Poppy Field

P R I M E U R
[ Inédit ]

 SUCCINCTEMENT.
À Bucarest, de nos jours, Cristi doit composer avec son travail dans une gendarmerie et sa vie privée, marquée entre autres, par son orientation sexuelle.

CRITIQUE.
[ Sphère LGBT ]

★★★★

texte
Élie Castiel

   Un premier long métrage violemment puissant, d’une liberté de ton inaccoutumée, sensorielle, posant un regard sans concessions sur la réalité homophobe d’une Roumanie prisonnière de son conservatisme hérité des pays de l’Europe de l’Est et des Balkans. Un machisme patriarcal, mais en même temps totalement assimilé par les femmes, un comportement qu’elles défendent.

Comme l’illustre impétueusement ce long plan-séquence majestueux dans une salle de cinéma de la capitale où on tente de projeter un film à thématique LGBT. Un groupe de citoyens d’extrême droite arrête le début de la projection, brandissant des étendards patriotiques et des icônes religieuses, provoquant une certaine violence avec l’assistance. Craintifs, la plupart des spectateurs ont simplement quitté.

Cristi est parmi les forces de l’ordre. La caméra le capte avec une distanciation des plus discrètes, tout en se permettant un 360º subliminal qui se faufile à travers les rangées et se glisse sans qu’on se rende compte dans le hall d’entrée du cinéma ou les prises de bec ont lieu entre parties opposées et la gendarmerie. Le film est au service du plan-séquence, choix esthétique qui se plie amoureusement au récit, d’une simplicité sociale et politique époustouflante.  Le discours se juxtapose ainsi avec une précision bouleversante à la narration, ici, comme si la fiction se transformait en reportage documentaire. Jebeleanu, ouvertement gai, sait exactement ce qu’il veut montrer. Sa parole est d’une émotion palpable. Elle  ressemble à un cri que viennent accentuer les paroles incertaines de quelques spectateurs, surtout spectatrices, qui se trouvaient dans la salle et capté(es) par la caméra. Aucun champ/contrechamp, mais une chorégraphie plan-séquentielle qui doit sa maturité autant au cinéaste qu’au directeur photo.

Interdit ouvertement d’aimerSuite

On the Fringe of Wild

P R I M E U R
[ En ligne ]
Sortie
Mardi 12 octobre 2021

SUCCINCTEMENT.
Dans une petite ville de l’Ontario, malgré les obstacles, deux adolescents homosexuels attirés l’un vers l’autre luttent pour accepter leur différence.

CRITIQUE.
[ Sphère LGBT ]

★★★

texte
Élie Castiel

La rigide confusion

des sentiments

  Six courts sujets plus tard, dont Serenity (2013), Hatch (2016) et Kindling (2019), la Canadienne Emma Catalfamo signe un premier long métrage sur l’inévitable coming of age (cet âge de la vie où l’on commence à devenir adulte), mais avec ceci de particulier qu’il repose sur des personnages gais, peut-être pas tout à fait, justement parce qu’ils se cherchent, se trouvent, mais l’environnement (collègues, parents, société hors des centres urbains) ne leur permet pas de s’épanouir selon leur orientation.Suite

Je me souviens

Rita Lafontaine, le regard de la tendresse.

HOMMAGE.
[ Rita Lafontaine ]

texte
Élie Castiel

            Pourquoi un titre d’accueil aussi cousu de fil blanc? Aussi référentiel? Pour une simple raison : au Québec, parfois, pour ne pas dire souvent, le passé s’effrite, disparaît comme s’il n’avait jamais existé. Le présent s’impose, et c’est bien son droit, c’est dans l’ordre des choses. Mais à force d’oublier ceux et celles qui ont forgé une partie de la culture, c’est renoncer à l’Histoire, terme tabou, qui empêche le présent de vivre (est-ce vraiment le cas?), de se distinguer. Mais arrêtons de nous plaindre.Suite

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