Le dessinateur

RECENSION
[ Roman ]

un texte de
Élie Castiel

★★★★ ½

Un véritable coup-de-poing, un récit passionnant entre l’intime et le collectif, entre le désir de (sur)vivre et la réalisation d’une possible finitude prématurée. Le point central : un peintre dans la quarantaine accusé d’avoir trahi l’idéologie politique soviétique est emprisonné dans un camp sibérien au cours de l’ère stalinienne. Le récit a lieu un peu avant la mort du dictateur.

Signes particuliers

néant

Sergio Kokis Lévesque éditeur)

Quant à Sergio Kokis, il s’agit d’un incontestable maître-conteur, digne observateur de la nature humaine dans toutes ses manifestations, avec un sens aiguisé de l’Histoire, une écriture aussi amoureuse que diabolique, assassine, fidèle aussi au roman classique, celui d’un certain âge d’or. Hugo et ses récits épiques ne sont pas loin, mais sous la plume de l’auteur québécois d’origine brésilienne, une autre formule, plus que tout, cinématographique sur tous les plans. Jamais récit ne fut aussi adaptable à l’écran, le Grand et non le virtuel. C’est mon « premier » Sergio Kokis et je me sens coupable de ne pas avoir lu auparavant ses écrits précédents.Suite

Visconti : Le prince travesti

RECENSION
en rappel
[ Cinéma ]

★★★

un texte par
   Élie Castiel

Luchino Visconti, dans le cinéma transalpin, le Prince incontesté des réalisateurs, pour son raffinement, son élégance, sa sobriété et sa prise de conscience politique subtilement exprimée, en filigrane. De quel côté est-il ? Et aussi pour l’expression byzantine de son orientation sexuelle dont on parle si peu, comme s’il s’agissait d’une affreuse infirmité.

Dans les premières lignes, Dominique Delouche ne dit-il pas avec un vertigineux réconfort que son « profil s’éloignait trop de celui des poulains du signor conte pour que je sois éligible dans son phalanstère » (p. 9). Mais il ouvre l’ouvrage avec une citation de Louis II de Bavière : « Je veux demeurer une énigme pour les autres et aussi pour moi-même. » (p. 7)

Une énigme finement aristocratique Suite

Ce qu’il y a de terrible avec Ivan…

RECENSION
en rappel
[ Essai / Cinéma ]

★★★ ½

un texte par
   Élie Castiel

« Voir des films ne suffit pas… »

Une réflexion analytique, une conversation (presque de salon) entre un essayiste-réalisateur et le cinéma. Une discussion le plus souvent animée sur l’un des films les plus influents de Sergueï M. Eisenstein, Ivan le terrible, œuvre charnière du cinéaste controversé.

Le choix du film d’Eisenstein n’est pas fortuit, mais au contraire, un engagement intellectuel, une prise de position sur le cinéma et ses multiples fonctions. À travers le film d’un des géants du cinéma mondial, les plans, les cadrages, les transitions, les aspects narratifs, la grandeur des personnages, la majestuosité du spectacle : le tout converge vers une analyse du presque plan par plan. Sur ce point, Jean-Louis Leconte est exigeant.

Le dialogue, le vrai, est celui entre un auteur (Leconte) et son fils. Parler de la vie, parler du cinéma, situer le point de rencontre entre la fiction et la vie, entre l’art et le fait d’exister.

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