The Matrix Resurrections

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Lundi 07 février 2022

SUCCINCTEMENT.
Le film nous replonge dans deux réalités parallèles – celle de notre quotidien et celle du monde qui s’y dissimule.

SANS
COMMENTAIRES.

POUR VOTRE INFORMATION
Pour des raisons que nous échappent, n’étant plus dans la liste

des médias accrédités de la Warner Bros. (bureau de Toronto),
nous ne couvrirons plus les films de cette maison de distribution.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation

Lana Wachowski

Genre(s)
Science-fiction

Origine(s)
États-Unis

Année : 2021 – Durée : 2 h 28 min

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française

La matrice : Résurrections

Dist. [ Contact ] @
Warner Bros. Canada

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

Diffusion @
Cineplex
[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

The Tragedy of Macbeth

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Lundi 07 février 2022

SUCCINCTEMENT.
Un seigneur écossais est convaincu par un trio de sorcières qu’il deviendra le prochain roi d’Écosse. Son ambitieuse épouse le soutient dans ses plans de prise du pouvoir.

CRITIQUE.

★★★★

texte
Élie Castiel

Il y a dans The Tragedy of Macbeth, une sorte de prédestinée annoncée par l’une ou peut-être les trois sorcières de l’écrit de Shakespeare. Comme si Joel Coen était tenu de signer l’adaptation cinématographique en solo. Comme un signe des Dieux.

   Il y a aussi dans The Tragedy of Macbeth, quelque chose qui évoque Orson Welles, sans doute Dreyer et pourquoi pas, sans regrets, Ingmar Bergman. Ce côté tragique empreint de la tragédie grecque antique et qui, mis en perspective, se transforme en art. Notamment lorsqu’il s’agit d’une relecture, d’une quasi-déconstruction du récit shakespearien où tout est permis, même le concept le plus élémentaire. Pour créer quelque chose de nouveau tout en maintenant un certain équilibre essentiel avec l’œuvre originale.

   Dès les premières images telles que véhiculées par Coen (encore une fois, seulement Joel), un rendez-vous avec la mise en scène théâtrale rendue cinématographique grâce aux exploits étourdissants du Français Bruno Delbonnel (entre plusieurs autres, Faust d’Alexandre Sokourov, en 2011) ; un dialogue effervescent avec les ombres et la lumière, avec ce clair-obscur où jaillissent les zones d’ombres, les contrastes avec celles claires qui, justement, font la tragédie.

La morale épurée du plan

Pour un symétrie irrévocable de la tragédie.

   La rédemption se trouve dans l’ultime geste que Coen présente à sa façon selon les codes du théâtre shakespearien. Le sang est présent, non pas suggéré comme dans la tradition grecque. Quelque chose qui a à voir avec les terres nordiques, comme l’Écosse médiévale dont il est question dans Macbeth.

   La transition entre les différents actes donne à cette proposition minimaliste un effet plutôt « miroir » qui opère magnifiquement bien, ne s’embarrassant guère de détails redondants ou très explicatifs. Joel Cohen a le sens inné de l’épuré, de l’ébauche accomplie où le sens demeure palpable malgré tout.

Et un plan final qui confirme que malgré sa théâtralité totalement assumée, le film de Joel Coen affirme également, impérieusement, sa plus fidèle allégeance cinématographique.

   Deux présences remarquables. Celle d’abord de Denzel Washington qui fait tous ses efforts pour rendre « son » Macbeth aussi puissant que crédible. Quelques trébuchements, certes, mais réussite en fin de parcours. Et celle par qui le scandale (plutôt le meurtre) arrive, Lady Macbeth, souverainement associée au corps d’une extraordinaire comédienne, Frances McDormand. Reine assoiffée de pouvoir, femme fatale, épouse amoureuse malgré tout. Et dans la peau de McDormand, une épiphanie tragique qui se concrétise dans la séquence magique de l’hypnose annonciatrice, une sorte de révélation.

   Et un plan final qui confirme que malgré sa théâtralité totalement assumée, le film de Joel Coen affirme également, impérieusement, sa plus fidèle allégeance cinématographique. Le plan n’est plus seulement une question de morale ; ici, il évite sournoisement les contours sinueux de l’ellipse. Visuellement impeccable.

 

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Joel Coen

Scénario
Joel Coen

D’après la pièce de Shakespeare

Direction photo
Bruno Delbonnel

Montage
Joel Coen

Lucian Johnston

Musique
Carter Burwell

Genre(s)
Drame

Origine(s)
États-Unis

Année : 2021 – Durée : 1 h 45 min

Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.

La tragédie de Macbeth

Dist. [ Contact ] @
Cineplex Pictures

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

En salle(s) @
Cinéma du Musée

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Laurent Cantet,
le sens du collectif

RECENSION.
[ Cinéma ]

★★★★

texte
Élie Castiel

Le discours

de « sa » méthode

Il n’appartient qu’à lui, c’est son propre procédé de travail. Laurant Cantet ou le cinéma des apparences et de tout ce que ces simulacres cachent comme accents de vérité. Comme le souligne intelligemment Marilou Duponchel dans son essai d’introduction à Laurent Cantet, le sens du collectif, « Dans Arthur Rambo, qui fait écho à l’affaire Mehdi Meklat, le jeune Karim D. … est à l’image d’une France qui se rêve en nation réconciliée, égalitaire, affectionnant les histoires d’ascension social, les itinéraires miraculeux de fils d’immigrés, banlieusards devenus fiertés de la nation, ou comme ici petit génie de la littérature. » (p. 13) Et pourtant, un portrait qui se brise en mille morceaux à la suite de messages sur Twitter qui puent la misogynie, l’antisémitisme et l’homophobie. Et, j’ajouterais, qu’actualité oblige (présidentielles en France), le discours ne demeure que plus fascinant.

   Belle leçon de réflexion qui pousse le spectateur le moindrement émotif à se questionner non seulement sur les libertés (extrêmes) acquises dans l’utilisation des réseaux sociaux, mais bien plus, à remettre en cause le politique et le social. L’essai de Duponchel magnifie avec brio l’ossature narrative complexe de Cantet.

Laurent Cantet valide un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. L’insigne « auteur » confirme toute son exubérante et complexe modernité.

Suite

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