au moyen-âge au 12e siècle – Car Martin Crimp ne passe pas par quatre chemins pour exprimer les choses de l’amour, de la sexualité et du désir incarné. Son texte est en fait, en dépit de l’époque incarnée, intentionnellement anachronique, un puzzle, un jeu délicat qui peut se briser à tout moment, un véritable capharnaüm de mots qui se contredisent et entrent en conflit avec la continuité du récit, pourtant claire et limpide. Les époques se juxtaposent.

Un singulier
manifeste du surréalisme
Suite

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