Victor comme tout le monde
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 19 juin 2026
Habité par Victor Hugo, le comédien Robert Zucchini traîne une douce mélancolie lorsqu’il n’est pas sur scène. Chaque soir, il remplit les salles en transmettant son amour des mots. Jusqu’au jour où réapparaît sa fille, qu’il n’a pas vue grandir.
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★
En terrain connu
Un cadeau de la part de Pascal Bonitzer à Fabrice Luchini, lui donner la possibilité de s’illustrer dans ce qu’il admire le plus, sa disposition à parler des auteurs qui l’ont marqué, son amour pour la langue française, se faufiler dans un monde intérieur qui lui est propre, avouons-le aussi, insuffler au spectateur sa soif de comédien et plus que tout, confirmer une fois pour toutes sa grande originalité.
Cela m’a pris beaucoup de temps avant je m’adapte à son jeu, que j’ai toujours trouvé pédant, ampoulé, d’un autre siècle. Mais petit à petit, en y observant de près, avec le temps, je m’aperçois du bien-fondé de sa technique. Car tout bien considéré, il s’agit, dans son cas, ce qui lui donne toute son originalité, d’une méthode individuelle qu’il s’est construit, lui permettant de se démarquer des autres.
Ces présentations dans un théâtre qui affiche la plupart du temps ‘complet’ lui donne l’occasion de parler de Hugo, le grand Victor Hugo, auteur qu’il a toujours admiré et qui occupe une grande place dans sa vie, quitte à ne pas trop donner d’importance à sa famille et à sa fille, elle aussi dans le milieu du théâtre.

Une façon de se laisser bercer par des moments en dehors du travail.
Hugo, un auteur illustre qui, à l’instar de ses contemporains a connu plusieurs femmes, et selon les propos réfléchis de Robert Zucchini, le personnage dans le film, est obsédé par ces mots écrits sur une carte postale par le célèbre auteur « Deux devoirs : veiller et espérer ». Changera-t-il ne serait-ce qu’un seul mot de cette ancienne carte postale ?
À voir pour vous rendre compte que le divertissement peut se valoriser par des critères autres que celui de la facilité. Et tout compte fait, Luchini est entièrement dans son élément.
À notre avis, Victor comme tout le monde est justement ‘pas comme tout le monde’. Bonitzer le situe dans une extraordinaire mise en abyme qui le conduit dans l’univers du théâtre, le pur, le limpide, celui d’un temps révolu, en rivalité avec celui que s’inventent ces trois jeunes spectatrices venues voir la pièce et qui, dans leur salle de poche, propose leur propre version sur Victor Hugo, un regard critique sur cet auteur qui les conduit à traiter le sujet du point de vue des femmes dans la vie de Hugo. Mais au fait, le grand François Truffaut n’avait-il réalisé L’histoire d’Adèle H., avec une Isabelle Adjani inoubliable ?
Luchini, comme toujours, se donne entièrement à cet exercice de style qui lui va comme un gant. Face à lui, des noms comme Chiara Mastroinamnni viennent illustrer cette ode à la littérature et au poids des mots.
À voir pour vous rendre compte que le divertissement peut se valoriser par des critères autres que celui de la facilité. Et tout compte fait, Luchini est entièrement dans son élément.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Pascal Bonitzer
Scénario : Sophie Fillières. Direction photo : Yves Angelo. Montage : Monica Coleman. Musique : Alexei Aïgui.
Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
France
Année : 2026 – Durée : 1 h 29 min
Langue(s)
V.o. : français
Victor comme tout le monde

Pascal Bonitzer
Crédit : Wiktoria Bose
Dist.
A-Z Films
Contact/Prod.
[ Les Films du Losange ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex
Classement
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]


L
Mais avant tout, 