Les ponts de Prague

RECENSION.
[ Littérature ]

★★★★

texte
Élie Castiel

La première personne du singulier, un « je » assumé, identifie la narratrice de ces nouvelles éprises des pas supposément empruntés à Prague par l’incontournable Franz Kafka, auteur incontournable de la littérature mondiale et du drame existentiel.

  Ces chemins de traverse, parfois ensoleillés ou, selon le cas, mâtinés de tonalités moroses s’appuient principalement sur l’approche des corps, ou mieux dit, sur son absence, sa tentative de pouvoir y accéder, non seulement (ou peut-être pas!) de façon charnelle, mais encore plus, viscéralement, tête et âme, sans qu’on se rende compte. Par instinct naturel.

« Et moi, je traverse un pont… Encore. » (p. 133) L’auteure ne peut échapper à sa condition. Autre, femme avant tout, créatrice, amoureuse des mots.

  Il y a, dans Les ponts de Prague, titre hautement significatif, ces passages vers l’ailleurs, vers l’autre, vers soi-même, quelque chose d’élégiaque… « On entre dans cette librairie de Prague un peu comme en entre dans une église. On progresse à l’intérieur d’un souterrain rempli de livres qui sont laissés à l’abandon. » (p. 13) Double métaphore. D’une part, l’univers kafkaïen se dresse admirablement à travers ces contours sinueux et poussiéreux, propres à ses écrits; de l’autre, la narratrice (l’auteure?) assume sa condition de femme et surtout de créatrice littéraire, entourée d’idées, de réflexions, de possibilités de s’exprimer par l’écriture. Rien d’autre.Suite

The Smashing Pumpkins :
L’unité mise en pièces

POUR VOTRE AGRÉMENT

RECENSION.
[ Essai-Musique ]

★★★★

texte
Élie Castiel

Une obsession partagée, une histoire qu’il lui fallait raconter, un rapport à l’art musical populaire des années 90, celui du rock, du heavy metal et de toutes ces sonorités où on définit mal les paroles à moins d’y être accro, comme dans les airs d’opéra dont on saisit les mots à mesure qu’on s’y adapte. Le contraire de ces airs chantés par un Aznavour, Brassens, Brel, Gainsbourg ou autres chantres de la pop, eux (et elles aussi, Piaf, Dalida, Faithfull…) où le romantisme et le poétique s’assemblent au quotidien : amourettes, passions, ruptures, émerveillements…

   Un nom de groupe, les Smashing Pumpkins, un nom enfantin, comme des gamins ou jeunes adolescents qui décident d’écraser des citrouilles, comme ça, pour déconner, sans conséquences, conscients de leur acte. Mais pour Billy Corgan, tête pensante du groupe, un retour freudien à une enfance marquée où père et mère constituent des problèmes (obstacles?) qui situent le jeune William Patrick (son vrai prénom) dans une situation de totale remise en question. La musique, porte d’accès au nirvana, lieu où les contraintes de la vie sont relayées au rang des oubliettes.

Le chiffre « Un »

… du zéro à l’infiniSuite

L’eau chaude, l’eau frette

RECENSION.
[ Scénario ]

★★★

texte
Pierre Pageau

La littérature sur le cinéma au Québec ne nous a pas souvent donnés des scénarios.  On se souviendra que Pierre Perrault a produit les siens, en particulier pour sa trilogie de L’Isle-aux-Coudres; Denys Arcand a fait la même chose pour quelques-uns de ses films.

   Comme c’est le cas pour la plupart de ces publications, il s’agit ici de fac-similés du scénario original. L’ouvrage nous propose en effet la version originale, telle que conservée par la Cinémathèque québécoise; le texte intègre de légers ajustements survenus avec la version restaurée de 2020 par Éléphant. Et, pour notre plus grand bonheur, on a cru bon d’ajouter des illustrations d’Isabelle Guimond.

Au gré

des péripéties

Impossible cependant de ne pas ressentir un grand MANQUE à la lecture de ce livre : celui du film lui-même. Il compte a une telle fulgurance visuelle, poétique, que ce scénario ne peut que seulement suggérer. Il nous engage probablement à revoir le film.

Suite

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