RÉSUMÉ SUCCINCT
Deux étrangers, un homme et une femme, déambulent dans Pékin au cours d’une seule nuit après une rencontre en ligne ratée, explorant leurs émotions, leurs hésitations et l’intimité.
SANS | COMMENTAIRES |
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Badou Zhao
Genre(s) Drame Origine(s) Chine Année : 2026 – Durée : 1 h 43 min Langue(s) V.o. : mandarin; s.-t.a. Jin wān zhēnghăo
Just Right Tonight
Badou Zhao
Dist. Enchanté Films Contact/Prod. [ China Lion Film Distribution ]
RÉSUMÉ SUCCINCT
Sara et Adam sont arrivés illégalement en Belgique avec leur petite fille de 2 ans, espérant rejoindre l’Angleterre. Entassés à l’arrière d’un véhicule, la peur semble prendre le pas sur l’espoir. Redouane est policier depuis 20 ans apparaît et…
Le Film [ de la semaine |
ANGLE | CRITIQUE | Élie Castiel
★★★ ½
La première image, filmée par une caméra indiscrète, on croirait presque avec la complicité inconsciente du couple formé de Sara et d’Adam, pas encore adultes, une petite, Klara, qu’on verra plus tard. Sara, plus entreprenante, et Adam, se laissant conduire, s’entrelacent, se séparent, pour se reprendre entre les bras, dans une chorégraphie improvisée, tenant du rituel, comme sont les gestes de l’amour, une sorte de ballet entre le charnel du moment et l’oisiveté que procure l’attente. On constatera à la fin de ce partage inusité qu’ils sont à l’intérieur d’une tente, et que d’autres abris de fortune font partie du décor.
Entre authenticité
et distanciation
Pourquoi une si longue description ? Car elle constitue la charpente même du film, une série d’intimités et d’abandons, selon ce qu’offre le quotidien. Un quotidien qui sera géré par Redouane (Salim Kechiouche, exceptionnel), policier zélé dont le travail consiste à arrêter les passeurs cachant les nouveaux migrants, bien entendu, illégaux.
Cette image sera reprise – vous verrez bien à quel moment – pour expliquer le nouveau film de la belgo-roumaine Marta Bergman, dont la carrière est parsemée de passages à la télé, le court et un premier long inédit, Seule dans mon mariage, qui parle aussi de l’immigration illégale.
Un romanesque au goût du jour, déconstruit et libéré de toutes contraintes.
Un sujet devenu, comme tant d’autres, classique, puisque ce phénomène social se joint à des enjeux politiques et ne cesse de défrayer la chronique un peu partout en Occident. Justement, si L’enfant bélier s’inspire d’un fait divers dont on a beaucoup parlé en Europe, en 2018, force est de souligner que Bergman, jeune soixantenaire, s’oppose farouchement à une description romanesque des faits, préférant, à partir du sujet, inventer son propre cinéma, s’aventurant dans des prises de vue où l’intimité du gros plan assume sa supériorité, où le cadre, paradoxalement, conserve son intégrité, même si le ratio 2 :39 :1 domine le film, où la caméra est le plus souvent fiévreuse, même dans les rares moments de silence.
Un contraste bien assumé, définissant ainsi les paradoxes du film, entre ce lieu où l’on voudrait être, libre, dans ce cas, loin de la Syrie où règne la violence, mais où les imprévus et dangers de l’étranger imposent ses règles, particulièrement lorsqu’on est entré de façon illégale.
Si L’enfant bélier s’inspire d’un fait divers dont on a beaucoup parlé en Europe, en 2018, force est de souligner que Bergman, jeune soixantenaire, s’oppose farouchement à une description romanesque des faits, préférant, à partir du sujet, inventer son propre cinéma, s’aventurant dans des prises de vue où l’intimité du gros plan assume sa supériorité, où le cadre, paradoxalement, conserve son intégrité, même si le ratio 2 :39 :1 domine le film, où la caméra est le plus souvent fiévreuse, même dans les rares moments de silence.
Et puis, une tragédie qu’on ne vous révélera pas, mais qui à l’intérieur d’un narratif déjà intentionnellement déconstruit, montre toute une gamme de mécanismes dont l’issue repose sur l’intelligence d’un scénario en béton, les coscénaristes en parfaite harmonie avec la proposition d’une réalisatrice qui a beaucoup à offrir.
On soulignera, avant d’oublier, que l’ensemble des interprètes, même dans les rôles secondaires, sont mis à contribution, grâce surtout à leur participation inconditionnelle, d’où ils s’en tirent admirablement bien.
Et lorsque la politique se mêle de la partie, l’affaire dont il est question dans ce film prend des proportions qui dépassent le drame humain, perforant le monde actuel, incapable à gérer et dont les sources profondes, si on y pense bien, ne sont issues que du capitalisme dont est atteint l’Occident.
À vous de tirer vos propres conclusions.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Marta Bergman
Scénario : Marta Bergman, Sacha Ferbus, Camille Mol, Ely Chevillot. Direction photo : Noé Bach. Montage : Frédéric Fichelet. Musique : Michel Corriveau.
Genre(s) Drame Origine(s) Canada / Belgique Année : 2024 – Durée : 1 h 35 min Langue(s) V.o. : français L’enfant bélier
Marta Bergman
Dist. Axia Films Contact/Prod. [ B-rated International ]