The Song of Names

Période 50-51-52
Du Ven 13 déc
2019 au Jeu 2 jan 2020

EN QUELQUES MOTS
Accueilli par une famille anglaise en 1939, Dovidl Eli Rapoport, un jeune musicien prodige d’origine polonaise, se lie rapidement d’amitié avec Martin, qui a neuf ans comme lui. Alors que la guerre fait rage et que Londres est frappée par des attaques aériennes, il apprend que les siens ont été déportés au camp d’extermination de Treblinka. En 1951, après avoir fait faux bond à son public lors d’un concert à Londres, le célèbre violoniste est porté disparu.

Primeur
CRITIQUE

★★★  ½

Requiem pour une amitié perdue

Élie Castiel

François Girard serait-il en phase de devenir le Pierre Anctil du cinéma canado-québécois. Toujours est-il que l’âme juive, le parcours dramatique d’un peuple en constante errance (oui, Israël existe, mais semble coûter assez cher pour assurer sa présence – Mais bon, cela est une autre histoire et constitue un autre débat). Le roman de Norman Labrecht permet  donc à Girard de se pencher sur la judaïcité à travers le récit d’amitié et de complicité pas toujours partagée entre deux adolescents, l’un Anglais, on suppose protestant, l’autre Juif polonais, que son père sauve in extremis de la déportation, justement en demandant aux parents de l’autre jeune homme de l’héberger en Angleterre.

Comme c’était le cas dans Le violon rouge, on retrouve ici le même attrait de François Girard pour le violon, cet instrument, sans doute le plus élégant et classique au monde, objet inestimable qui peut parcourir le monde, devenant un personnage de fiction, ultimement lié à des personnages souvent ordinaires dans des situations extraordinaires.

De nombreux Juifs d’Europe ont valorisé cet instrument en jouant des airs troublants, dramatiques, transcendant le réel et donnant, selon le cas, au liturgique, son côté spirituel. Une façon comme une autre de correspondre avec Dieu. Analogie, dans The Song of Names, à la séquence la plus troublante du film. La récitation chanté de ces Noms. Vous en dire plus serait trop révéler.

Croyants ou athées, les spectateurs ne peuvent rester indifférents à ce film humaniste, sans doute d’une autre époque, mais entre les mains d’un cinéaste comme Girard, il se permet de résister au temps, de se glisser entre tous ces films actuels qui, dans certains cas, renouvellent le cinéma.

Filmer en format classique, et pourquoi pas? Si dans la première partie, le cinéaste tarde à donner au récit la sensibilité requise, la seconde, en revanche, atteint des moments majestueux, mais rendus subtiles grâce à la direction photo de David Franco et au choix chromatique qui impose sa texture comme pour entrer dans le conscient (et l’inconscient) des protagonistes

Un beau film, peut-être à moitié, mais qui réconcilie avec la vie et confirme encore une fois que malgré tous les discours et questions politiques de notre monde actuel, le peuple Juif demeure en constant exil, apatride.

Dovidl (excellent Clive Owen) se présente finalement dans la seconde partie, donnant droit à des retours en arrière aussi puissants que saisissants. On soulignera également l’apport considérable de Tim Roth (Martin, adulte), mûr, d’une sagesse inexplicable, cherchant à connaître le destin de son ami d’enfance, disparu sans laisser de traces.

Un beau film, peut-être à moitié, mais qui réconcilie avec la vie et confirme encore une fois que malgré tous les discours et questions politiques de notre monde actuel, le peuple Juif demeure en constant exil, apatride.

 FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Sortie

Mer 25 déc 2019

Réal.
François Girard

Genre(s)
Drame

Origine(s)
Canada
Hongrie

Année : 2019 – Durée : 1 h 54

Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f. & Version française
Le chant des noms

Dist. @
Entract Films

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cinéma Beaubien
Cineplex

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]